Né de la rencontre de trois musiciens australiens expérimentés, Ambient Den réunit Ben Craven (guitare) connu notamment pour son album "Great And Terrefic Potions" , Tim Bennetts (claviers, Seven Day Mask, SUB INC) et Dean Povey (batterie, ex-Frankenfido). Tous partagent une même envie : proposer un rock progressif mélodique, fluide et accessible, centré sur la sensation de voyage et la mise en valeur des atmosphères. Ce premier album éponyme s’inscrit clairement dans cette démarche, avec une production ample et précise, pensée pour installer l’auditeur dans un univers enveloppant, cohérent et rassurant.
Dès les premières minutes, la guitare de Ben Craven s’impose comme fil conducteur. Son jeu, très chantant, trace des lignes mélodiques immédiatement mémorisables, servant de point d’ancrage à une écoute qui se déroule sur des tempos mesurés. Les morceaux avancent sans heurt, privilégiant la respiration des arrangements et cette impression de continuité qui donne le sentiment d’un disque pensé comme un seul mouvement. L’alternance entre titres chantés (souvent en harmonie vocale) et instrumentaux renforce encore cette fluidité, installant une dynamique naturelle et évitant toute sensation de monotonie.
L’ombre de Pink Floyd est omniprésente, mais elle penche clairement du côté du Gilmour mélodique plutôt que des constructions plus conceptuelles ou narratives de Waters. Cette filiation se ressent dans le soin porté aux solos, dans l’importance accordée aux textures et dans cette manière de laisser les thèmes s’installer progressivement. On pense parfois aussi au groupe suisse Cosmos ou dans une moindre mesure à Sound Of Contact, notamment dans cette façon de faire cohabiter passages instrumentaux immersifs et chansons plus structurées ('For All Mankind'), sans jamais rompre l’équilibre général de l’album.
‘Provenance’ s’impose comme l’un des moments les plus touchants du disque, avec sa guitare fragile et son piano délicat qui dialoguent dans une atmosphère suspendue. À l’opposé, ‘Terraforming’ déploie sur seize minutes une lente montée en puissance, jouant sur la répétition, l’accumulation et de subtiles variations pour faire évoluer ses thèmes. Le morceau résume à lui seul la philosophie du groupe : prendre son temps, construire des climats, et privilégier la progression à l’effet immédiat.
Si l’album séduit par sa cohérence, son confort d’écoute et la qualité de son écriture, il laisse aussi une légère impression de retenue. Ambient Den évolue le plus souvent dans une zone de confort très floydienne, privilégiant la ligne claire, la mélodie et l’atmosphère au détriment de véritables prises de risques. On aurait parfois aimé le voir bousculer davantage ses structures, durcir le ton ou explorer des territoires moins balisés comme il le fait dans le funky 'Future History part 2'. Reste un premier disque très plaisant, porté par un vrai sens du détail et une maîtrise évidente de la forme, qui pose des bases solides. Plus qu’un aboutissement, ce "Ambient Den" ressemble à une promesse : celle d’un groupe qui a clairement les moyens d’élargir son horizon et dont on attend désormais qu’il ose franchir un nouveau palier.