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Quand parait "Clutching At Straws" en 1987, la question qui se lit sur les lèvres des nombreux fans et journalistes de la presse spécialisée est de savoir si Marillion sera capable de réitérer voire de surpasser le tour de force que fut "Misplaced Childhood" leur précédent album considéré à juste titre comme étant un chef-d’œuvre absolu. Excellemment produit par Chris Kimsey qui officiait déjà, avec la réussite que l'on sait, sur "Misplaced Childhood", ce quatrième album du groupe est enregistré dans un contexte compliqué, dans une ambiance tendue entre Fish et le reste du groupe. En résulte un album beaucoup plus sombre, plus violent, plus mélancolique que ce à quoi nous avait habitué Marillion jusqu’à présent si ce n’est sur le magistral "Fugazi". Torch, le double fictif que crée Fish pour l’écriture des textes, va permettre à ce dernier bien mal en point d’exorciser ses propres démons sans oublier pour autant d’aborder d’autres thèmes graves et engagés. Malgré ou grâce à cette tension qui règne en studio, la grande richesse des textes de Fish est transcendée par des compositions toutes plus merveilleuses les unes que les autres et par une interprétation sans faille. Du sublime triptyque "Hotel Hobbies/Warm Wet Circles/That Time Of The Night" qui ouvre l’album jusqu’au grandiose "The Last Straw" qui le conclut, "Clutching At Straws" n’est qu’émotion, rage, fragilité, délicatesse, diversité, intensité, génie et classe pour le plus grand bonheur de votre humble serviteur. Comment ne pas tomber en pamoison devant la feinte légèreté des géniales "Incommunicado" et "Just For The Record" ? Comment arriver à retenir ses larmes face à la détresse des bouleversantes "Going Under" et "Sugar Mice" ? Comment rester infaillible à l’écoute de l’émouvante "Torch Song" ? Est-il possible de résister longtemps à la puissance du riff de la fabuleuse et classieuse "Slaìnte Mhath" ? Peut-on envisager de ne pas être envahi par une violence et une rage intérieures face au constat amer et acerbe de la prodigieuse "White Russian" ? À toutes ces questions, je réponds non. En 2027, "Clutching At Straws" fêtera ses quarante ans et depuis sa sortie initiale, cet ultime album enregistré avec Fish au micro exerce sur moi une fascination intense et une émotion à fleur de peau qui jamais ne se démentent. Avec cet exceptionnel "Clutching At Straws", Fish, Steve Rothery, Mark Kelly, Ian Mosley, Pete Trewavas et Chris Kimsey ont enrichi la très belle discographie de Marillion d’un nouveau chef-d’œuvre. Une page allait se tourner, les routes allaient se séparer. Marillion allait recruter la perle rare et Fish allait débuter une aventure en solo certes semée d’embûches mais forte de fulgurances musicales et discographiques. Le meilleur des deux mondes en ce qui me concerne.
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Le 24 novembre 1991 s’éteint Freddie Mercury. Et avec lui, se referme une page de l’histoire de Queen. Le monde de la musique est en état de choc. Les fans sont attristés. Sa disparition aura un retentissement planétaire et son impact ira bien au-delà de la sphère artistique. Tout ce qui a suivi est entré dans la légende, le retentissement médiatique, le concert hommage "The Freddie Mercury Tribute" le 20 avril 1992 au stade Wembley à Londres devant 72 000 personnes avec la participation d’Elton John, David Bowie, Robert Plant, George Michael, U2, Liza Minnelli, Annie Lennox, Zucchero, Seal, Guns N' Roses, Metallica, Def Leppard, Extreme, Roger Daltrey, Mott the Hoople, Tony Iommi, tous venus soutenir les trois membres restants de Queen, John Deacon, Roger Taylor et Brian May. Le 6 novembre 1995 sort le quinzième opus de Queen. Album posthume, "Made in Heaven" est composé de titres déjà présents sur "Bad Guy" l’album solo de Freddie Mercury comme "Made In Heaven", "I Was Born To Love You", de "Too Much Love Will Kill You" chanson figurant sur l’album solo "Back To The Light" de Brian May, de la chanson "Heaven For Everyone" du groupe de Roger Taylor, The Cross et de "My Life Has Been Saved" face B du titre "Scandal" extrait de l’album "The Miracle" sorti en 1989. Tous ces titres ont minutieusement été réarrangé, augmenté, amélioré par Roger Taylor, John Deacon et Brian May pour qu’ils sonnent plus comme des chansons de Queen. Les trois musiciens ont effectué un travail remarquable auquel on peut rajouter les quatre autres titres qui sont "It’s A Beautiful Day", "Let Me Live", "You Don’t Fool Me" et la dernière chanson enregistrée par Freddie Mercury "Mother Love" complétée sur les dernières paroles par Brian May. De cet immense travail de mémoire, de ce patchwork musical, il en résulte un vibrant hommage de trois musiciens, mais avant tout d’hommes, ayant partagé une aventure musicale et humaine extraordinaire en compagnie du chanteur à la voix exceptionnelle et de l’artiste hors-norme qu’était Freddie Mercury. Un album magnifique, émouvant et vivant.
