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Je viens de me prendre ce missile sans avoir été véritablement prêt à la secousse, et ça fout par terre ! Je ne connaissais ni le groupe ni l'album, et j'avoue qu'une lecture rapide sur quelques médias d'Internet ne m'avait pas inspiré. Pas plus que le nom du groupe qui par association d'idée me renvoie vers Brother Ape, vous voyez pourquoi. Mais l'écoute de ce premier album (pour moi) remet les pendules à l'heure sans coup férir.
Ca commence par "Open your Eyes", un titre largement digne des morceaux les plus sombres de Procupine Tree, qui vous chope à la culotte et vous scotche sur place avec sa cascade d'accords mineurs. La batterie est nerveuse et délicieusement verbeuse, teigneuse comme un pittbull pressé d'en découdre. La basse roule là-dessus, appuyant le propos rythmique avec poigne. La voix surprend un peu au départ, elle semble manquer d'épaisseur et puis on s'y fait assez bien. Le tout est posé sur des nappes de claviers, des effets de réverbération et des breaks dignes du PF de la meilleure période. L'ambiance est glaciale, je suis un peu KO, la surprise est totale, mais ça y est, je suis déjà conquis.
Après une intro très dans l'esprit de Peter Gabriel, "See the Light" reprend cette tendance de syncope inspirant immédiatement Porcupine Tree, avec derrière une guitare qui empile des riffs obsessifs en boucle. La batterie est toujours là, bien en avant dans le mixage, imposant sa virile ponctuation. Toujours en support, les claviers font un boulot énorme pour porter une ambiance bien lugubre.
la découpe en 3 parties de "Schizophrenia" donne une dimension particulière à ce morceau, finalement pas mal contrasté. Le 1er volet voit apparaitre une voix féminine qui double parfaitement la voix masculine, avec même un supplément d'épaisseur. Sa fin brutale surprend avec un blanc pour enchainer ensuite sur le 2ème titre de cette mini-suite, un peu plus aérienne grace à un rythme moins pesant et une guitare solo qui emporte ce morceau jusqu'à sa fin, avec un petit bout comportant une sonorité qui rappele les tous débuts de Peter Gabriel. Vient enfin le 3ème volet, où le chant féminin prend encore de l'ampleur au sein d'une ligne mélodique parfois syncopée puis ensuite carrément rock. Les mélodies restent souvent cycliques, me faisant penser de loin à Oceansize. Mais les différents mouvements dans chaque titre restent dans l'esprit de "l'arbre à porc-épic", souvent sombres et obsédants.
"No One Feels Like Me" est une composition remarquable, soigneusement écrite, riche, envoutante, aux accents parfois curieusement génésissiens au début, où la voix masculine reprend joliment la primeur, bien placée en avant. La voix mixée en back-voice reprend une technique proche de PT encore une fois, sans pour autant qu'on se prenne la tête avec des idées de plagiat ou de pale copie. Ce titre vous prend et vous emporte pendant 8 minutes sans vous laisser de répit pendant un seul instant.
"Beetween The Lines" donne un coup d'air frais et soulage un peu la pression subie depuis la fin de "White Room". Dommage que les effets sur la voix soient si nombreux, ça n'avait rien d'indispensable. Le batteur se fait plus léger, bien que restant très généreux.
"Kill Me" commence par un joli dialogue entre basse et guitare, soutenu par un clavier discret et se poursuit par l'arrivée et le déploiement des voix féminines, avec un jeu de guitare en arrière qui donnent un ton qui me rappelle vaguement l'esprit de "Love Over Gold" de Dire Straits. Puis ce sont les guitares qui prennent le pouvoir peu à peu pour finir les deux dernières minutes dans une envolée remarquable, qui ne déparerait pas sur un album de David Gilmour.
"Not Found" est un final surprenant, uniquement instrumental, très court, une sorte de signature pour conclure l'ensemble.
Cet album est une réussite, incontestablement, tant par sa cohérence, son écriture exigeante, sa production très soignée, que par son inventivité et la maestria des instrumentistes. C'est dense, il y a de l'énergie, de la matière noire, de la puissance et de la finesse, le tout dans 52 minutes de voyage mouvementé. Une belle invitation à aller farfouiller plus avant dans leur discographie, que je vais de ce pas découvrir au plus vite.
Encore un groupe français de très haut niveau et qui est très méconnu du public français. Une très dommageable constante dans le domaine du rock progressif.
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Je suis toujours surpris des avis sévères qui sont infligés à Glass Hammer tout au long de leur discographie, principalement dus au fait qu'ils sont (effectivement) très inspirés de YES. Mais en quoi cela est-il si négatif ? Je trouve la démarche assez injuste, et pour tout dire, très partiale. A mon sens, il faut totalement faire abstraction de cet aspect. La musique dispensée est bonne et c'est tout ce qui compte. Il n'y a aucune facilité ni complaisance de leur part, d'autant qu'il ne s'agit ni d'une pâle copie, ni d'un pur clonage à la façon de The Watch pour Genesis.
