Après l'effet de surprise du premier album et la superbe confirmation apportée par son successeur "The Final Breath Before November", il aura fallu patienter 6 années pour voir le duo formé par Eric Blackwood (ancien roadie de Steve Rothery) et Pete Trewavas publier le troisième véritable album d'Edison's Children, composé d'une unique pièce de 67 minutes divisée en 14 mouvements enchaînés, intitulée 'Washed Away'. Collant à l'actualité, "The Disturbance Fields" relate la lutte d'un être humain contre le courroux et les réactions de notre Terre face aux outrages que nous lui infligeons. Pour ce nouveau titre epic, le duo est complété par Rick Armstrong (fils d'un astronaute bien connu), et d'une batterie partagée entre le fidèle Henry Rogers (Mostly Autumn entre autres) et une certaine Lisa Wetton.
Ceux qui ne connaîtraient pas encore l'univers développé par le groupe vont très vite pénétrer dans un univers mêlant des effluves de Pink Floyd et Marillion, tendance symphonico-atmosphérique. Et quoi de plus brillant que le magnifique diptyque 'A Random Occurrence' / 'A Random Disturbance' pour illustrer tout cela ? La mélodie est juste incroyable, les claviers symphoniques en diable et la basse de Sir Trewavas ronronne de bonheur, parfaitement mixée à l'ensemble. Cerise sur le gâteau, quelques envolées de guitare solo façon Airbag viennent enjoliver encore un peu plus le propos.
Pourtant, loin de se contenter de ces superbes arabesques, Edisons's Children va nous emmener peu à peu vers des contrées plus sauvages, plus dépouillées, collant parfaitement en cela au thème de l'album. C'est par exemple 'Asphyxiation' qui, après une entame dénudée sur fond de basse très présente, développe une rythmique et des guitares agressives. C'est également 'Indigenous' dont les sonorités stridentes évoquent l'urgence du moment et nous éloigne quelque peu du symphonisme policé précédemment évoqué. Quant au titre 'Into the Dead Calm', nul doute que Roger Waters en apprécierait les atours sans modération. Mais chassez le naturel et il reviendra au galop : 'The Confluence' et ses rythmiques syncopées impaires nous renvoient tout droit vers le Marillion époque "Clutching at Straws", tandis que 'The Surge' synthétise l'ensemble des influences du duo fondateur.
Tout en restant fidèles à leurs origines et proches du style développé sur le précédent album, Eric Blackwood et Pete Trewavas apportent quelques nouveautés intéressantes sur "The Disturbance Fields", permettant ainsi de digérer d'une seule traite ce magnum opus malgré quelques longueurs. Rien de révolutionnaire dans tout cela, mais une pièce à prendre en considération aussi bien pour la beauté musicale qu'elle développe que dans le message ô combien important qu'elle tente de faire passer.