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""Setting Fire To The Sky" confirme Urne parmi les architectes les plus vigoureux d‘un thrash moderne, agressif et progressif."
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Les étiquettes, c’est idiot. Ca gratte et puis surtout, ça veut vous enfermer dans une case, vous assigner à un genre bien défini dont vous êtes priés de ne pas chercher à vous en affranchir. Urne est dans ce cas. Non pas que les styles qui lui ont été accolés depuis dix ans n’étaient alors pas pertinents mais il en change tellement que vouloir catégoriser sa musique tient de la mission périlleuse. Car les Anglais, forts d’une inspiration dévorante et d’une identité mouvante, évoluent. Plutôt doom / sludge au début ("Serpent & Spirit"), glissant ensuite vers le metalcore - gros mot s’il en est - sur "A Feast On Sorrow", flirtant désormais avec un metal progressif énervé, le trio converse cependant toujours une accroche puissante et technique, sans se départir d’une fluidité, d’une clarté même, qui rend sa musique miraculeusement digeste.
En cela, son évolution rappelle un peu celle de Mastodon auquel Urne est fréquemment comparé. À raison. Il y a d’ailleurs beaucoup du groupe Américain sur "Setting Fire To The Sky". Ne serait-ce déjà parce que Troy Sanders apparaît au chant sur ‘Haken The Waves’. Long de plus de neuf minutes, il s’agit évidemment du titre le plus évolutif du lot, épopée tout en progression qui escalade un relief monumental aux multiples chemins, aux nombreuses faces mais que voile une ambiance noire et désespérée.
On tient là une caractéristique principale et appréciée des Britanniques qui jamais ne sacrifient l’émotion sur l’autel d’une virtuosité et d’une complexité pourtant affolantes. Point final beau comme un chat qui dort en boule, le paisible ‘Breathe’ en témoigne, respiration acoustique que hante le violoncelle de Jo Quail (dont nous ne saurions trop vous inviter à découvrir le travail).
Certains argueront peut-être que Joe Nally et ses compères ont trop cédé aux mélodies au détriment de la force bourrue. Outre le fait que ce polissage, incontestable, ne grève en rien l’efficacité du propos, ‘Be Not Dismayed’, que des growls épais hachurent, illustre par exemple que ce n’est tout à fait le cas. Fidèle à un maillage ultra dense, Urne envoie toujours le petit bois (‘Setting Fire To The Sky’), voix hurlée et râpeuse, rythmique tentaculaire et riffs façon rouleau compresseur (‘The Spirit Alive’). Mais il a le bon goût d’aérer davantage ses compositions élaborées comme une tectonique des plaques, pesantes et sophistiquées tous ensemble. Chant clair et éruption de guitares lumineuses, comme sur ‘Weeping To the World’, sans aucun doute le morceau le plus révélateur de ce qu’est Urne aujourd’hui, jaillissent ainsi de ce substrat savant et touffu qu’ils éclairent, trouée incendiaire dans un ciel chargé de nuages.
"Setting Fire To The Sky" confirme Urne parmi les architectes les plus vigoureux d‘un thrash moderne, agressif et progressif. Ce qui lui ouvre des perspectives immenses pour la suite...
Plus d'information sur
https://www.facebook.com/urneband
LISTE DES PISTES:
01. Be Not Dismayed 02. Weeping To The World 03. The Spirit, Alive 04. Setting Fire To The Sky 05. The Ancient Horizon 06. Towards The Harmony Hall 07. Harken The Waves 08. Breathe 09. Nocturnal Forms
FORMATION:
Angus Neyra: Guitares James Cook: Batterie Joe Nally: Chant / Basse Jo Quail: Invité / Violoncelle Troy Sanders: Basse / Invité
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