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"Avec "The Overview", Steven Wilson signe une odyssée cosmique ambitieuse, mêlant recherche musicale, émotion brute et réflexion existentielle, pour livrer son album le plus brillant depuis "Hand.Cannot.Erase"."
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Steven Wilson n’aime pas se répéter. Il l’a souvent dit et il l’a toujours prouvé dans sa carrière solo, quitte à laisser certains de ses nombreux fans dubitatifs quant à son évolution musicale. Si, à trop vouloir intellectualiser sa musique, il en a déçu plus d’un avec "The Harmony Codex", reconnaissons que l’album marquait un tournant après une période amorcée par "To The Bone", et perpétuée avec "The Future Bites", pendant laquelle il a couru désespérément après la reconnaissance du grand public. Une reconnaissance qu’il estimait, à juste titre, méritée, mais qui n’est jamais vraiment arrivée. Porté par une vie de famille maintenant stabilisée et par la sagesse due aux années qui passent, il a donc commencé à s’éloigner de cette ambition narcissique avec le lénifiant "The Harmony Codex", et il semble en avoir définitivement fait son deuil avec "The Overview".
Deux morceaux-fleuves, pas de single, un thème vertigineux sur l’immensité de l’univers et la place dérisoire que l’Humanité y occupe, ce nouvel album est une déclaration d’amour au concept-album, aux longues pièces épiques, et surtout à ce que la musique peut offrir quand elle ose encore prendre son temps. "The Overview" est une odyssée cosmique, fortement influencée par la vision de l’espace vertigineuse de Stanley Kubrick dans "2001, l’Odyssée de l’Espace".
Tout est parti d’un déjeuner. Une conversation anodine avec son ami Alex Milas (fondateur de Space Rocks) autour de l’astronomie et de la musique. Steven Wilson a été subjugué par sa découverte d’un phénomène fascinant : "l’effet de vue d’ensemble" ("The Overview"). Ce moment de révélation que vivent les astronautes lorsqu’ils contemplent la Terre depuis l’espace, réalisant soudain l’absurdité des préoccupations humaines face à l’harmonie silencieuse de l’univers. Mais l’album ne se contente pas de raconter cette révélation, il nous la fait vivre, avec, contre toute attente, une musique profondément organique et, à l’exception de certains brefs passages, très peu électronique, en tout cas beaucoup moins que ce qu’avait fait, sur le même thème, Jet Black Sea avec "The Overview Effect".
"The Overview" est un album pensé comme un voyage, pendant lequel l’auditeur assiste à une succession de scènes musicales parfaitement agencées et très cohérentes lorsqu’elles sont prises dans leur ensemble. Le premier titre ‘Objects Outlive Us’ de 23 minutes, nous accroche dès les premières secondes avec cette voix spectrale flottant dans le vide, ces nappes de synthé et ces cordes en apesanteur, avant qu’une succession de passages musicaux de haut vol et parfaitement composés nous entraine dans un périple totalement immersif. Sur des paroles ciselées d’Andy Partridge (XTC), Steven Wilson explore le contraste saisissant entre l’infiniment grand et l’infiniment trivial, entre l’insignifiance des choses qui nous obsèdent et la beauté froide du cosmos, illustrée notamment par un magnifique solo de guitare, tout en tension, de Randy McStine.
Le titre ‘The Overview’, de 18 minutes, prend, quant à lui, une autre direction musicale. Plus intimiste, plus contemplatif, il décrit l’immensité de l’espace, les galaxies, les trous noirs et les merveilles du cosmos, énumérées par Rotem Wilson (l’épouse de Steven) lors d’un passage rappelant d'anciens morceaux comme ‘Perfect Life’ ou ‘Staircase’. Les quelques incursions électroniques et les subtils arpèges de piano confèrent à ‘The Overview’ une beauté mélancolique, hypnotique, presque anxiogène, sublimée par le saxophone planant de Theo Travis qui tisse des paysages sonores d’une beauté glaciale. L’auditeur n’a plus alors qu’à se laisser dériver dans l’espace, seul, sans espoir de retour, en écoutant la magnifique coda instrumentale suspendue dans l’immensité du vide.
