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Gymnase du Port Marchand de Toulon, dimanche 27 octobre 1985, plus de quarante ans se sont écoulés mais je n’oublierai jamais ce concert en compagnie de mon frère et de notre père qui par notre passion pour le groupe tomba lui aussi tel Obélix dans la potion magique concoctée par Marillion et ce depuis la sortie du chef-d’œuvre "Script For A Jester's Tear". Ma mère n’était pas présente mais elle aussi avait succombé au sortilège musical de Marillion. Pour elle, sa première de Marillion en concert se déroula le vendredi 28 octobre 2022 dans la salle Le Summum à Grenoble. Autre concert chargé en émotions fortes pour la famille. Mais bon, je ne vais pas vous raconter ma vie, si vous êtes assis derrière votre écran en ce moment en train de lire cette chronique dont je tarde à vous livrer les secrets, c’est certainement pour les mêmes raisons que moi. En premier lieu, pendant votre adolescence acnéique, vous avez certainement succombé aux somptueux "Script For A Jester's Tear" et "Fugazi". En deuxième lieu, vous avez à coup sûr craqué en tenant dans vos mains cette superbe pochette vinyle à nouveau réalisée par le génial artiste Mark Wilkinson. Dans un troisième temps, vous avez déposé votre vinyle sur la platine ou inséré votre cassette audio dans son lecteur ou si vous étiez déjà au top de la technologie, vous avez placé votre compact disque dans votre hi-fi puis vous avez appuyé sur la touche "Play". Après, je ne sais pas ce qui s’est passé pour vous mais en ce qui me concerne, quarante-deux minutes plus tard, j’étais aux anges, abasourdi, complètement retourné, ému, bouleversé, scotché, sans dessus-dessous, sans voix, les yeux humides, transi de frissons avec une seule envie, revivre la même expérience. Et c’est ce que je fis sans plus tarder en passant des journées entières à m’imprégner de ce miracle musical nommé "Misplaced Childhood". De la mélancolique "Pseudo Silk Kimono" qui ouvre avec tact l’album en nous présentant la divine "Kayleigh" sur le chemin de la sublime "Lavender" avant de succomber à l’exemplaire réussite de la longue pièce progressive "Bitter Suite" pour enfin libérer avec fougue, passion et fierté notre "Heart Of Lothian" revigoré, cette première partie est d’anthologie. Tout comme l’est la seconde, magistralement lancée par l’énergie addictive de "Waterhole (Expresso Bongo)" dont le subtil enchainement avec la génialissime "Lords of The Backstage" est une merveille d’arrangement annonçant avec éclat le somptueux solo de Steve Rothery qui nous plonge au cœur de la majestueuse pièce progressive qu’est "Blind Curve" où le chant d’un Fish rempli d’émotion accompagne la finesse d’interprétation de Ian Mosley, Pete Trewavas, Steve Rothery et Mark Kelly. Et quand survient le fabuleux crescendo qui mène à la géniale "Childhoods End ?", c’est à chaque fois la même décharge fulgurante qui me transperce le cœur qui ne reprend vie qu’aux premières notes de l’irrésistible hymne "White Feather" concluant avec une énergie contagieuse la réussite exemplaire d’un album qui depuis est entré au panthéon de l’histoire du rock. La réussite artistique et commerciale de "Misplaced Childhood" a fait entrer Marillion dans la catégorie des très grands. La beauté musicale et poétique de l’œuvre a révélé au grand public l’immense talent d’un Fish conteur, auteur, chanteur et poète ainsi que le génie musical de quatre musiciens doués, exigeants et novateurs qui sont Mark Kelly, Steve Rothery, Pete Trewavas et Ian Mosley. Marillion réalise avec "Misplaced Childhood" un troisième chef-d’œuvre consécutif. Indispensable !!!
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Déjà, précisons d’entrée de jeu ce que ce disque n’est pas. Ce n’est pas un pur disque de Thrash. Pas totalement. Mais les aficionados du rouquin revêche ont l’habitude. Cela fait belle lurette que MEGADETH infuse souvent de larges touches de Heavy Metal dans sa musique, lorsqu'il n'oublie pas totalement ses racines de la Bay Area. Sur ce "Medageth", on trouvera quelques missiles estampillés Thrash qui pourront rassasier les vieux fans : « Tipping Point », « Let There Be Shred », « Made To Kill » et le final ébouriffant de « Obey The Call ». Les autres morceaux lorgnent donc plus vers du Heavy classique, voire du Metal Mélodique avec une mention spéciale à « I Don’t Care » qui lorgne furieusement du côté du Punk. Là encore, ce n’est pas une surprise ; Dave Mustaine aime le punk et il l’a montré dès 1988 avec la reprise des Sex Pistoles « Anarchy In The U.K » sur l’album « So Far, So Good, So What ! ». En réalité, ce disque condense les principaux axes musicaux développés par MEGADETH depuis ses débuts, hormis évidemment le très discutable « Risk ». MEGADETH revisite donc son histoire.