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Qu’il est difficile encore aujourd’hui de chroniquer ce quatorzième album studio de Queen. "Innuendo" est le dernier album sorti du vivant de Freddie Mercury. Neuf mois après la sortie du disque, le décès du chanteur sera une véritable onde de choc qui dépassera de loin le simple cadre musical et artistique. Il y a d’abord cette illustration qui en ce qui me concerne compose la plus belle pochette d’album du groupe. Puis il y a la musique et là, on touche au sublime. L’album "Innuendo" rejoint sur la haute marche du podium le mythique "A Night At The Opera". Pour moi, "Innuendo" est le meilleur album du groupe, le plus abouti, celui qui réunit le meilleur des deux mondes à savoir le Queen fougueux, grandiloquent, progressif, hard des années soixante-dix et le Queen expérimental, concis, pop, funky, fournisseur de hits mémorables des années quatre-vingt. Pour résumer au mieux ces décennies de la Reine, deux mots d’ordre : éclectiques et inclassables. C’est ce que nous propose Queen avec ces douze nouveaux joyaux incrustés sur compact disc, vinyle ou cassette selon votre choix de support. La production somptueuse met admirablement en valeur le remarquable travail d’écriture et l’inspiration sans limite du groupe. Aucune baisse de régime à constater tout au long de cet album à la fois crépusculaire, enjoué, émouvant, épique et tragique. De la grandiose "Innuendo" qui ouvre l’album en passant par la torturée "I’m Going Slightly Mad", les énergiques "Headlong" et "Ride The Wild Wind", les magnifiques "Don’t Try So Hard" et "These Are The Days Of Our Lives" puis les merveilleuses "I Can’t Live With You" et "All God's People", la fantaisiste "Delilah", la puissante "The Hitman", la délicate "Bijou" jusqu’à la somptueuse et bouleversante "The Show Must Go On", tout n’est que beauté dans l’univers musical de Freddie Mercury, Brian May, John Deacon et Roger Taylor. Avec cet exceptionnel "Innuendo", chef-d’œuvre artistique à l’aura prémonitoire, Queen dit adieu au public et à ses fans. Un chant du cygne poignant et flamboyant.
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Trois ans après avoir exaucé neuf vœux pour un résultat phénoménalement magique, Queen de nouveau revigoré nous revient pour un treizième album studio. Ici, finis les tours de passe-passe, fini la poudre de perlimpinpin, au placard bien au fond d’un tiroir la baguette magique, Queen ne jure plus que par le divin et plus précisément croit au miracle. Vous me direz, chacun a le droit de croire en ce qu’il veut. Quand j’écris que Queen est certainement le plus grand groupe de l’histoire du rock, j’y crois donc ils le sont. Qui a dit tout bas que je suis de mauvaise foi, j’ai entendu. Oui bien sûr, il y a AC/DC, Led Zeppelin, The Rolling Stones, The Beatles, Iron Maiden, Deep Purple, Black Sabbath, Marillion, Pink Floyd et tant d’autres, mais il y a d’abord Freddie Mercury + Brian May + John Deacon + Roger Taylor = Queen. J’y crois donc j’ai raison. Point barre. Alors cette nouvelle offrande de la Reine, que vaut-elle ? "Party" et "Khashoggi’s Ship" ouvrent en fanfare et dans la bonne humeur l’album. On sent d’entrée que le groupe a envie de s’amuser et de se lâcher. Très bonne entame suivie par "The Miracle" qui porte bien son titre tant cette composition complexe et grandiloquente se révèle être un des grands moments du disque. Puis voici que déboule le premier morceau de bravoure de l’album qu’est le grandiose et vindicatif "I Want It All". Grand tube de l'album, "I Want It All" avec ses chœurs énormes, son riff puissant, ses merveilleux couplets, son refrain scandé et sa partie solo s’impose d’entrée comme un immense classique du groupe. S’enchaînent ensuite les géniales et énergiques "The Invisible Man" et "Breakthru". La première avec sa ligne de basse funky, ses bruitages bizarroïdes et son solo de guitare époustouflant est addictive. La seconde avec son tempo très rock, ses couplets et refrains mélodieux est irrésistible. La chaloupée "Rain Must Fall" avec ses percussions latinos dégage une énergie positive. La lascive "My Baby Does Me" impressionne par la performance exceptionnelle de Freddie Mercury. Entre les deux, une autre merveille de l’album, la rageuse "Scandal" avec son superbe riff martial et mélodique. Là aussi, Freddie Mercury impressionne dans l’expression d’une souffrance contenue qui ne demande qu’à être extériorisée. L’album se clôt avec le deuxième morceau de bravoure après "I Want It All". "Was It All Worth It" est une gemme ambitieuse et luxuriante qui renoue avec les grandes pièces musicales du passé du groupe. Tout y est, un riff de guitare phénoménal, un couplet somptueux, un refrain majestueux, des chœurs grandioses, des arrangements audacieux et complexes. Ou comment finir un album en beauté. "The Miracle" a bien eu lieu. Cet album est un nouveau bijou à incruster sur la couronne de Queen. Quand je vous disais qu’il faut croire en Queen et qui plus est en leur capacité de réaliser un miracle…
