Quatrième album des Finlandais de Temple Balls, ce nouvel opus paraît dans
un contexte douloureux : le décès du guitariste Niko
Vuorela après trois ans de lutte
contre le cancer. Illustrée d’une pochette toute en simplicité où
le quintette apparaît dans son entièreté, cette œuvre éponyme
semble devoir être un hommage au compagnon trop tôt disparu.
Musicalement,
le groupe réalise un grand écart entre hard mélodique suédois et
sleaze américain, avec Jona
Tee -le clavier de H.E.A.T.- à la production. Celle-ci a le mérite de rendre hommage au punch
des Finlandais.
Les ingrédients habituels sont bien entendu au rendez-vous :
refrains fédérateurs, guitares massives, et section rythmique
tonitruante. Tout est pensé pour formater chaque chanson
tel
un hymne. Les affinités
avec Eclipse,
Reckless Love, Mötley Crüe et Crashdiet sont évidentes,
avec parfois une touche glam à la Crazy
Lixx/Steel
Panther.
Autant
dire que l’esprit est à la fête, et que l’ambiance est par
nature provocatrice
et délurée.
La
voix médium-aiguë d’Arde Teronen n’est pas sans évoquer
parfois
Nils
Molin
de Dynazty.
Le frontman chatoie d’une énergie communicative comme sur 'Soul
Survivor' et ses
chœurs fédérateurs dans l’esprit de Kissin'
Dynamite.
Les premiers accords de 'Tokyo Love' invoquent
quant à eux
curieusement Iron Maiden. Le titre injecte un mélange débridé de
hard rock et de heavy metal,
avec un solo flamboyant digne d’Akira
Takasaki
de Loudness. 'Stronger Than Fire' est
porté
par des harmonies à la Def
Leppard,
tandis que
le morceau 'Hellbound' accélère avec une intensité évoquant un croisement entre Judas
Priest
et Accept. 'The Path Within' développe
certains
accents proches de Dokken,
et 'We
Are The Night' propose
un étonnant mais
bienvenu
solo
de saxophone.
Les
onze plages,
d’un
format direct et percutant, sont taillées
pour la
scène.
Temple Balls ne révolutionne pas le genre, et
l’auditeur peut avoir l’impression
d’une certaine redondance d’un morceau à l’autre. Mais la conviction et cette envie de percuter
constamment méritent d’être louée. Elles compensent une
linéarité dont le
groupe devrait
tout de même à
l’avenir se
détacher quelque peu s’il
ne veut pas tourner en rond et finir
par lasser.