Avec "The Overview", Steven Wilson refuse toute forme de facilité et combine toutes ses appétences musicales, du rock atmosphérique au metal en passant par le post rock et bien sûr le rock progressif. Ce magnifique album est à écouter impérativement d’une traite. Il réclame du temps et du calme pour être apprécié, et accessoirement, comme toujours avec le Britannique, une bonne paire de casques. Mais le jeu en vaut cent fois la chandelle. Certains y entendront des clins d’œil appuyés à Pink Floyd, d’autres des réminiscences de "The Sky Moves Sideways" ou de "The Raven That Refused To Sing". Mais la vraie force de l’album, c’est qu’il ne ressemble qu’à du Steven Wilson, celui que nous avions un peu perdu depuis "To The Bone", et bon sang, ça fait du bien.
"The Overview" conjugue à merveille recherche musicale, émotion brute et réflexion existentielle, et évite l’écueil du prog prétentieux qui plombe souvent ce genre d’exercice. Steven Wilson ne signe pas seulement son album le plus brillant depuis "Hand.Cannot.Erase.", il livre une œuvre qui, dans quelques années, fera office de référence indiscutable dans sa discographie.
Plus d'information sur
https://stevenwilsonhq.com
LISTE DES PISTES:
01. Objects Outlive Us - 23:00 02. The Overview - 18:30
FORMATION:
Adam Holzman: Claviers Craig Blundell: Batterie Nick Beggs: Basse Randy Mcstine: Guitares Steven Wilson: Chant / Guitares / Claviers / Percussions Rotem Wilson: Chant / Invité
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(4) AVIS DES LECTEURS
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J'ai abordé cet album, je l'avoue, avec un quelques appréhensions suite aux différentes revues qui étaient assez hétérogènes.
Après plusieurs écoutes, je peux tout simplement dire que cet album est la finalité de 30 ans de carrière. Nous connaissons Steven Wilson comme étant un "caméléon", explorant inlassablement différents univers musicaux (plus ou moins bien apprécié et réussi avec par exemple avec "the future bites)".
Le défi était alors de taille : réussir à créer un album de rock progressif avec 2 morceaux pour une durée de 42 minutes ,tout en gardant une cohésion sur l'ensemble de l'oeuvre. Mais aussi répondre à une énorme attente comme toujours : pas le droit à l'erreur lorsque l'on a déjà frôlé avec l'excellence (comme avec "Hand. Cannot. Erase.").
La bonne nouvelle c'est que "The Overview" se démarque par sa capacité à alterner les différentes phases sans effet "patchwork" à travers les différents partie de l'album :
Sur le magnifiqe "Objects outlives us", on commence avec une intro très calme (qui reviendra en fin de morceau) qui s'accompagne d'un falsetto de Steven Wilson qui nous plonge directement dans le thème de l'album (l'espace & l'homme).
Arrive ensuite et des paroles prononcées sans arrêt par Steven, qui rythmeront ce 1er acte de l'album. Ce qui m'a directement marqué c'est la progression de cette partie avec un rythme qui se fait de plus en plus soutenu, mené d'une main de maître par la batteur Russell Holzman (fils du claviériste Adam Holzman) qui mène le morceau sur plusieurs phases jusqu'à "meanwhile". Cette partie évolue de façon plutôt linéaire mettant en avant le contraste de nos vies de tout le jours avec l'infiniment grand jusqu'à un "climax" : l'implosion d'un trou noir.
Après un bref moment de calme, tout s'enchaîne à un rythme toujours plus effrené, mené par une évolution de couche d'instruments qui explosent ensembles dans un magnifique final. Tout reprend rapidement sans qu'on ait le temps de souffler : Des notes "électriques" et une distortion bien amenée, maitrisée par une guitare déchirant les standard musicaux. Cela permet de déployer une toute autre facette de l'espace : un endroit démesuré et incrompréhensible pour nous, humains. Mais Steven vient nous rassurer et nous réconforter en reprenant sa magnifique intro "I incline myself to space" qui évolue vers un des meilleurs solos de ce XXIème siècle (et s'il on en croit la distortion finale et le film, la fin de l'univers), mené par Randy McStine.
