Worshipers est un groupe entre électro et metal à l’humeur punk qui propose des sonorités synthétiques prolongeant les études de genre de Yann Souetre alias Remain Silent, de The Prodigy, Daft Punk ou Rage Against The Machine. Le duo - Mak à la guitare, voix et divers objets synthétiques et Ghislain à la batterie - est héritier de la fin des années quatre-vingt-dix, lorsque les groupes testaient le coefficient d'élasticité des styles ou la porosité des barrières entre genres. “Like A Demon” est né de ce foisonnement, de cette collision de fin de millénaire, même si depuis beaucoup d’autres (tels Kevin Moore de Chroma Key) ont voulu pousser plus loin les métissages sonores.
Des sons synthétiques glacés brisent le silence tels des coups de scalpel sur la première piste. ’GO’ est digne de The Prodigy, toutefois la voix, contrairement à son modèle, semble fragile, même avec ses boucles rythmiques, hypnotiques et hallucinogènes intenses. ‘Like A Daemon’ propose une mélodie tissée de fils soyeux, une voix criarde, un rythme venu de chez Remain Silent et des sons synthétiques nés chez Daft Punk, intensifiés par la partie centrale digne de ‘Aerodynamic’ ; ‘System’ plus metal s’appuie sur un rythme trip-hop entêtant et hallucinatoire ; les sons de ‘Trouble’ rappellent Chroma Key alors que le flot vocal renvoie au rap. Ce titre déborde d’une énergie punk qui démontre que le groupe peut imposer sa propre patte.
Puis ‘Skin’ fleure la techno hardcore aux rythmes rapides et aux sons agressifs, alors que ‘Wait’ est baigné d’une ambiance sombre née de terreurs abyssales qui peuplent les nuits pétrifiées. Finalement ‘Bass GÅnter’ qui prend un chemin dansant peine à trouver sa voie dans la musique agressive et noire du groupe.
“Like A Demon” qui navigue entre deux eaux offre quelques instants sympathiques, mais peut-être est-il trop influencé par The Prodigy. Les instruments s’en donnent à cœur joie, même si le chant ne rend pas justice à la musique du groupe. La formation peine ainsi à s’extirper des années quatre-vingt-dix dont elle s’inspire si bien que cet album se révèle être un sympathique patchwork rythmé technoïde, manquant paradoxalement de variété.