Voilà donc une autre chose que cet album n’est pas : ce n’est en aucun cas une révolution musicale. Pas d’innovation non plus à se mettre sous la dent. Pire même : certains morceaux rappellent d’anciens morceaux du groupe et certains pourront trouver cela redondant.
Pour autant, MEGADETH n’a pas raté sa sortie. Déjà, la production est excellente. J’ai lu des critiques négatives sur cette dernière mais je ne les comprends pas. Peut-être peut-on critiquer des basses un poil trop en retrait sur certains morceaux. Les titres sont dans l’ensemble de très bonne tenue. Certains sont même excellents. Cela riffe et cela balance des solos virevoltants comme à l’accoutumée. Mais surtout le père Dave et ses acolytes ont particulièrement soigné les mélodies. Car toutes les chansons se retiennent facilement, toutes ont des refrains ou des riffs qui rentrent facilement dans la tête, même les morceaux les plus Thrash (« Let There Be Shred »). Enfin, l’ensemble est cohérent et la transition entre les différents morceaux aux styles différents passe comme une lettre à la poste. Mais, même s'il y a d'excellents titres, on est quand même en dessous des joyeux intemporels du groupe. Et puis, disons-le tout net, certaines parties de l'album rappellent des anciens morceaux. A quelques endroits, on n'est quand même pas très loin de la repompe. Cela pourrait déplaire.
Il y a quelques baisses de régime, quelques morceaux plus moyens sans être des purges intégrales. Je trouve « Another Bad Day » sympa mais sans plus et en dessous des autres pistes. Disons que le refrain est un poil trop simpliste et répétitif et le morceau aurait mérité de changer de rythme et de structure sur la fin pour relancer l’intérêt. Dans les critiques, je n’apprécie pas plus que cela la première moitié de « Obey The Call » mais, heureusement, sur ce morceau, cela va décoller méchamment sur la fin. Et c’est méchamment bon.
At last but not least, il y a cette reprise de « Ride The Lightning » placée en fin d’album qui me laisse perplexe. OK, c’est censé être un bonus track, pourtant présent sur la plupart des versions. Le problème est que cette reprise vient après « The Last Note » placé judicieusement pour terminer l’album en beauté et ne manquera pas d’émouvoir les fans. De plus, cette reprise est très proche de l’originale. Incontestablement, elle a sa place sur l’album, puisqu’elle permet à MEGADETH de boucler la boucle en faisant référence aux débuts du Trash Metal et du court passage de Mustaine dans METALLICA. Cependant, je l’aurais placé comme un morceau normal avant « The Last Note » dans la track-list et j’aurais aussi tenté de proposer une version vraiment différente de l’original. Mais bon, ce n’est pas grave, je n’écoute plus ce bonus track qui n’apporte pas grand-chose au final lorsqu'on l'a écouté une fois ou deux.
Alors, même si le skeud a quelques moments plus faiblards sans être des ratages complets, même si le groupe ne réinvente pas la roue, même si on est quand même en dessous des chefs d’œuvre pondus par le Sir Mustaine, ce dernier "Megadeth" est quand même sacrément solide et particulièrement appréciable.
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Quatrième album studio du groupe, "A Night At The Opera" est l'album charnière dans la fabuleuse carrière de Queen. Monument du rock, chef-d’œuvre absolu, album hétéroclite où Freddie Mercury, Brian May, John Deacon et Roger Taylor étalent leur folie créatrice avec une insolence rare, une classe royale et un talent immense. Ce grandiose "A Night At The Opera" est diversifié, déroutant, féérique et enchanteur. Au fil des différentes pièces musicales qui sont proposées, on passe de la ballade romantique au rock puissant, de la suite complexe et progressive à la chanson rétro, d'une complainte folk à une sucrerie délicate. Les quatre musiciens s'essayent à tous les styles avec un égal bonheur et nous réserve deux titres épiques et lyriques vertigineux. "The Prophet's Song", unique en son genre, est somptueux. Seul Queen pouvait se permettre une telle audace. Et seul Queen pouvait, dans un même album, innover encore plus loin dans la démesure musicale. "Bohemian Rhapsody" est un classique intemporel hors norme, inégalé et inégalable offert au monde entier par Freddie Mercury. Il me suffit d'écrire ces quelques mots pour être parcouru de frissons. Touché en plein cœur par la grâce de la Fée créativité, "A Night At The Opera" est un chef-d’œuvre démesuré. MAGNIFICOO !!!
