|
|
|
|
"Est-ce dans les vieux pots que l'on fait les meilleures soupes ? Avec "Curious Ruminant", Jethro Tull retrouve une nouvelle jeunesse et ne fait en aucun cas mentir l'adage."
|
4/5
|
|
|
"I'm very far from wanting to retire". Cette citation de Ian Anderson, 78 ans au compteur, porte en elle tout le renouveau de Jethro Tull, entamé avec "The Zealot Genre" en 2022, clôturant un silence assourdissant de plus de deux décennies, et entamant un cycle de parution frénétique de la nouvelle bande au flûtiste unijambiste, dont "Curious Ruminant" est déjà la troisième parution en 30 mois.
L'ouverture proposée par 'Puppet and the Puppet Master' nous entraîne immédiatement vers le meilleur du groupe avec un titre folk-prog empli de ruptures rythmiques, mettant d'emblée en évidence l'extrême technicité des musiciens, où la flûte très mélodique prend le lead, soutenue par un tricotage de guitare de toute beauté en arrière-plan. Celle-ci retrouve d'ailleurs une place de tout premier plan tout au long de l'album, avec de nombreuses parties au cours desquelles Jack Clarke peut exprimer tout son talent, comme si la page Martin Barre était enfin tournée. 'Curious Ruminant' va ensuite enfoncer le clou, sonnant le retour du grand Jethro Tull, ce morceau s'inscrivant dans la meilleure des traditions du groupe époque 1970's. Thèmes variés, soli multiples, changements d'ambiance et de rythmique, cette plage respire le progressif par toutes ses pores et devient rapidement addictive.
Après une telle claque, les autres plages ne baissent guère de niveau et le regard du progueux traditionnel va vite être attiré par les 16 minutes au compteur annoncées pour 'Drink from the Same Well'. Ce morceau a priori de bravoure permet au groupe d'offrir de nombreuses parties instrumentales à ses différents protagonistes, et plus particulièrement permettre à Ian Anderson de prouver (s'il en était encore besoin) qu'il est un flûtiste incomparable. Néanmoins, la plage finit par tirer un peu en longueur dans sa deuxième partie, le soufflé ne parvenant jamais vraiment à atteindre le point culminant que le dialogue flûtes/claviers annonce dans toute la première moitié, et que le chant peu intéressant finit de ternir quelque peu.
Alors certes, la voix du capitaine ne s'exprime plus dans les aigus et, un peu comme Franck Bornemann sur les dernières productions d'Eloy, Ian Anderson reste cantonné dans un registre grave et peu étendu, allant même jusqu'à user de spoken words dans le très dispensable 'Interim Sleep'. Néanmoins, cela n'altère en rien le plaisir d'écoute des mélodies soignées et moins torturées qu'elles ne le furent par le passé, de même que les orchestrations magnifiques qui donnent une couleur à la fois ancienne et moderne au propos du groupe, l'intégration récurrente de l'accordéon renforçant encore un peu plus le contraste folk/rock.
Est-ce dans les vieux pots que l'on fait les meilleures soupes ? Avec "Curious Ruminant", Jethro Tull retrouve une nouvelle jeunesse et ne fait en aucun cas mentir l'adage.
Plus d'information sur
https://www.facebook.com/officialjethrotull
LISTE DES PISTES:
01. Puppet And The Puppet Master - 4:04 02. Curious Ruminant - 6:00 03. Dunsinane Hill - 4:17 04. The Tipu House - 3:31 05. Savannah of Paddington Green - 3:13 06. Stygian Hand - 4:16 07. Over Jerusalem - 5:55 08. Drink From The Same Well 16:42 09. Interim Sleep - 2:33
FORMATION:
David Goodier: Basse Ian Anderson: Chant / Guitares / Flûte Traversière / Flûte Irlandaise, Mandoline Jack Clark: Guitares John O'hara: Claviers / Accordéon Scott Hammond: Batterie Andrew Giddings: Claviers / Invité / Piano, Accordéon James Duncan: Batterie / Invité / Cajón, Percussion
|
|
|
|
(2) AVIS DES LECTEURS
|
|
|
|
|
|
|
"Jamais deux sans trois" dit le proverbe. Après "The Zealot Gene" et "Rökflöte", Jethro Tull nous revient avec "Curious Ruminant" qui contient peu ou prou les mêmes qualités... et les mêmes défauts que ses ainés.
