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J'ai abordé cet album, je l'avoue, avec un quelques appréhensions suite aux différentes revues qui étaient assez hétérogènes.
Après plusieurs écoutes, je peux tout simplement dire que cet album est la finalité de 30 ans de carrière. Nous connaissons Steven Wilson comme étant un "caméléon", explorant inlassablement différents univers musicaux (plus ou moins bien apprécié et réussi avec par exemple avec "the future bites)".
Le défi était alors de taille : réussir à créer un album de rock progressif avec 2 morceaux pour une durée de 42 minutes ,tout en gardant une cohésion sur l'ensemble de l'oeuvre. Mais aussi répondre à une énorme attente comme toujours : pas le droit à l'erreur lorsque l'on a déjà frôlé avec l'excellence (comme avec "Hand. Cannot. Erase.").
La bonne nouvelle c'est que "The Overview" se démarque par sa capacité à alterner les différentes phases sans effet "patchwork" à travers les différents partie de l'album :
Sur le magnifiqe "Objects outlives us", on commence avec une intro très calme (qui reviendra en fin de morceau) qui s'accompagne d'un falsetto de Steven Wilson qui nous plonge directement dans le thème de l'album (l'espace & l'homme).
Arrive ensuite et des paroles prononcées sans arrêt par Steven, qui rythmeront ce 1er acte de l'album. Ce qui m'a directement marqué c'est la progression de cette partie avec un rythme qui se fait de plus en plus soutenu, mené d'une main de maître par la batteur Russell Holzman (fils du claviériste Adam Holzman) qui mène le morceau sur plusieurs phases jusqu'à "meanwhile". Cette partie évolue de façon plutôt linéaire mettant en avant le contraste de nos vies de tout le jours avec l'infiniment grand jusqu'à un "climax" : l'implosion d'un trou noir.
Après un bref moment de calme, tout s'enchaîne à un rythme toujours plus effrené, mené par une évolution de couche d'instruments qui explosent ensembles dans un magnifique final. Tout reprend rapidement sans qu'on ait le temps de souffler : Des notes "électriques" et une distortion bien amenée, maitrisée par une guitare déchirant les standard musicaux. Cela permet de déployer une toute autre facette de l'espace : un endroit démesuré et incrompréhensible pour nous, humains. Mais Steven vient nous rassurer et nous réconforter en reprenant sa magnifique intro "I incline myself to space" qui évolue vers un des meilleurs solos de ce XXIème siècle (et s'il on en croit la distortion finale et le film, la fin de l'univers), mené par Randy McStine.
La deuxième chanson de l'album, "The Overview", commence par une section trippante avec un synthé accompagné de différentes couches de sonorités électroniques. Vient ensuite l'ajout d'une voix féminine énumérant différentes planètes de notre univers, toujours de plus en plus grandes.
Et alors là, je tiens à féliciter Steven pour avoir trouvé cette magnifique mélodie (a beautiful infinity) qui est clairement l'une des plus "efficace" qu'il ait jamais réalisé. On voit clairement que ce qu'il a fait avec ses albums plus "pop" ces dernières années lui a donné de nouvelles idées. En plus de rester dans la tête, les paroles nous permettent de se plonger dans sa perspective et de planer dans l'espace avec lui.
Vient ensuite pour moi le "highlight" de l'album : le choc entre le rock progressif (de Steven bien sûr) et ses idées à consonance électronique (expérimenté dans "the futur bites" & "The harmony codex") qui donnent place à un final triomphant, élevé par le jeu au clavier (Steven ou Adam Holzman) et à la batterie de Craig Blundel, qui réussit à switcher entre le "pop rock" de la partie précédente et le final avec une précision et un feeling déconcertant (grace à son jeu de caisse claire / charley).
Après cette explosion de sonorités rock et electro, l'albumse fini par une partie "ambient" très calme accompagnée par un saxophone, nous laissant seul dans l'espace.
Merci monsieur Steven Wilson pour cet album.
