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TITRE:

STEREOPHRENICS (27 AVRIL 2026)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

METAL PROGRESSIF



A l'occasion de la sortie de leur premier album "Paracosm 2.0" nous rencontrons Stereophrenics. Changement de line up, signature chez un label, leur actualité est effervescente, le groupe nous raconte tout...
CÉLADRIS - 21.10.2026 -
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2026 marque les 10 ans de Stereophrenics. Pourquoi un tel délai de 5 ans entre chaque sortie ?

C’est une question légitime... Ddisons que nous n’avons jamais voulu précipiter les choses. Chaque intervalle correspond à une métamorphose interne : un départ, une arrivée, une réinvention. Sans oublier la période de Covid… Entre "Reverso" et l’album, il y a eu non seulement l’intégration d’Elisa, mais aussi une réécriture quasi complète de notre manière de penser la musique.


Ce délai s’explique-t-il principalement par des problématiques de line-up, malgré une formation « stabilisée » annoncé en 2022 ?

Oui et non. En 2022, nous pensions l’être… et la vie nous a donné tort (rires) ! Mais ce n’est pas que négatif : chaque changement a apporté une couche supplémentaire et a permis de se réinventer. Aujourd’hui nous avons compris que la stabilité n’est pas un état figé, mais une alchimie. Le vrai délai vient du temps qu’il a fallu pour que cette alchimie produise quelque chose d’authentique.


Avez-vous conscience qu’un tel délai a pu nuire à la percée du groupe ?

Absolument ! Nous ne sommes pas naïfs... Sur le plan « business », cinq ans entre deux sorties, c’est une éternité. Des groupes que nous croisions en 2022 sont aujourd’hui bien plus exposés. Mais nous avons fait le choix de la survie artistique plutôt que de la visibilité à court terme. Le risque existe, mais l’alternative aurait été de sortir un album qui ne nous ressemblait pas.


N’est-ce pas frustrant, surtout après les éloges de Jordan Rudess ?

Frustrant ? Un peu. Mais surtout intimidant et galvanisant.
L'anecdote : dans le cadre d’un projet où Jordan Rudess partageait ses retours sur les morceaux qu’il recevait d’artistes divers, il a découvert l’extrait de Spotlight que Nico lui a envoyé. Nous avons été très heureux du très bon accueil qu’il nous a donné et également des propositions d’améliorations.
Encore aujourd’hui, on mesure la chance. Le jour où il nous invitera en première partie de Dream Theater, on vous dira si la frustration disparaît (rire).


Comment s’est passée la transition avec Elisa, ce passage d’un chant rock à un timbre plus lyrique ?

Tout naturellement. C’est comme si elle avait toujours chanté avec nous. Ric avait une énergie frontale, directe. Elisa arrive avec une colonne vertébrale lyrique, presque classique. Les premières répétitions, on a tout repris à zéro. Un morceau comme 'Pace ad infinitum' sonnait étrangement, presque gothique.
Très vite, on a compris qu’il ne fallait pas « adapter » Elisa aux anciennes lignes de chant, mais reconstruire autour d’elle.


Avez-vous dû revoir votre façon de composer ? Elisa a-t-elle imposé son style ?

Ni l’un ni l’exact contraire : elle a révélé une part de nous qui dormait. Avant, on écrivait des parties de chant comme des instruments supplémentaires. Dorénavant, la voix est devenue partie intégrante des « mélodies ». Elle n’a rien imposé, elle s’est adaptée à notre manière de composer, et nous, nous nous sommes adaptés à elle et à son univers sombre (rires), mystérieux et lumineux.


Est-ce une recherche assumée du gothique/lyrique ou de la sérendipité ?

Les deux. La sérendipité a provoqué la rencontre. La recherche assumée est venue après. On n’a jamais voulu faire du gothique étiqueté. Mais quand Elisa a posé sa voix sur nos riffs progressifs, on a entendu cette couleur sombre et aérienne et on s’est tout simplement engouffrés dans la brèche.


Ne craignez-vous pas de décevoir les fans de la première heure ?

Honnêtement, c'est une réflexion qui ne s’est pas posée. Et l’on préfère perdre quelques auditeurs en chemin plutôt que de les garder en faisant du surplace. On considère ce premier album comme le vrai « chapitre un ». Avant, c’étaient des essais, des brouillons magnifiques mais tâtonnants. Les fans qui nous suivent depuis 2016 savent que notre ADN, c’est le mouvement.





Avec Thijs, le chant en canon sur 'State Of Paradox' fonctionne très bien. Envisagez-vous plus de partage de micro ?

Oui, et c’est déjà en route. Thijs apporte une rugosité masculine et une certaine fragilité dans son timbre de voix qui contrebalancent la clarté d’Elisa. Le résultat nous a clairement convaincus de poursuivre dans ce sens.


Vous chantez en français, anglais, italien. D’où vient cet attrait ?

De nos origines respectives, mais surtout du plaisir des textures. Aujourd’hui, l’anglais est définitivement devenu la langue de référence car il correspond le mieux à nos influences et à notre musique.
Le titre en italien ('Anima Lumina') a été écrit d’une manière totalement spontanée et il fait notamment référence à l'île-cimetière de San Michele, à Venise. Il apporte aussi un peu de couleur et de douceur à l’album.


On vous compare à Threshold ou Nightwish. Y a-t-il des références qui vous correspondent plus que d’autres ?

Nightwish pour l’ampleur symphonique, Threshold pour la rigueur progressive. Mais ce qui nous touche vraiment, c’est quand on nous rapproche de Van der Graaf Generator : cette tension dramatique, cette liberté presque cassée. "Paracosm 2.0" est plus proche de Hammill que de Tarja, finalement.


"Paracosm 2.0 " fait la part belle au mystique. Le mélange des genres vous est-il chevillé au corps ?

Complètement. Un morceau qui ne mélange pas les genres nous semble un vêtement trop propre. On aime les coutures apparentes, les ruptures, les ambiances qui se mélangent. Le mystique et la mythologie sont juste des prétextes pour créer un univers qui nous est propre. C’est aussi pour donner libre cours à notre imagination.
Ce n’est pas pour rien que tous les textes des chansons de l’album font référence au rêve, à l’imagination, à l’espoir et à la frontière entre un monde réel et un monde dystopique.


Certains titres sont sophistiqués, d’autres plus directs. Recherche intentionnelle ou spontanéité ?

Les deux. 'Paracosm' est peut-être le titre qui nous correspond le mieux par sa diversité. Il s’agit aussi de la première compo du projet. À noter que ce morceau a tout d’abord été écrit en français. 'Anima Lumina' est plus spontané, sans calcul.
La recherche, c’est notre nature ; la diversité, notre “benchmark”. Nous ne voulons pas être snobs, mais on ne veut pas non plus trahir notre amour du développement.


Avez-vous laissé des titres de côté ? Si oui, pourquoi ?

Deux ou trois titres, oui. Peut-être trop proches de ce qu’on avait déjà fait. On garde ça peut-être pour une réédition ou un EP.


Quelles sont vos attentes pour cet album ? Les projets ? La signature chez Greensunlight Production ?

L’attente, c’est de jouer sur scène ces morceaux devant du public, et avant tout, se faire plaisir.
Le projet : un album live pour les 10 ans du groupe d’ici fin 2026, et un deuxième album plus rapide (promis, pas dans cinq ans). Greensunlight est un jeune label qui nous apporte son expertise pour la distribution, la visibilité.


Plus d'informations sur https://gianico.wixsite.com/stereophrenics
 
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