Au premier rang de ceux-ci, comment ne pas remarquer la triste prestation vocale de Ian Anderson ? Celui-ci chantonne plus qu'il ne chante vraiment, quand il ne se contente pas de parler, énonçant des phrases courtes en mezza voce. Autant d'artifices pour masquer ses manques de coffre et de souffle, le temps ayant fait ses ravages.
C'est d'autant plus dommage que, côté inspiration, Ian Anderson démontre qu'il reste capable d'aligner de bonnes idées. Les deux titres qui ouvrent l'album, 'Puppet and the Puppet Master' et 'Curious Ruminant', sont de belles compositions tulliennes. Si le chant de Ian Anderson ne dessert pas le premier titre, il manque sérieusement de l'ampleur que le second aurait nécessité pour réellement décoller. 'The Tipu House' peut assurément se voir décerner le prix du meilleur titre de l'album, Ian Anderson retrouvant pour un court moment le ton ironique et la flûte guerrière qui sont les marqueurs de Jethro Tull.
Malheureusement, après ce début prometteur, la suite s'étiole peu à peu. 'Savannah of Paddington Green', 'Stygian Hand' et 'Over Jerusalem' ne retrouvent pas la fraicheur des premiers titres et, sans être réellement mauvais, sont simplement quelconques. Arrive alors le "morceau de bravoure" comme le dit si bien TonyB, 'Drink from the Same Well' qui effectivement avec ses 16'42 annoncées ne peut manquer d'éveiller l'intérêt de tout proggueux qui se respecte. Las ! Le titre prouve qu'il ne suffit pas de faire long pour être étiqueté "progressif" et se résume à un long récital de flûte dépourvu de ses attributs tulliens. Ian Anderson se fait plaisir en nous démontrant ses qualités de flûtiste dans une version assez sage et presque classique, pas désagréable mais qui aurait dû se restreindre à 3 minutes pour éviter à l'auditeur de sombrer dans l'ennui. Ennui prolongé par le bien peu passionnant monologue de 'Interim Sleep'.
Si le 2 que j'attribue à l'album peut paraître dur, rappelons qu'il ne s'agit nullement d'une note mais de la traduction numérique de l'appréciation "peut mieux faire" dans la sémantique de Music Waves. Et s'il est certain que Jethro Tull a mieux fait par le passé, je ne suis pas sûr qu'il puisse mieux faire à l'avenir, Ian Anderson ayant peu de chances de retrouver ses capacités vocales d'antan. Seuls les fans purs et durs de Jethro Tull pourront trouver de quoi satisfaire leur besoin de découvrir de nouveaux titres de leur groupe préféré. Pour les nostalgiques des années 70, je ne saurais trop leur conseiller de plutôt porter leurs oreilles sur les récentes productions de l'homonyme du leader de Jethro Tull, Jon Anderson, qui prouve que le temps n'a sur lui aucune emprise. Son live, "Perpetual Change", peut aisément passer pour le petit frère de l'admirable "Yessongs" à 52 ans d'intervalle. Un exploit ! Quant aux autres, ils trouveront sans peine bien d'autres albums plus dignes d'intérêt dans l'abondante production contemporaine.
|
|
|
|
|
J'ai découvert ce groupe génial avec Minstrel in thé gallery, puis avec frénésie les innombrables chefs d'oeuvre qu'ils ont réalisé, surtout ce grand génie Ian. C'était il y a 50 ans et oui..ça ne me rajeunit pas.
Il a peu de mauvais albums...presque tous méritent attention.
Et ce qui étonnant c'est ce dernier opus qui est une petite perle.
Merci Mr Anderson 🙏
|
|
|
|
|
|
Haut de page
|
|
|
(0) COMMENTAIRE(S)
|
|
|
|
|
|
|
LECTEURS:
5/5 (1 avis)
|
STAFF:
3.3/5 (3 avis)
|
|
|
|
|
|
EN RELATION AVEC JETHRO TULL
|
|
|
|
|
DERNIERE INTERVIEW
IAN ANDERSON (11 MAI 2015)
|
Music Waves est allé à la rencontre de Ian Anderson avant son concert à l'Olympia pour parler de son dernier album solo "Homo Erraticus" et livrer un scoop à la fin de ce passionnant entretien !
|
|
|
|
|
|
AUTRES CHRONIQUES
|
|
|
|
ECOUTE EN STREAMING
|
|
|
|
AUTRE(S) CHRONIQUES CONCERNANT JETHRO TULL
|
|