Ce 9ème volet est un concept-album basé sur la terrible période du 10 au 11 mai 1996 sur le Mt Everest, qui verra la disparition de 8 alpinistes. Un triste record qui aura longtemps marqué les esprits. Il s'en suivra 3 films et le récit du survivant Jon Krakauer (livre "Into Thin Air"), qui sert de base ici.
C'est un bel exemple de ce que Glass Hammer sait parfaitement faire, tant en terme d'écriture qu'au niveau de l'exécution. On perçoit le haut niveau d'investissement qui est apporté à la réalisation. Pour un fan de YES, ça fait toujours plaisir de retrouver des nappes de clavier fines et légères qui soutiennent chaque titre, ou bien cette basse de Steve Babb, virtuose, omniprésente, qui pousse la mélodie et structure chaque chanson avec une énergie remarquable. Cet album se dinstigue des précédents par un peu plus de subtilité dans la variété des sons et dans la production, plus précise et donnant un meilleur équilibre entre les différents instruments. Et ils sont pourtant nombreux, tout autant que les participants à ce travail, ce qui par certains aspects donne à cet album un petit côté "musique classique", en tout cas une certaine classe.
Premier choc, l'incomparable reprise de "South Side of the Sky" de YES, évidemment très opportun pour évoquer la haute montagne. Chanson finement arrangée, magnifiquement interprété par une Susie Bogdanowicz au chant très délicat, et qui évite l'écueil de vouloir coller à la voix et aux intonations de Jon Anderson.
Ce dernier est invité et participe à "Life by Light" sur cet album (et South Side bien entendu), ce qui au passage est une belle caution du travail du groupe. On remarque aussi la soigneuse retenue de celui-ci, sur les deux titres auxquels il participe, ce qui permet de ne pas trop "marquer" l'album de sa présence. Rien que pour cette reprise, l'album vaut le coup d'être acquis.
Les autres compositions ne sont pas en reste, avec chacune un caractère fort, adapté à la narration glacante. S'il est vrai que certaines pourraient émaner du groupe célèbre qui les inspire, il n'en reste pas moins qu'ils sont capables de motiver des écoutes répétées sans lasser. Avec deux titres de plus de 15 minutes et deux autres de plus de 9 minutes, cet opus offre tout ce que le rock progressif de l'époque bénie peut fournir en émotions. Une conception des thèmes de guitares très profonde, des voix sublimes travaillées au cordeau, de la complexité, des variations de mouvements riches et nombreuses. Tout est fait pour vous immerger dans le récit d'une aventure rude et cruelle. A ce propos, une écoute attentive des paroles est un plus tout à fait sensible.
J'ai remarqué des accents de Genesis, mais surtout de Big Big Train très perceptibles parfois, ce qui pose un contrepoint bienvenu au sujet des reproches qu'on leur fait trop systématiquement. Cela se sent, parfois dans "Ember Without Name" (notamment les interventions du violon), nettement dans "Into Thin Air" (vocalises qui font penser à feu David Longdon) et dans le dernier titre, magnifique envolée en tonalités mineures de 6 minutes et demi au final somptueux.
Donc, si vous aimez le prog, une musique très bien écrite, somptueusement jouée, avec une richesse d'instruments remarquable, avec des influences variées qui servent de tremplin à une création néanmoins complètement originale, avec en plus un thème abordé intéressant et grave, et si vous avez 70 minutes de libre devant vous, n'hésitez pas, ce serait dommage de louper ça !
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Difficile de ne pas confirmer que cet objet est parfait ! Effectivement, c'est l'album le plus incroyable de tous les super-groupes jamais fondés. Leurs deux seuls albums sont d'ailleurs tout aussi bons l'un que l'autre, à peu de choses près.
La première fois que j'ai entendu "In The Dead of Night" (Merci à Patrice Blanc-Franquard...) tard le soir à la radio, j'ai failli tomber de mon lit. J'étais tout juste entré au Lycée, et j'ai su que cette musique allait me marquer à jamais, me rendant un fan absolu de Rock Prgressif.
L'originalité de la composition, sa richesse, la virtuosité complètement maitrisée, la production excellente et identifiable, tout est fait pour vous laisser ébahi, prêt à en redemander. De fait, il n'y a pas grand chose à ajouter, une écoute suffit à être définitivement convaincu.
Album à détenir absolument dans une discothèque digne de ce nom.
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Antony Philips reste le grand inconnu du groupe Genesis, ce qui est fort dommage car il en a posé les fondements, comme les autres membres du début. Et pour ce qui est du talent, il n'a rien à envier qui que ce soit (le fabuleux et si charmant "The Geese..."). Toutefois, son style lui est tout à fait personnel et il faut faire l'effort d'y adhérer (ou pas...). Je reste un peu hermétique aux compositions exclusivement destinées à la guitare folk, comme a pu le faire Steve Hackett.
