Orchid est une formation de San Francisco qui officie dans un registre doom/stoner/heavy très typé 70's et proche de Black Sabbath. En effet, les premières productions, un album en 2013, un live en 2014 et 3 EPs, ne laissent pas de place au doute quant à l'orientation musicale. La filiation avec le dinosaure anglais est évidente et assumée. Fidèle à son credo, Orchid se fend d'un nouvel EP de 4 titres sorti en juillet 2015.
Quatre titres, c'est un peu court. Surtout que la plupart ne surprendront que par leur ressemblance avec les 'War Pigs' ('Helicopters'), 'Planet Caravan' ('Strange Winds') ou 'Fayries Wear Boots' ('John The Tiger'). Riffs tout aussi accrocheurs, guitares accordées très bas pour un son doom/heavy si particulier, et production vintage collant à merveille à l'ambiance recherchée, sont autant de preuves qu'Orchid assume totalement ses influences en les respectant religieusement (presque trop). Jusque dans les arrangements de 'Strange Winds' avec la voix trafiquée et les percussions ne laissant aucun doute possible sur la volonté de faire revivre la musique et l'esprit du Sabb'.
Heureusement, les Californiens apportent un peu de personnalité dans leur musique. Ainsi la voix de Theo Mindell est puissante et éraillée. Ce ton écorché vif amène un peu d'authenticité à l'ensemble, tout comme les solos que Mark Thomas Baker distille avec dextérité en créant un plaisir d'écoute immédiat. Finalement, quelques titres auraient trouvé naturellement leur place sur le récent "13" de leurs illustres ainés car ils sont un peu plus authentiques et efficaces que les morceaux chantés l'an passé par un Ozzy volontaire mais vieillissant.
La (trop) grande proximité avec les heures de gloire du Sabb' ainsi que le format autorisent à s'interroger sur la pertinence d'une telle sortie. Pourtant le résultat musical est probant. Bien sûr l'impression de déjà entendu est quasi permanente, bien-sûr l'originalité n'est pas au rendez-vous, mais les titres sont efficaces et font secouer la tête et battre du pied. Quitte à faire du Black Sabbath, on aurait aimé encore un peu plus d'honnêteté avec une reprise au lieu de morceaux si proches des originaux. Mais les fans de riffs bien lourds et d'ambiances paramoïdes y trouveront leur compte. Orchid frôle le foutage de gueule mais s'en sort avec une énergie et une capacité à assumer qui forcent le respect.