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"Sheer Heart Attack" est le troisième album de Queen. Plus rock que ses prédécesseurs, il conserve toutefois les folles extravagances, les brusques changements de rythme et d'atmosphère si chers au groupe. Cela débute formidablement avec l'efficace "Brighton Rock" suivi de la géniale "Killer Queen". "Tenement Funster", "Flick Of The Wrist" et "Lily Of The Valley" forment une de ses pièces à tiroirs ambitieuses dont le groupe s'est fait une spécialité. "Now I'm Here" est un hymne en puissance qui aura de beaux jours en concert tandis que la fantastique et furieuse "Stone Cold Crazy" rappelle à celles et ceux qui ont souvent tendance à l'oublier que Queen est avant tout un groupe de Hard-Rock puissant et dévastateur. La trilogie "Dear Friends", "Misfire" et "Bring Back That Leroy Brown" calme sensiblement le jeu et peut désarçonner par son ambiance mi-mélancolique mi-cabaret. L'album se termine en beauté avec "In The Lap Of The Gods... Revisited". Diversifié, superbement interprété et magnifiquement produit, "Sheer Heart Attack" est un excellent album dont le seul inconvénient est d'être coincé entre le magnifique "Queen II" et la monumentale réussite artistique qui allait suivre...
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Le toujours délicat exercice du deuxième album, Marillion y est vite confronté en cette année 1984 avec la parution de ce "Fugazi". J’annonce rapidement la couleur, j’avais adoré à la folie "Script For A Jester's Tear", je vénère "Fugazi". Je l’assume pleinement et n’ai pas besoin d’en justifier la raison. Je vais pourtant le faire ou sinon quel intérêt d’avoir écrit ces mots en guise d’introduction. Il y a d‘abord la somptueuse pochette à nouveau réalisée par Mark Wilkinson. Il y a la production bien plus maîtrisée que sur le premier album qui valorise enfin la finesse des arrangements et l’énergie du groupe. Il y a l’arrivée de l’excellent Ian Mosley à la batterie qui va apporter à Marillion, en compagnie du remarquable bassiste Pete Trewavas, une assise rythmique de très grande classe. Mais ce qui frappe le plus, c’est la qualité irréprochable des sept compositions que l’on retrouve sur ce "Fugazi". "Assassing" avec son intro remarquable qui annonce l'entrée en lice de Steve Rothery et sa guitare gilmourienne sur une rythmique géniale portée par un Fish agressif, volontaire dont la voix conquérante vous étreint avec force jusqu’au dernier souffle. Le fantastique solo de Steve Rothery ouvre la voie à une montée en puissance menée par Mark Kelly et Ian Mosley avant le retour d’un dernier couplet plus rageur et vindicatif. Du très grand art rapidement suivi par l’irrésistible "Punch And Judy" où Marillion fait étalage de sa grande faculté à écrire des chansons plus concises et autant pourvues d’arrangements très riches. Le refrain est un modèle de précision mélodique. Toujours dans l’efficacité immédiate, la superbe "Emerald Lies" est la parfaite illustration de la maîtrise du groupe tant cette pièce maîtresse de leur répertoire révèle toute la richesse musicale de Marillion. Ian Mosley est éblouissant sur cette mythique intro sans oublier Pete Trewavas et sa basse incandescente. Fish toujours aussi impliqué nous entraîne vers des sommets de tension. Bien que l’album sonne très rock en déployant une colère non contenue, Marillion n’oublie pas pour autant sa mélancolie. Les bouleversantes "Jigsaw" et "She Chameleon" le rappellent somptueusement. Des mélodies belles à pleurer, des solos de guitares et claviers stratosphériques plus la voix miraculeuse de Fish font de ces deux titres majeurs des instants suspendus en état de grâce. Les somptueuses "Incubus" et "Fugazi" prouvent à quel point Marillion est bel et bien le fer de lance du néo progressif. Grâce à leur inspiration, leur don d’écriture, leurs talents respectifs et leur niveau d’interprétation, Fish, Steve Rothery, Mark Kelly, Pete Trewavas et Ian Mosley ont dépoussiéré le rock progressif de ses oripeaux encombrants et totalement dépassés. En lui insufflant une énergie qui rappelle parfois celle qui émane du genre hard-rock, Marillion a su générer chez un nouveau public une curiosité, une sympathie, un regard sain envers un genre alors oribond qui ne demandait qu’à être bousculé. Un an après "Script For A Jester's Tear", Marillion nous offre avec "Fugazi" un deuxième chef-d’œuvre consécutif. La suite allait faire entrer le groupe dans la légende…
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Du bel ouvrage, je le trouve bien plus cohérent et plus compact que les deux précédents et résolument très Van der Graaf Generator. Les rythmes sont fous. Nous connaissons tous les talents de Peter Hammill qui est au meilleur de sa forme ici. Hugh Banton et Guy Evans sont sans nul doute les deux musiciens les plus sous-estimés de l'histoire. Chacune des 13 chambres de cette maison hantée (ou asile psychiatrique qui est en feu en feu) nous offre le confort d'ambiances riches vers lesquelles nous souhaitons revenir sans cesse à l'état de veille ou dans nos rêves les plus fous ('Smoke', 'Snake Oil' et cette touchante mise en bouche 'Your Time Starts Now').
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