Metalite est un quintette qui vient de Suède. Né en 2015 et auteur de deux albums depuis 2017, le combo soumet aujourd’hui aux hordes métalliques le troisième chérubin de la lignée avec ce "A Virtual World". Une triplette en quatre ans, le rythme est tout à fait louable. Les Suédois proposent depuis leurs débuts une sorte de synth-pop power metal mélodique, genre peut-être inconnu, mais auquel il va falloir s’habituer ! En effet, non seulement Metalite enfonce ici le clou avec férocité, mais en plus il semble envisageable que cette tendance stylistique du melting-pot vienne à s’étendre, telle une nappe de mazout, sur l’océan agité du metal.
L’album précédent avait vu l’arrivée d’une nouvelle chanteuse, cet opus présente la même équipe. Erica Ohlsson dispose d’atouts vocaux notables, tout en dégageant un charme indéniable - le metal mélodique à chanteuse connaît des normes qu’il semble difficile de ne pas respecter. Metalite s’assoit à la même table qu’Amaranthe, voix claire et grogneries masculines en moins, tendances vraiment poussées de synth-pop (limite techno parfois) en plus. Le tout est surboosté, blindé de claviers aux sonorités modernes, construit sur des rythmes rapides et puissants, et envahi de mélodies qui se veulent mémorisables et addictives immédiatement.
Metalite assume ses différences : elles guident l’album du premier au dernier titre. Aucune demi-mesure, tous les morceaux sont construits sur les mêmes bases, et dès le morceau éponyme d’ouverture la messe est dite. A ce stade, soit on avale sa gorgée de bière de travers en rayant rageusement son nom de la liste des groupes à écouter, soit on se fait avoir par l’énergie déployée et les mélopées hymniques, et fait comme un rat il faudra assumer d'apprécier le combo.
L’audace du concept est à louer, sortir des sentiers battus est en effet risqué. La technique des musiciens est également à noter, même si elle ne saute pas d’emblée aux oreilles. Tenir la distance sur l’entièreté de l’opus question énergie mérite quelques applaudissements. Quant à la recherche absolue de la mélodie qui tue, elle nécessite certainement un travail qui doit être félicité. S'il est difficile de sortir du lot un titre plutôt que l’autre, le titre éponyme, et les galvanisants 'Cloud Connected' et 'Talisman' représentent tout ce que Metalite peut vous proposer comme productions high level. A contrario, en ce qui concerne les sujets qui fâchent, évoquons la myriade d’effets électro inutiles et certains beats dignes d’Ibiza. Par ailleurs, l’efficacité des mélodies connaît parfois un coup de moins bien. Toutefois, ces morceaux moins attrayants sont en nombre inférieur.
Ceux qui parviennent à adhérer au concept et qui apprécient Amaranthe et Beast In Black, ou encore Within Temptation et Delain, devraient trouver un certain plaisir à parcourir cet album. Chacun se fera sa propre idée sur l’objet. Ce qui semble acquis toutefois, c’est qu’en rangeant quelques minutes son possible sectarisme au placard, il est largement possible de trouver à ce "A Virtual World" des atouts indéniables.