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Il est toujours compliqué de donner un avis "à chaud" sur un album constitué de deux longues pistes comme c’est le cas avec "The Overview". L’expérience prouve qu’il faut un nécessaire temps de gestation issu d’un nombre appréciable d’écoutes avant de se forger une opinion définitive. La première fois que j’ai entendu "Still Life" de Van der Graaf Generator, je me suis demandé qui pouvait apprécier cet album apparemment sans queue ni tête, aux lignes mélodiques insaisissables, au chant passant d’un pianissimo à peine audible à des hurlements de dément. 50 ans et des centaines d’écoutes plus tard, c’est probablement l’album que j’emporterais sur une île déserte si je ne devais n’en emmener qu’un.
Mais l’album portait en lui les germes qui m’ont incité à le remettre sur ma platine jusqu’à ce que sa musique m’apprivoise avant de me fasciner définitivement. Je ne suis pas certain que "The Overview" dégage le même pouvoir d’attraction. C’est pourtant un album aux nombreuses qualités. Déjà, il revient aux fondements du progressif, non seulement par la longueur des titres (ce qui en soi ne suffit pas à faire du progressif), mais aussi par des changements fréquents de thèmes, de tempos, de nuances, le tout fait avec une certaine fluidité. Certains passages évoquent Pink Floyd, période coincée entre "A Saucerful of Secrets" et "The Dark Side of the Moon", la meilleure à mon avis. La production est limpide, l’exécution impeccable, comme toujours avec les disques de Steven Wilson. On ressent aussi une certaine sincérité dans le propos ou, s’il y a un quelconque calcul pour plaire, celui-ci est suffisamment bien dissimulé pour ne pas être perceptible.
Mais, malgré toutes ces qualités qui sont la somme d’un travail respectable et qui rendent l’écoute agréable, il me manque ce supplément d’âme qui me met les sens en éveil, me disant que j’écoute un album qui sort des sentiers battus. Je trouve "The Overview" trop froid, et par certains aspects trop prévisible, pour être réellement séduit. Steven Wilson a fait du beau travail mais qui ne me touche pas. Question de feeling, probablement. D’autres y prendront certainement plus de plaisir.
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Cela fait déjà deux albums que Wilson nous fait du grand n'importe quoi. A vouloir se renouveler à chaque fois,on arrive à rien. Où sont les bons album d'y a 10 ans avec des instruments, cohérents. Là 41mn, c'est un peu court, de sons incolores et absence de mélodie. Passez votre chemin et retournez écoutez The Raven That Refused To Sing
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L’annonce d’un retour au progressif par Steven Wilson a naturellement mis en émoi les fans de la première heure. Après plusieurs années passées à explorer des terrains plus pop et électroniques, le Britannique semblait renouer avec ses racines en proposant un album conceptuel ambitieux, inspiré par "l’effet de vue d’ensemble" (The Overview Effect), cette prise de conscience que ressentent les astronautes lorsqu’ils contemplent la Terre depuis l’espace, réalisant soudain l’absurdité des préoccupations humaines face à l’immensité du cosmos.
Si le sujet a de quoi faire rêver, il n’est pas inédit dans le monde du rock progressif. Le groupe Jet Black Sea avait déjà abordé cette thématique avec 'The Overview Effect', un album qui plongeait dans des atmosphères progressives et cinématographiques pour retranscrire cette sensation vertigineuse d’insignifiance face à l’univers. Dès lors, "The Overview" de Steven Wilson se devait de proposer une approche originale pour se démarquer. Malheureusement, à l’écoute, on a plus l’impression d’un patchwork d’idées et d’influences familières que d’une véritable œuvre novatrice.
Sur le papier, tous les ingrédients semblaient réunis : seulement deux longs morceaux propices à des évolutions progressives, un travail sur les atmosphères spatiales et une dynamique taillée pour l’écoute en vinyle. Pourtant, malgré son ambition, l’album donne rapidement l’impression d’une œuvre qui se repose sur des acquis plus qu’elle ne cherche à innover. Il y a ici une volonté de retrouver une forme de narration musicale immersive, mais l’exécution manque d’audace et laisse une sensation de déjà-vu qui dilue son impact.
