Buried Realm est un one man band dont la musique est aussi directe qu'elle fourmille de passages d'anthologie. Josh Dummer, capitaine du navire, a publié trois albums qui, sans accéder au statut de chef-d'œuvre, proposaient une musique de qualité à la technique imparable. Il propose sa nouvelle offrande : “The Dormant Darkness”, qui espérons-le ne sera pas qu’un simple ronronnement, mais bien un tremblement de terre, une pure expérience sonore.
Josh a invité une pléiade de musiciens aussi talentueux les uns que les autres, parmi lesquels Francesco Ferrini de Fleshgod Apocalypse, Per Nilsson de Scar Symmetry, Gus G. de Firewind ou Christian Älvestam de Miseration. Ces musiciens ajoutent leur talent immense et leur savoir-faire sur des interventions d’anthologie qui colorent le disque de tonalités variées. La musique est pleine de qualités, d’une maîtrise instrumentale folle et d’une énergie dingue... Toutefois, malgré ses qualités, le disque n’est pas dénué de défauts : il laisse rarement la place à des aires de repos pour reprendre un souffle perdu sur des pistes aux tempos très rapides. On aurait aimé que le groupe prenne le temps d'asseoir un climat, freine sa rage pour asséner des uppercuts puissants.
Néanmoins, “The Dormant Darkness” fourmille de passages de bravoure, de détails précis, de riffs dantesques dignes du meilleur du metal progressif (‘Futuristic Hollow Nation’), de grunts profonds ou de voix claires remarquables rappelant Scar Symmetry (‘Futuristic Hollow Nation’). Un déluge de notes inonde les pistes, une pluie de guitares plus belles les unes que les autres souligne la beauté froide de chansons en béton armé (‘Human Code’).
Le disque n’oublie jamais son histoire et son héritage death en s’appuyant sur des bases lourdes avec quelques blasts intenses (‘Bloodline Artifice’), des riffs teintés de dissonances et de rythmes rapides issus du thrash. Mais au-delà d'une mise en place impeccable, l'ambition est de déployer de belles mélodies accrocheuses (‘A Futile Endeavor’), afin de proposer un résultat haut en couleurs. On sent l'ambition progressive de Josh : ‘Jaws of the Abyss’, plus progressif, le plus lent et le plus évolutif, vient rompre la course folle et s'éloigne du chemin suivi par les autres titres. Il dévoile alors une nouvelle facette de Buried Realm, une version plus prestigieuse, plus grandiose et certainement plus aventureuse.
“The Dormant Darkness” est un superbe disque qui fourmille de mélodies et de sensibilité. Le résultat de très haut niveau, les ambiances variées et les mélodies nombreuses et attachantes soutiennent une musique forte de son héritage aussi bien death oldschool que metal progressif. C'est donc une excellente surprise que tout amateur de sophistication et de progressif doit absolument écouter.