Groupe formé à Barcelone en 2010, Ilvcia est un quintet qui nous délivre son premier album, In the Nature of Reason, annoncé comme porteur d'influences progressives et post-rock.
La première plage épique, The Safe, va effectivement confirmer le côté progressif de la musique de nos voisins pyrénéens (pour le post-rock, j'ai plus de mal …), avec un titre construit autour d'un thème récurrent accrocheur, décliné sous différentes formes, tantôt instrumentales, tantôt surmontées par le chant en solitaire ou en chœurs. Quelques passages instrumentaux et autres breaks viennent agrémenter le tout, tandis qu'un côté néo-progressif est apporté par quelques jolis soli de guitare.
Menu très alléchant pour l'entame d'un premier album, qui va se poursuivre sur la plage suivante. Et si quelques maladresses sont relevées de ci de là, notamment quelques soucis de respect de la mesure entre les intervenants, ce ne sont pas celles-ci qui viendront entacher le plaisir d'écoute de ces 20 premières minutes, mais plutôt une production carrément pourrie, et certaines sonorités de synthé dignes des claviers midi des années 80. Incompréhensible.
Et ces deux handicaps vont malheureusement continuer de dégrader la suite Baghdad, dont la première partie arabo-andalouse est gâchée par une darbouka mal mixée et un clavier Bontempi affligeant. Les deux autres parties révèlent quant à elle un caractère beaucoup plus symphonique, mais dont on peinera à discerner toutes les subtilités, tant le mixage vient écraser l'espace sonore et réduire à néant la moindre tentative de déchiffrage des différentes parties instrumentales. Les deux dernières plages sont malheureusement à l'aune de ce qui précède : de bonnes idées, une construction imaginative inspirée des seventies, mais une réalisation (incluant le chant peu inspiré) qui laisse vraiment à désirer, et qui au final laisse comme un goût d'inachevé dans les oreilles.
En conclusion (facile je le reconnais), paraphrasons la sentence que tout un chacun a vraisemblablement découverte un jour sur un bulletin trimestriel : élève doué, mais manque de soin. Peut et doit beaucoup mieux faire.