Amberian Dawn revient avec "Temptation’s
Gates" six
ans après sa dernière apparition. Une longue absence expliquée en
grande partie par le départ en 2022 de Capri
(Päivi Virkkunen) la chanteuse du combo, trop occupée par son
activité de coach vocale. Les Finlandais nous font
cadeau
pour l’occasion d’un
bien bel écrin pour cette onzième
offrande.
Mais
une pochette réussie n’étant pas un imparable
gage
d’album
remarquable, nous allons devoir étudier studieusement l’objet.
La
première remarque qui peut être avancée, la considération
principale même, c’est que Nicole
Willerton, la nouvelle
frontwoman, est clairement la pièce
maîtresse de ce nouveau départ. Elle module, mord, grimpe dans
les aigus et en
redescend tout
aussi aisément, en osant
même des passages growl,
ce qui donne à l’opus une
personnalité indéniable.
Le reste du groupe s’est mis au diapason et apparaît dans un état de forme qu’on
ne lui avait plus connu depuis un bon moment. Longtemps
perçu comme un solide second couteau du metal symphonique, il
signe ici un disque court, ramassé et
nettement plus incisif que ses dernières sorties.
Dès
le morceau-titre,
le cadre est posé. C’est rapide, frontal, mélodieux
et immédiatement mémorisable, tout
comme 'The
Vision of Dreaming' qui
balance ses modulations musicales
attractives peu
éloignées de certains élans de
Nightwish. Cette
prometteuse entrée en matière va malheureusement voir un trop long
passage moins brillant lui succéder. En effet, 'Moon' est
gâché par des blast beats
lourdingues et
une fin hérissée de cris sauvages
qui font saigner les oreilles. 'Unchained' échoue
avec sa mélodie basique et ses growls inutiles,
et 'Eternal
Flame' emprunte les sentiers battus
du power metal, ne générant que lassitude.
Heureusement,
le disque retrouve ensuite une brillance qui soulage, notamment grâce
au talent lyrique de Nicole Willerton qui fait merveille sur le thème
opératique que développe 'Life
Is Art'.
Cette
goulée d’air frais annonce l’œil du cyclone. Y gravitent 'This
Night Is Waiting for Me',
une
composition fort
posée dans un registre limite pop, et 'Undying
Colours', ballade éthérée
qui
se
drape d’élégance,
même si elle reste
balisée. 'The
Garden' et 'Phantasmagoria' ferment
la marche avec une efficacité avérée.
Le premier, avec
son thème bien senti, évoque à
nouveau cette proximité avec Nightwish,
et le second
surprend par sa pulsation symphonique
presque dansante.
"Temptation’s
Gates" n’est pas un
disque révolutionnaire, et il connaît
quelques moments d’égarement. Mais
il peut toutefois être
considéré comme un
retour réussi, et
s’avère être un
pari gagnant en ce qui concerne la nouvelle venue. Plus musclé
qu’attendu, l’objet
plante les graines qui pourraient
donner naissance dans l’avenir à une
œuvre plus aboutie qui emmènerait alors les Finlandais à se hisser
parmi les cadors du genre.