La deuxième chanson de l'album, "The Overview", commence par une section trippante avec un synthé accompagné de différentes couches de sonorités électroniques. Vient ensuite l'ajout d'une voix féminine énumérant différentes planètes de notre univers, toujours de plus en plus grandes.
Et alors là, je tiens à féliciter Steven pour avoir trouvé cette magnifique mélodie (a beautiful infinity) qui est clairement l'une des plus "efficace" qu'il ait jamais réalisé. On voit clairement que ce qu'il a fait avec ses albums plus "pop" ces dernières années lui a donné de nouvelles idées. En plus de rester dans la tête, les paroles nous permettent de se plonger dans sa perspective et de planer dans l'espace avec lui.
Vient ensuite pour moi le "highlight" de l'album : le choc entre le rock progressif (de Steven bien sûr) et ses idées à consonance électronique (expérimenté dans "the futur bites" & "The harmony codex") qui donnent place à un final triomphant, élevé par le jeu au clavier (Steven ou Adam Holzman) et à la batterie de Craig Blundel, qui réussit à switcher entre le "pop rock" de la partie précédente et le final avec une précision et un feeling déconcertant (grace à son jeu de caisse claire / charley).
Après cette explosion de sonorités rock et electro, l'albumse fini par une partie "ambient" très calme accompagnée par un saxophone, nous laissant seul dans l'espace.
Merci monsieur Steven Wilson pour cet album.
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Il est toujours compliqué de donner un avis "à chaud" sur un album constitué de deux longues pistes comme c’est le cas avec "The Overview". L’expérience prouve qu’il faut un nécessaire temps de gestation issu d’un nombre appréciable d’écoutes avant de se forger une opinion définitive. La première fois que j’ai entendu "Still Life" de Van der Graaf Generator, je me suis demandé qui pouvait apprécier cet album apparemment sans queue ni tête, aux lignes mélodiques insaisissables, au chant passant d’un pianissimo à peine audible à des hurlements de dément. 50 ans et des centaines d’écoutes plus tard, c’est probablement l’album que j’emporterais sur une île déserte si je ne devais n’en emmener qu’un.
Mais l’album portait en lui les germes qui m’ont incité à le remettre sur ma platine jusqu’à ce que sa musique m’apprivoise avant de me fasciner définitivement. Je ne suis pas certain que "The Overview" dégage le même pouvoir d’attraction. C’est pourtant un album aux nombreuses qualités. Déjà, il revient aux fondements du progressif, non seulement par la longueur des titres (ce qui en soi ne suffit pas à faire du progressif), mais aussi par des changements fréquents de thèmes, de tempos, de nuances, le tout fait avec une certaine fluidité. Certains passages évoquent Pink Floyd, période coincée entre "A Saucerful of Secrets" et "The Dark Side of the Moon", la meilleure à mon avis. La production est limpide, l’exécution impeccable, comme toujours avec les disques de Steven Wilson. On ressent aussi une certaine sincérité dans le propos ou, s’il y a un quelconque calcul pour plaire, celui-ci est suffisamment bien dissimulé pour ne pas être perceptible.
Mais, malgré toutes ces qualités qui sont la somme d’un travail respectable et qui rendent l’écoute agréable, il me manque ce supplément d’âme qui me met les sens en éveil, me disant que j’écoute un album qui sort des sentiers battus. Je trouve "The Overview" trop froid, et par certains aspects trop prévisible, pour être réellement séduit. Steven Wilson a fait du beau travail mais qui ne me touche pas. Question de feeling, probablement. D’autres y prendront certainement plus de plaisir.