Le premier titre, 'Objects Outlive Us', pièce-fleuve de 23 minutes, débute par une voix en falsetto que Wilson affectionne particulièrement depuis quelques albums, flottant au-dessus d’une instrumentation éthérée. Très vite, une énumération mécanique prend place, dans la droite lignée de 'Personal Shopper', où seule la batterie parvient à réellement capter l’attention grâce à des subtilités rythmiques bien senties. La structure du morceau enchaîne les passages attendus : une mélodie pop anglaise accrocheuse, suivie d’un segment plus éclaté et déconstruit, avant un retour à une séquence mélodique, puis une coda instrumentale qui aurait pu constituer un climax marquant, mais qui finit par s’effacer dans des nappes ambient. Tout s’enchaîne avec fluidité, mais sans surprise. L’évolution du morceau, pourtant ample, semble trop balisée pour réellement captiver.
Le second titre, 'The Overview', prend une direction plus électronique et contemplative, se rapprochant des sonorités explorées par Wilson dans ses derniers travaux avec son épouse. On retrouve ici une atmosphère qui évoque "Hand. Cannot. Erase" ('Perfect Life') qui rencontrerait 'The Harmony Codex'., mais en moins narratif et en plus abstrait. Si les textures sonores sont léchées et le travail sur l’espace sonore remarquable, l’ensemble peine à décoller, donnant parfois l’impression d’un morceau qui flotte sans jamais atteindre une véritable intensité émotionnelle. Il faut attendre le final pour voir apparaître des influences jazz-rock proches de "Grace for Drowning", avec un saxophone aérien et des harmonies plus complexes. Un passage intéressant, mais qui arrive peut-être trop tard pour renverser l’impression d’un voyage trop statique.
Avec "The Overview", Steven Wilson semble hésiter entre renouer avec ses racines progressives et poursuivre son exploration sonore plus contemporaine. L’ambition conceptuelle est bien présente, et la qualité de production indéniable, mais l’album manque de cette étincelle qui faisait la force de ses meilleures œuvres. Contrairement à "The Raven That Refused to Sing" ou "Hand. Cannot. Erase"., qui prenaient aux tripes par leur narration et leurs contrastes marqués, "The Overview" laisse une impression plus distante, presque introspective à l’excès.
Pire encore, on ne peut s’empêcher de ressentir une certaine mécanique dans la démarche, comme si Wilson avait en partie composé cet album pour répondre aux attentes d’une frange de son public plutôt que par une réelle nécessité artistique. Cette impression d’un disque "sur commande" flotte en arrière-plan, renforcée par cette structure en deux longs morceaux et cette approche conceptuelle qui semblent vouloir cocher toutes les cases du progressif moderne sans pour autant lui insuffler un véritable souffle nouveau.
Si certains y verront un retour à une forme de progressif pur, d’autres regretteront un manque de prise de risque et une sensation de recyclage. Il ne s’agit pas d’un faux pas, mais plutôt d’un disque qui intrigue plus qu’il ne bouleverse. Un album à écouter d’une traite, dans de bonnes conditions, mais dont l’empreinte s’efface plus vite qu’espéré. Peut-être le prix à payer pour un voyage où l’itinéraire semble déjà tracé d’avance.
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Une fois de plus, j'écoute de The Harmony Codex. Je dois avouer être un fan complet de Porcupine Tree et de Steven Wilson solo. Mon avis est donc partial. Cet album me transporte à chaque écoute un peu plus loin. Et le morceau que je préfère à une écoute n'est plus forcément celui-ci, l'écoute suivante. Je reconnais qu'il m'a fallu me le passer dans lea oreilles plusieurs fois, avant de commencer à l'apprécier à sa juste mesure. Maintenant, pour moi, il est parfait.
Voici une critique que j'ai trouvé intéressante. Elle montre bien les subtilités de tous ces morceaux.
https://progcritique.com/steven-wilson-the-harmony-codex/
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Je suis d'accord avec l'ensemble des critiques présentes, à l'exception de celle de @THIBAUTK (il est libre de ne pas aimer, mais sa prose me semble plus que vide). L'album de Wilson est excellent, comme souvent ses créations aussi bien en solo qu'avec Porcupine Tree. Les chansons Permanating, Pariah ou Refuge, sont excellentes et pleines de subtiles émotions. Je ne pense donc pas que Steven Wilson soient prêt de tomber de son piédestal, surtout à l'écoute des albums qui ont suivi et qui montre qu'il sait parfaitement se renouveler.
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