Fidèle à leurs habitudes, les Suédois de Kaipa nous reviennent tous les deux ou trois ans avec un nouvel album sous le bras. Voilà donc le successeur de l’excellent "Sattyg" (2014), intitulé "Children of the Sounds". Un rapide coup d’œil sur le line up nous confirme la stabilité de l’effectif, inchangé depuis "Angling Feelings" (2007), allant même jusqu’à pérenniser dans son rôle d’invitée la violoniste Elin Rubinsztein.
S’il est une constante qui revient dans chaque chronique d’un nouveau disque de Kaipa, c’est cette constatation que le groupe reste attaché à son style de prédilection, les évolutions d’un album à l’autre étant marginales, voire totalement absentes. Force est de constater que c’est une nouvelle fois le cas avec ce "Children of the Sounds" qui ressemble comme deux gouttes d’eau à ses prédécesseurs.
Certains s’en féliciteront certainement. Pourquoi vouloir changer une recette qui fonctionne ? Néanmoins, cette totale absence de prise de risque peut aussi amener l’auditeur exigeant à se demander pourquoi acheter un album de plus quand il suffit de réécouter le précédent pour le même résultat. En mieux même car, et même si je suis conscient de la subjectivité de cette remarque, les compositions de "Sattyg" semblaient plus inspirées que celles de "Children of the Sounds".
Bien sûr, on retrouve tous les éléments qui ont assuré le succès du groupe : des musiques le plus souvent enlevées, très mélodieuses, une riche sonorité orchestrale, la complémentarité des voix masculines et féminines et de très nombreux solos de guitare. Quand toutes ces qualités se mettent au service de thèmes à la beauté évidente, l’auditeur passe un excellent moment. Malheureusement, aucun titre n’évite quelques longueurs et une certaine répétitivité, donnant l’impression de tourner en rond, la palme revenant au thème chanté de ‘Children of the Sounds’ et à l’ennuyeux ‘The Shadowy Sunlight’ que ne sauvent pas ses très belles introduction et conclusion interprétées par un violon vivaldien.
Les accalmies folk ou médiévales des disques précédents sont pratiquement absentes. Tout est joué tutti, forte et allegro, donnant une impression d’uniformité rapidement accompagnée d’une sensation de lassitude. Enfin quel dommage de posséder deux chanteurs des deux sexes et de ne jamais utiliser leurs voix autrement qu’à tour de rôle ou à l’unisson. Aucun contre-chant, aucun chœur, aucune réponse, Kaipa fait preuve d’une bien pauvre imagination en la matière.
Malgré tous ces défauts, l’album demeure plaisant à écouter, et c’est bien là la force de Kaipa. Mais juste plaisant. Dire qu’on en garde un souvenir émerveillé ou même qu’on ait envie de le réécouter serait exagéré. A réserver aux amateurs de néo-prog peu exigeants ou ne connaissant pas encore ce groupe.