35 années d’existence pour le groupe clermontois Awacks qui s’il assume une belle longévité s’avère à contrario peu prolixe. C’est avec une pochette classieuse et intrigante que le groupe nous revient avec son cinquième album.
Awacks verse dans le metal progressif avec toutes les lettres de noblesse liées à ce titre : constructions des titres évolutives, richesse des instrumentations, subtilités égrainées dans un album émaillé de belles envolées instrumentales. À ce titre, il faut saluer les parties claviers électro qui sont l’un des réels points forts de ce “Crépuscule” qui n’en manque déjà pas. Les petites mélodies accrocheuses disséminées tout au long de ses neuf titres sans les surexploiter permettent un plaisir d’écoute sans cesse renouvelé. L’album ne s'épuise pas, au contraire il se révèle.
Le chant pour l’essentiel dans la langue de Molière (à l’exception du refrain sur ‘Lead Me To The Light‘) de Stéphane Monserrat est remarquable de justesse et multiple. Tantôt grave et rageux, tantôt tout en mesure (‘L’Ange’), il se permet même la fantaisie d’être rappé à l’occasion de “Oublier L’Enfer” dans le plus pur style nu metal. La production dont le mixage a été assuré par Chris Morphin (ingénieur du son de Franck Carducci) est irréprochable, permettant de jouir de toutes les subtilités et la richesse du jeu des membres comme les parties guitares sur ‘Oublier L’Enfer’. Alors que la thématique du temps qui passe et s’égrène implacablement incite à la gravité et la sinistrose, Awacks s’en empare avec une vigueur et un dynamisme qui ne faiblit pas et, sauf le très beau ‘L’Ange’, la mélancolie demeure sous-jacente.
“Crépuscule” est un album élégiaque qui ne sombre pas dans le larmoyant par ses compositions variées et énergiques de haute volée. Chaque production du groupe donne l’impression qu’il franchit un nouveau palier et ce cinquième album, loin d'être crépusculaire, est plutôt une nouvelle aube pour Awacks. Celle de la maturité et de la reconnaissance enfin de leur talent..