Ici, Antony Philips a bati un album où interviennent divers autres instruments, sans privilégier outre mesure la guitare, ce qui créé une trame variée, cossue, parfois puissante. L'oeuvre est effectivement concue et écrite à l'image de la musique classique mais avec la coloration et l'énergie des instruments et des inspirations modernes, sans aucune "ringardise". Les claviers sont omniprésents et c'est un bonheur. Ils assurent à eux seuls le climat général de l'album. Climat doté d'une trame solide qui par moment pourrait inspirer la bande son d'une oeuvre cinématographique.
A propos d'inspiration.... Cet album est structuré comme "Shine..." de Pink Floyd, "Tubular Bells" ou "Hergest ridge" de Mike Olfield, voire même "Amarok", sorti 4 mois avant, dont il reprend étrangement, dans sa partie I notamment, certaines atmosphères ou thèmes très évocateurs. Coincidence ? je ne ferais pas de mauvais procès, ce serait stérile, mais il est surprenant de se trouver de temps en temps soudain plongé pendant quelques minutes dans du "pur Mike Oldfield" durant l'écoute de cet opus. la méthode qui consiste à utiliser un thème rémanent et à le reprendre de diverses façons tout au long de l'album est aussi un point commun, qui donne un fil conducteur et une grande homogénéité à l'album.
L'ambiance générée par Antony Philips est agréable, elle ne manque pas de variations, de petites pointes de rythmes, des phases un peu théatrales qui évitent l'écueil de la lassitude, et des moments plus éthérés qui vous transportent. Les parties calmes ne sont pas les moins intéressantes. Tout ça est bardé d'émotion, de finesse et reste cohérent du début à la fin. La production est impeccable, l'album supporte l'écoute à volume bas comme plus fort tout gardant sa présence spatiale.
Il faut se laisser porter, et à cette condition on s'aperçoit rapidement qu'on veut y faire à nouveau un tour dès que possible. Un album à la fois paisible, riche, jamais lassant, inénarrable et presque inclassable tellement il tient de beaucoup de genres. A acheter, à écouter, à ré-écouter à loisir.
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C'est désagréable mais il va être possible d'expédier mon sentiment en peu de lignes.
Cet album est globalement fade, peu convaincant, facile, à la limite de l'ennui. "Believe Again" passe encore pas mal, il surprend un peu et laisse à penser que le reste va suivre. Mais ce n'est pas le cas. C'est une ombre, un ectoplasme du grand YES que nous connaissons tous. Ses plages manquent trop de personnalité, de caractère, d'inventivité. C'est triste de penser que Chris Squire nous ait quitté sur ce dernier opus. Il méritait largement mieux comme hommage posthume. C'est donc un album dispensable, à bien des égards.
... à l'exception notable de "Subway Walls", qui ramène vers les rivages de l'univers Yessien et porte une émotion forte, notamment dans son final, dans les deux dernières minutes. Ce titre mérite d'être acquis.
Quant au reste, ben... faites-en ce que vous voulez, mais ça ne mérite pas l'effort.
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Je suis sévère dans ma notation, avec un 2/5. Mais j'ai une vision globale de cet album qui fait que la voix de J.J Goldman est un véritable défaut qui entache le tout. Voix trop haut perchée, nasillarde, sans étoffe, et bien souvent fausse alors qu'elle est horriblement forcée, en vain. Je ne sais pas comment certains osent arriver à comparer, d'une manière ou d'une autre, avec Yes, Genesis ou Peter Gabriel....
Pour moi, le très rock "Going Away" est un saccage insupportable, le chant est à peine digne d'un bal de samedi soir en province. Très dommage pour une chanson qui par ailleurs se tient bien, et dont les paroles portent un message très intéressant. Sur les autres titres, ça passe un tout petit peu mieux, tout en restant nettement crispant. Par exemple "Sister Jane", LE tube du disque, où J.J Goldman nous fait sentir les efforts désespérés qu'il tente pour essayer de chanter juste, ou bien "Fields of Gold" ou le chant semble tellement étriqué. Sur la version CD (3 titres supplémentaires), les voix sont "étranges", quelque peu déroutantes (Let us Play, presque ridicule). Mais c'est encore un manque de "coffre" et d'ampleur des voix qui vient gâcher le plaisir.
Dommage, car musicalement, cet album se défend très bien, avec de belles compositions, originales quoique parfois relativement inspirées. Pareil pour les instrumentistes doués qui semblent avoir eu toute latitude pour se défouler, nous offrant des riffs créatifs et des solos super léchés. Mention spéciale à la batterie et à la basse, qui portent l'ensemble d'une manière magistrale. La touche "progressif" est apportée par des claviers très datés mais parfaitement intégrés, quelques touches de brutisme et la présence de 3 titres longs, dont le très beau "Fields of Gold" et la suite "Out of The Night" avec ses 11 minutes et demi.
Il y avait une belle ambition, et c'est clairement un magnifique travail, surtout pour un premier album. Mais le côté pénible des voix et de leur tessiture rend la plupart du temps l'écoute désagréable et frustrante.
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