Après un A Night at the Opera aussi ambitieux que génial, Blind Guardian ne pouvait aller plus loin en terme d’orchestrations et de chœurs grandiloquents, aussi ont-ils décidé pour leur nouvelle offrande de revenir à un style plus direct. A Twist in the Myth est donc très proche d’un Imagination From the Other Side par exemple, la modernité du son en plus.
Avec cet album, on a l’impression que Blind Guardian a voulu contenter tout le monde. Il y a donc des morceaux typiques du Guardien Aveugle, comme Otherland, This Will Never End ou encore Straight Through the Mirror, porteurs de la griffe du groupe, avec leurs refrains magnifiques et cette oscillation unique, partagée entre moments rageurs et accalmies. Ce dernier point est encore renforcé par la voix divine d’Hansi Kürsh, qui fait montre d’une variété de registres incroyable, doublée d’une tessiture de voix incomparable. Au fil des albums, que ce soit avec Blind Guardian ou Demons & Wizards, son side project, cet homme a prouvé qu’il fait désormais parti des plus grands chanteurs de heavy.
La singularité du combo repose aussi sur le jeu reconnaissable entre mille d’André Olbrich, qui arrive à insuffler une coloration médiévale à chacune de ses notes. Le batteur Frédérike Ehmke est quant à lui le petit nouveau de la bande, puisqu’il remplace l’excellent Thomas Stauch, parti former son propre groupe, la musique de BG devenant trop complexe à son goût (alors que ses anciens camarades effectuent justement avec A Twist in the Myth un retour à une musique plus directe, difficile à comprendre...). Toujours est-il que Frédérike ne démérite pas et propose une frappe aussi puissante et technique que son prédécesseur.
L’album comprend donc des compo’ dans la pure tradition du groupe, mais quelques surprises viennent ponctuer l’écoute de celui-ci. Ainsi, un morceau comme le très réussi "Another Stranger Me" surprend par son coté simple et accrocheur, ainsi que par ses paroles atypiques traitant de la schizophrénie. De même le single "Fly", pièce maîtresse du disque et un des meilleurs titres jamais écrit par nos bardes Allemands, ne cesse d’étonner, que ce soit par la douceur de son refrain exotique, en contraste total avec l’introduction, ou encore les couplets et autres ponts aux mélodies vocales majestueuses servies par un Hansi habité par ses paroles comme rarement. A noter que ce morceau est repris dans une veine plus sombre avec autant de brio sur le titre Dead Sound of Misery disponible sur la version digipack. Enfin, The New Order et Lionheart, moins évidents, expriment la facette progressive du groupe.
Seule la balade Carrie the Blessed Home, ersatz de The Maiden and the Minstrel Knight, semble assez peu inspirée, même si, encore une fois, Hansi délivre une prestation remarquable qui sauve le morceau.
Blind Guardian livre donc un superbe nouvel album qui devrait conquérir les néophytes et rappeler aux fans de la formation pourquoi ils aiment autant ce groupe.