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Cela fait déjà deux albums que Wilson nous fait du grand n'importe quoi. A vouloir se renouveler à chaque fois,on arrive à rien. Où sont les bons album d'y a 10 ans avec des instruments, cohérents. Là 41mn, c'est un peu court, de sons incolores et absence de mélodie. Passez votre chemin et retournez écoutez The Raven That Refused To Sing
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Voir les 4 avis des lecteurs
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(6) COMMENTAIRE(S)
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Et pour enfoncer le clou : charts du SNEP semaine du 21 mars 2025 en France - albums rock et metal : 1er, Steven Wilson - albums tous genres confondus : 21è, Steven Wilson
Et son passage sur France Inter en début de soirée avec 1H dédiée à son nouvel album n'y est sans doute pas étranger.
Pas certain que beaucoup de rock progressifs soient capables d'une telle performance dans notre beau pays.
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Je crois que certains devraient peser leurs mots avant de dire que Mr Steven Wilson fait du grand n'importe quoi , mais plutôt dire qu'il n'est pas donné à tout le monde ,d'accéder à la merveilleuse complexité de ce dernier fabuleux album... cet artiste arrive par le pouvoir de sa musique et grâce à la qualité des musiciens qui l'entourent nous faire voyager et vivre l'œuvre dans son ensemble... chaque partie de cet album est transcendante, et oui, c'est un aboutissement artistique que nous offre là Steven...à ne surtout pas manquer si vous prenez le temps de l'écouter attentivement... sinon retournez à vos albums de Coldplay.
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Un disque, finalement, ça s'écoute plusieurs fois avant de ramener sa fraise et pourtant c'est pas connerie que j'ai faite (comme d'autres hein ?). Il m'a fallu trois écoutes et la lecture d'une belle interview de Steven WILSON dans RollingStone pour un peu plus apprécier et comprendre son "Overview". D'abord, bingo, Steven WILSON lui même site "The Dark Side Of The Moon" du Floyd dans cette interview et aussi Genesis. J'aime les musiciens honnêtes et s'en est donc un. C'est déjà beaucoup. Finalement, après trois écoutes attentives, je me dis que c'est presque avec trop de modestie qu'il a abordé son œuvre. Ce disque est beau mais manque u brin d'ambition, comme s'il ne voulait pas abîmer ses prédécesseurs. C'est dommage, c'est tout. Mais son effort est louable et il faut tout de même l'en féliciter.
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D'abord pour qu'il n'y ait aucune ambiguïté, j'aime bien Steven WILSON que j'ai vu sur scène et je n'ai jamais aimé PORCUPINE TREE. A l'écoute de ces deux longues plages qu'on qualifie de Progressive Rock, je reste très déçu. D'abord ce n'est pas du Rock Progressif mais de la Pop Music comme on la qualifiait dans les 70's. Je m'attendais à être transporté dans les hautes sphères de ce type de musique. Et malheureusement j'ai écouté gentiment sans réel déplaisir mais en restant les deux pieds au sol. Le problème avec ce genre d'album c'est que tout a été dit il y a... 52 ans ! Et oui avec "The Dark Side Of The Moon" ! En 1971 à 14 ans j'ai écouté "Meddle" et j'avais la sensation de ne rien avoir entendu de si beau. En 1973, à 16 ans, j'écoutais plusieurs fois par semaine, religieusement et dans le noir total, "Dark Side Of The Moon" et je savais que j'étais en présence d'un chef d'œuvre, En 1975, à 18 ans, j'ai compris, en écoutant "Wish You Were Here", que même si ça n'était pas le chef d'œuvre du précédent opus, plus rien de mieux ne serait fait dans ce type de musique pas même par Pink Floyd. Steven WILSON devrait moins réfléchir à comment se hisser au niveau de ses grandioses ainés mais plutôt se laisser aller à plus de spontanéité. Allez Steven... continue ton chemin, je t'accompagnerai avec mes oreilles sans regret mais avec lucidité.
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Je viens d'écouter le nouvel album de Steven Wilson, The Overview et je suis exactement du même avis que CALGEPO. C'est un album très décevant quand on connait le potentiel de Steven Wilson et la qualité du travail qu'il fait sur la restauration du patrimoine musical Progressif
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LECTEURS:
3.8/5 (14 avis)
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STAFF:
3.8/5 (4 avis)
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