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Plus qu’un simple album, "A Kind Of Magic", douzième album studio du groupe sorti en 1986, est une lampe magique miraculeuse. Neuf souhaits qui ne demandent qu’à être exaucés et qui pour le plus grand des bonheurs se réalisent sous nos yeux ébahis et nos oreilles ravies. Album conçu au départ comme étant la bande originale du film "Highlander",
"A Kind Of Magic" peut être aussi vu comme un Best Of du savoir-faire de Queen. La formule magique en neuf chapitres de l’éclectisme musical du groupe. Du hard-rock racé savamment interprété avec les très efficaces "One Vision" et "Princes Of The Universe" avec ses chœurs grandiloquents. Du hard-rock tendance heavy avec le métallique "Gimme The Prize". De la pop bien chaloupée avec la formidable "A Kind Of Magic" et sa ligne de basse irrésistible. "Pain Is So Close To Pleasure" sonne très soul music et n’aurait pas dépareillé sur l’album "Hot Space". Queen nous rappelle aussi qu'il sait écrire de merveilleuses ballades comme en témoigne la sublime "One Year Of Love". Autre superbe ballade beaucoup plus orchestrale, la majestueuse et poignante "Who Wants To Live Forever" joyau absolu du groupe chanté par Brian May puis Freddie Mercury dont la performance bouleversante me tire les larmes à chaque écoute. "Friends Will Be Friends" endosse le rôle de l’hymne fédérateur et s’en sort avec les honneurs. Quant à l’hypnotique et fascinante "Don't Lose Your Head", elle revêt des atours électro new-wave auxquels vient se greffer un formidable solo final de Brian May ainsi que les chœurs de Joan Armatrading. Un Brian May impérial tout au long de l’album. Ce dernier contient certains de ses solos les plus mémorables. "A Kind Of Magic" est un album magistral qui ne connait aucune baisse de régime. Merveilleusement produit, il démontre l’indéniable talent d’un groupe protéen et prolifique, sûr de lui, au top de sa forme et au sommet de sa créativité. Beau patchwork musical comme seul Queen peut en produire, "A Kind Of Magic" est une réussite artistique, une œuvre majeure dans la très riche discographie de Queen. Et ils n’avaient pas encore fini de nous émerveiller…
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Quand Queen entre en studio en 1983 pour enregistrer ce qui allait être leur onzième album studio, tout n’est pas au beau fixe. "Hot Space", le précédent effort du groupe qui incorporait des sonorités synthétiques éloignées du registre habituel du groupe a déçu une très grande partie des fans de la Reine et des critiques. Les ventes, elles aussi ont été décevantes. Des velléités de carrière solo se font particulièrement ressentir du côté de Freddie Mercury. C’est dans ces conditions quelques peu alarmistes qu’est enregistré "The Works". C’est un grand ouf de soulagement qui est poussé à la fin de l’écoute de ces huit nouvelles compositions. Zappons l'horripilante "Machines (or ‘Back to Humans’) " pour nous concentrer sur les sept autres travaux qui composent la nouvelle offrande de nos quatre héros. Au programme, nous avons les deux méga-tubes que sont l’incontournable "Radio Gaga" écrit par Roger Taylor et l’irrésistible "I Want To Break Free" composé par John Deacon. Deux très grands classiques du groupe qui ne trouveront pleinement grâce à mes oreilles que dans leurs versions live où ils prennent toute leur dimension hymnique. De son côté, Brian May comble de bonheur les hard-rockers endurcis avec le puissant "Tear It Up" et l’imparable "Hammer To Fall". Sur scène, ces deux uppercuts sonores seront imparables. Qu’en est-il de Freddie Mercury ? "It’s A Hard Life" est une superbe ballade baroque au piano. Le rockabilly "Man on the Prowl" est le petit frère de "Crazy Little Thing Called Love" présent sur l’album "The Game" de 1980. "Keep Passing The Open Windows" est une réussite pop-rock addictive avec un refrain très réussi. L’album se clôt sur la délicate ballade acoustique "Is This The World We Created ? " qui dénonce les absurdités de notre monde. Autant dire qu’elle est malheureusement et tristement toujours d’actualité. Avec "The Works", Queen réalise un album quasi parfait et renoue avec le succès. Débutait alors un cycle d'albums qui allait s’imposer comme étant l’apogée artistique et commerciale du groupe dans les années à venir. À suivre…
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