Groupe créé sur la fin des années 90 et auteur de deux albums de rock progressif sous le patronyme d'Outside, le quintet strasbourgeois mené par Philippe Rau et Olivier Sapte nous revient complètement régénéré en 2016 avec un nouveau nom de baptême – Out5ide – et surtout une nouvelle production, "Naked", dont les 10 plages nous narrent les affres d'un homme confronté aux tourments de la société qui l'entoure à la suite d'une douloureuse séparation.
Pompeusement affublé de l'étiquette "d'enfant terrible du rock progressif", il faut bien avouer que la musique proposée sur "Naked" n'a plus grand-chose à voir avec la version initiale d'Outside. D'un rock progressif hérité des seventies, le groupe est passé à une version bien plus rock, contenant encore des éléments progressifs que l'on retrouve plus dans la construction des différents morceaux et leur évolution que dans des prouesses instrumentales et autres soli qui sont loin d'être des passages obligés dans ces différents morceaux.
Ce nouvel album commence par deux titres coup de poing, à grands coups de basse dynamique et de guitares percutantes. Des claviers aux sonorités new wave viennent adoucir le propos de 'In' qui pourrait sans problème prétendre à une diffusion radiophonique. La suite nous propose des morceaux aux couleurs sombres, sur des rythmiques mid-tempo et à la tension palpable, celle-ci montant petit à petit en puissance pour finir par exploser ('Lost', 'The Box', 'My Rage of Glory').
Alternant passages tout en retenue aux sonorités dominées par une guitare mélodique et séquences où le groupe lâche les chevaux de sa section rythmique et déchaîne les guitares, les différentes plages de l'album offrent une variété d'ambiances propre à satisfaire nombre d'auditeurs adeptes d'un rock qui évite de tourner en rond. Mais Out5ide sait également nous proposer des univers plus apaisés, avec par exemple la superbe ballade 'Ghost in the Night' à la mélodie enchanteresse, portée une nouvelle fois par une superbe section rythmique basse/batterie, parfaitement mise en contraste avec les synthés planants de Olivier Schaal. Quant à 'Merry-Go-Round', c'est carrément du côté de U2 (quelle basse !) que le groupe nous emmène sur toute la première moitié du titre.
En revanche, je mettrai pour ma part un bémol à tout l'enthousiasme exprimé jusqu'alors, par rapport à la performance au chant de Laurent Hantz. Doté d'une expressivité étonnante, et que l'on imagine captivante une fois sur les planches, force est de reconnaître que la justesse n'est pas (encore) son apanage. Et ceci est d'autant plus flagrant que nombre de refrains sont doublés, rendant l'effet encore plus terrible.
Malgré cela, "Naked" s'avère une galette prometteuse, et qui m'aura bien plus convaincu que le souvenir mitigé que je conservais de la première version du groupe. Cette nouvelle direction augure un futur prometteur.