Depuis
2022, le début d’année était jusqu'à récemment synonyme d’une nouvelle production d’Autumn’s Child. Mais
Mikael
Erlandsson nous
a fait faux bond en 2025, rendant ses aficionados encore plus avides
de la sortie de ce sixième opus du
groupe du Suédois, leader également d’un
Last Autumn’s Dream silencieux
depuis désormais
huit
ans. "Melody Lane" va donc tenter de rattraper le temps perdu avec
ses onze titres d’AOR virant parfois au hard rock mélodique, ce
au bon gré du plus tout jeune chanteur/multi-instrumentiste.
La
musique proposée par les Scandinaves, désormais
dotés d’un nouveau batteur,
pourrait être qualifiée d’intemporelle. Pour être clair, ce
nouvel effort ne franchit jamais les frontières qui balisent les
travaux d’Erlandsson depuis le premier album de Last Autumn’s
Dream en 2003.
Ici,
il n’est pas question d’explorer
l’avenir, mais plutôt de déambuler sur les chemins du souvenir.
La
voix du frontman, fort reconnaissable, se prête d’ailleurs tout à
fait à cette intention marquée
du sceau de la
sérénité.
Chaude, rauque et
particulièrement envoûtante,
elle contribue grandement à l’identité du combo et
à la réussite de ses propositions.
Toutefois,
en
parcourant cette œuvre, l’auditeur risque fort de
ne pas rencontrer ce succès sur la totalité des morceaux. Il
pourrait alors
parvenir
au constat
que
l’objet mérite d’être scindé
en trois parties.
Le
premiers tiers comporte des titres
entraînants et plutôt pêchus. Le
catchy et
très
80's 'Heartbreak Boulevard’ est
de ceux-là,
à
l’instar de 'Pray
For The King' où John
Lönnmyr (Night
Fly Orchestra)
assure une pige, mais duquel on retiendra
avant tout sa
mélodie gouleyante
et son
break néoclassique, et un 'Singalong' porté
par un power
pop à la Gotthard. La seconde partie, quant
à elle, contient
des chansons
qui se laissent consommer.
Elles
ne
font toutefois que glisser
sur
la mémoire, comme 'Highway
To The Sky' où
Cheap
Trick n’est
pas loin, et 'Lovesong',
bluette soul/ jazzy, où
Johanna
Hjort –
chanteuse
suédoise de jazz – assure
quelques jolies
vocalises.
Les
dernières plages de l’opus sont, pour
leur part,
un
parfait exemple de
ce
que signifie l’expression
« tomber de Charybde en Scylla ». Il y a en effet notamment bien
peu
à retirer de 'Melody' dont
la
mélopée
niaise du
refrain gâche l’entrain des couplets, et de 'Rock
Of Empathy' qui,
malgré ses riffs
et ses
chœurs
à
la
Def Leppard,
rate son coup en
lorgnant
vers le 'I
Love Rock 'n’ Roll' de
Joan
Jett, malheureusement
décliné
en
mode mièvre.
Cette
sixième sortie d’Autumn’s Child ne modifiera en rien les avis
qu’ont
sur leurs compositions les aficionados et les détracteurs du combo. Ainsi, les
fans d’AOR devraient pouvoir y trouver leur compte, mais les
adeptes de hard rock mélodique pêchu risquent fort de tordre le nez
trop fréquemment à son écoute. "Melody Lane" s’avère parfois
convainquant, de temps à autres distrayant, et hélas
quelques
fois bien insipide.