ARTISTE:

THE ANSWER LIES IN THE BLACK VOID

(HOLLANDE)
TITRE:

TRANSCENDENTAL

(2025)
LABEL:

AUTRE LABEL

GENRE:

DOOM

TAGS:
Chant féminin, Mélancolique
""Transcendental" porte clairement la griffe de Jason Köhnen, tertre boisé et spectral d'un doom atmosphérique post-moderne."
CHILDERIC THOR (10.02.2026)  
4/5
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Jason Köhnen fait partie de ces musiciens stakhanovistes auxquels un seul groupe ne peut suffire à contenir l’inspiration aussi fertile que diverse. Bien que son nom soit lié aux débuts d’Orphanage (dont il fut le chanteur sur les premières démos entre 1993 et 1994) et à Celestial Season, le Hollandais ne s’est jamais limité au metal, braconnant aussi bien sur les terres du dark jazz (The Mount Fuji Doomjazz Corporation) que du breakore électro (Bong-Ra) parmi beaucoup d’autres styles et de projets dont la liste est longue comme le bottin. The Answer Lies In The Black Void est donc un de ceux-ci.

Après "Forlorn" en 2021 puis "Thou Salt" deux ans plus tard, "Transcendental" est le troisième album sous cette bannière. En s’accouplant avec une chanteuse, la Hongroise Martina Veronika Horváth (Thy Catafalque), avec laquelle il mène par ailleurs Mansur, Jason renoue d’une certaine manière avec le doom atmosphérique de ses jeunes années, celui des années 90 et de la matricielle école néerlandaise des The Gathering et consorts. Toutefois, on ne saurait réduire The Answer Lies In The Black Void  à une expression passéiste sinon nostalgique d’une époque désormais révolue. Au contraire, son art se veut puissamment ancré dans une modernité sombre et crépusculaire. Le bonhomme est trop intelligent pour se contenter de ruminer une formule désuète dont tout le suc a été pressé depuis fort longtemps.

Certes, il y a ce chant de sirène féminin qui emporte tout, berce et envoûte, refuge d’une mélancolie poétique. La voix fragile et dramatique de Martina suffit ainsi à elle seule à ferrer le pèlerin, témoin l’inaugural ‘Deniers’ ou ‘Shattered By Wisdom’. Certes, l’ambiance y est automnale, forestière, en parfaite adéquation avec cette très belle pochette où un chat d’un noir funeste trône sur des rondins, avec derrière lui des arbres qui se découpent sur un ciel menaçant. Certes, le rythme demeure tout du long prisonnier d’une gangue terreuse dont il ne parvient jamais réellement à s’extraire.

Mais l’œuvre grouille de détails qui viennent perturber sa lecture, portant l’évidente marque du multi-instrumentiste qu’une forme de brutalité expérimentale n’a jamais effrayé. Citons ce ‘Deconstructed’ pulsatif mais grondant d’une force souterraine ou bien encore ‘Senkin’ dont les plus de sept minutes au compteur sont rongées par une sourde folie qu’on devine prête à exploser. ‘Love Is A Dog From Hell’ n’est pas sans évoquer The Gathering mais l’accélération et cette guitare déglinguée, quoique non sans beauté, qui le zèbrent dans sa seconde partie, brouillent néanmoins quelque peu cette filiation.

Et que dire de ‘The Summoning’ dont growls et émanations lourdes et oppressantes presque cauchemardesques plongent dans un baquet trouble plus black metal que doom tourbeux. Même le terminal ‘Mist Of Krakatoa’ malgré ses lignes de violon très marquées gothic doom, chemine sur une sente plus étrange qu’elle n’en a l’air. Autant de kystes bizarres, de menaces ferrugineuses qui n’entament pourtant pas l’envoûtement d’un album à la fois plombé et fantomatique, tragique et touché par la grâce.

Vecteur d'un doom atmopshérique post-moderne, The Answer Lies In the Black Void mérite largement d’être reconnu davantage. Tertre boisé et spectral, "Transcendental" devrait corriger cette injustice.


Plus d'information sur https://www.facebook.com/theanswerliesintheblackvoid



GROUPES PROCHES:
THE GATHERING


LISTE DES PISTES:
01. Deniers - 05:22
02. Sine Morbo - 05:20
03. Love Is A Dog From Hell - 06:08
04. Senkim - 07:22
05. The Summoning - 04:58
06. Shattered By Wisdom - 05:01
07. Deconstructed - 06:16
08. Mists Of Krakatoa - 05:44

FORMATION:
Jason Köhnen: Guitares / Basse / Claviers / Batterie
Martina Veronika Horváth: Chant
   
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