Biohazard est un groupe de référence de la scène hardcore, héritier du punk, mêlant metal et rap. Même si le line-up a varié, l’équipe est restée soudée autour du noyau original, livrant une musique toujours intense et bourrée de rage. Après vingt-cinq ans de bons et loyaux services, le groupe s’est octroyé une pause de quatre ans à l’issue de laquelle Evan Seinfeld, Billy Graziadei, Danny Schuler et Bobby Hambel ont décidé de se réunir pour livrer un “Reborn in Defiance” honnête, mais relativement cadré et prévisible. Une décennie après, Biohazard revient avec “Divided We Fall”... simple ronronnement ou explosion nucléaire ?
Les chansons de “Divided We Fall” sont exécutées avec le savoir-faire et l’expérience accumulée au fil des années, mais avec peut-être avec moins de spontanéité, laissant ainsi l’impression que certains passages sont obligés pour contenter les fans. La force du disque est d’envelopper sa musique d’un esprit punk, d'une révolte presque thrash (‘Fuck the System’) qui rappelle parfois Anthrax (‘Fight To Be Free’), d'un esprit quasiment adolescent. Il n'y a pas de réelle surprise mais aucune fausse note, Biohazard caressant le fan dans le sens du poil en suivant le chemin tracé par ses productions passées, sans injecter trop de modernité ou de passages hip hop.
Le travail rythmique est superbe, plein de variations et de groove (‘Tear Down the Walls’), la batterie apparaissant comme le point fort du disque. Les rythmes sont assez variés et veulent proposer plus que les simples métriques carrés typiques du punk. L'album questionne sur des sujets de société - les chansons sont les moteurs d'une révolte qui pousse autant au soulèvement qu’à la réflexion. Les titres courts et rapides dépassent rarement cinq minutes, sans excès ni emphase. “Divided We Fall” propose tout ce à quoi on doit s’attendre pour valider l’étiquette hardcore : production impeccable, son lourd, riffs puissants et simples basés sur des power chords (‘Forsaken’), chant âpre à la diction rap, batterie trépidante et quelques guitares solitaires intéressantes.
Cet album coche toutes les cases de l’ouvrage de hardcore classique pour un résultat teinté de metal et de rap. Il réjouira les adorateurs de puissance, mais décevra les amateurs de modernité, de chemins de traverse ou ceux qui veulent un album de “hardcore plus plus”. A découvrir, sans en attendre un réel bouleversement ou une vraie révélation.