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"Torturé et cérébral, "Existentialismus" se positionne parmi les albums qui marqueront le black metal en 2025."
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4/5
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Abduction, qu’il ne faut surtout pas confondre avec son homonyme français chantre d’un art noir atmosphérique, nous vient de la perfide Albion. Une seule âme torturée l’anime, le visage toujours camouflé, l’identité planquée derrière un énigmatique pseudonyme (A | V). Il s’agit là aussi de black metal mais plus dissonant sinon labyrinthique et ruisselant une froideur de boyaux humides creusant les entrailles urbaines.
Remarqué en 2019 grâce à "All Pain Is Penance", qui était son déjà troisième méfait (sans compter l'EP "Respiratory Prison"), publié par le très underground Infernal Profundus Records, le bonhomme a logiquement vu son travail récompensé en signant chez le puissant Candlelight. Un quatrième album plus tard ("Black Blood"), "Existentialismus" fait plus que confirmer le potentiel de ce one-man band, il le propulse très nettement parmi les saigneurs du genre.
Son titre comme son visuel semblent annoncer une offrande plus élaborée sinon cérébrale que le tout-venant du black metal (à raison). Ce qui ne signifie absolument pas qu’elle se vautre dans les atmosphères (pourtant aussi sombres que riches) au détriment de l’agressivité. En ouverture, fort de riffs tranchants et de blasts dignes d’un Panzer durant l’invasion de la Pologne, ‘A Legacy Of Sores’ ne fait par exemple pas tellement dans la dentelle.
Mais toujours, le musicien sait briser la violence bas du front en plongeant dans un abîme insondable ou en inoculant un venin mortifère qui loin d’en assécher la sève malsaine enténèbrent l’ensemble d’un suaire aussi oppressant qu’apocalyptique. Le caractère torrentiel de compositions à l’architecture souvent étirée, accouplé à un chant qui résonne comme des psalmodies rituelles et des guitares grésillantes participent de cette expression accidentée et néanmoins entêtante, à l’image d'un ‘Pyramidia Liberi’ aux allures de dédale aussi maladif que sinueux et plus encore du lancinant ‘Truth Is A Sharp A Sword As Vengeance’ cisaillé de mélodies obsédantes.
L’unique maître des lieux impressionne par sa maîtrise technique et sa science du canevas complexe qui lui dictent une partition plurielle que ne renierait pas le Opeth période "Blackwater Park" (la meilleure), témoin le terminal ‘Vomiting At Baaklbek’ dont les onze minutes au compteur l’entraînent sur un Golgotha d’émotions furieuses et désespérées, auquel rien ne peut succéder sinon un paysage de désolation et de cendres. Questionnant l’avenir de nos sociétés et d’une humanité rongée par tous les maux, l’œuvre puise dans ce black metal à tiroirs le décor funèbre d’une inexorable noirceur.
En 45 petites minutes pour six plaintes torturées et impétueuses comme un bloc tendu et indivisible, Abduction balaye une vaste étendue sonore aux sillons multiples avec une maestria effrontée et ce faisant, positionne sans aucun doute possible "Existentialismus" parmi les albums qui marqueront le black metal en 2025.
Plus d'information sur
https://abduction616.bandcamp.com/album/existentialismus
LISTE DES PISTES:
01. A Legacy of Sores 02. Pyramidia Liberi 03. Truth is as Sharp a Sword as Vengeance 04. Blau ist die Farbe de Ewigkeit 05. Razors of Occam 06. Vomiting At Baalbek
FORMATION:
François Blanc: Chant Guillaume Fleury: Guitares Mathieu Taverne: Basse Morgan Vely: Batterie
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