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""A Pale White Dot" est peut-être un tremplin vers quelque chose de plus affirmé mais pour l'instant, Periphery cherche encore où atterrir."
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3/5
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"A Pale White Dot" est le huitième album studio de Periphery et premier sous leur propre label 3DOT Recordings. Il marque la première rupture avec leur convention de titrage "Periphery X" depuis les "Juggernaut: Alpha / Omega" et c'est également leur premier disque à ne pas arborer leur logo aux trois points. Un changement cosmétique, mais qui annonce une intention plus profonde : repartir de zéro, ou du moins en donner l'impression.
L'album semble voulu comme un éloignement de leur schéma habituel, une tentative de renouer avec une approche plus instinctive à la création dirigée, construite autour de thèmes d'isolement et de solitude. Il y a même une référence au célèbre discours de Carl Sagan sur ‘Pale Blue Dot’, et la Terre photographiée depuis l'espace qui donne une dimension cosmique au propos. En remplaçant "Blue" par "White", le titre suggère quelque chose de plus froid, de plus vide, de plus existentiellement isolé.
Côté lutherie, c'est la première fois que le groupe enregistre avec des guitares baryton 6 cordes de 30 pouces, accordées en Drop A#0 en unisson avec une basse 5 cordes ce qui explique les graves particulièrement monstrueux qu'on entend sur certains titres.
Le chiffre qui frappe d'emblée : 47 minutes, contre 70 pour "Periphery V: Djent Is Not a Genre". La piste la plus longue n'excède pas 5 minutes, ce qui est très inhabituel pour un groupe qui compose historiquement des morceaux progressifs s'étirant au-delà de 10 minutes. Periphery a condensé les éléments essentiels de son son dans un format bien plus digeste, un mouvement qui semble être l'exact opposé de ce qu'ils avaient fait sur le précédent album. L'accent est mis sur des refrains accrocheurs et des moments franchement lourds qui restent authentiquement dans leur style.
A cet égard, ‘Obsession’ met les choses au clair dès l'ouverture : une intro de synthé suspense et les vocaux lisses de Sotelo, suivis d'un basculement abrupt vers une combinaison sinistre de riffs en trémolo et de blast beats. Le morceau oscille entre ses couplets flottants et des sections quasi-deathcore, pour conclure sur un breakdown écrasant.
‘Talk’ est le morceau le plus long de l'album. C'est un excellent mélange de metal moderne, de changements d'accords frénétiques et de complexités jazz, qui parvient à conserver un impact émotionnel fort grâce aux vocaux qui vont du chant épuré au cri total. Soyons honnêtes cependant : par moments, le titre sonne comme du Linkin Park survitaminé, le côté nu-metal mélodique et rageur est là, clairement. Ce n'est pas un défaut en soi, mais ça surprend venant d'un groupe qui revendiquait une identité bien distincte.
‘Subhuman’ est le point culminant de la brutalité de l'album. La présence de Will Ramos (Lorna Shore) est une surprise bienvenue et ses inflexions gutturales s'intègrent remarquablement bien aux riffs techniques et déchiquetés de Periphery. Excellente collaboration, et l'une des plus lourdes de leur discographie.
‘Heaven on High’ est l'autre extrême : son riff principal euphorique signé Mark Holcomb impose une impression forte immédiatement, et Sotelo y déploie ses vocaux les plus planants, pour un refrain qui compte parmi les meilleurs de l'album. Le breakdown dissonant final s'intègre de façon surprenante à l'atmosphère inspirante qui le précède.
Là où des albums comme "Djent Is Not a Genre" ou "Hail Stan" fonctionnaient comme des œuvres cohérentes liées par une similarité stylistique ou un fil conducteur, "A Pale White Dot" donne l'impression d'un album décousu, avec quelques pics et beaucoup de passages plus ordinaires entre les deux.
En effet, ‘Blackwall’ est le moment le plus déconcertant : un morceau entièrement électronique de 4 minutes, principalement construit autour des vocaux de Sotelo sur un beat synthwave. Ce n'est pas une mauvaise piste en soi mais elle ne s'intègre pas bien dans l'ensemble. Chose notable : dans certains passages, la façon dont Sotelo pose sa voix timbre haut, phrasé suspendu évoque très fortement Ross Jennings (Haken). À tel point qu'on fait une double-prise en commençant à écouter le titre. Dès que la production synthwave prend le dessus, l'illusion se dissipe, mais la ressemblance au début est frappante.
Dans la foulée, ‘Malevolent’ revient au crunch caractéristique du groupe, et la première moitié est solide. Au milieu du morceau, une section rythmique et mélodique en particulier rappelle de façon très évidente Ihlo ce projet britannique de metal-prog qui a fait sensation ces dernières années avec "Union" et "Legacy". La ressemblance n'est pas fortuite tant elle est précise.
La conclusion de l'album est également clivante. L'instrumental acoustique éponyme est beau et bien joué, mais difficile de ne pas noter que les arpèges ressemblent vraiment beaucoup à ceux de ‘Scarlet’, que le groupe avait joué en acoustique par le passé. C'est agréable, mais ça manque de singularité, comme si Periphery avait recyclé une recette qui marchait déjà plutôt que d'aller chercher quelque chose de neuf pour clore cet album. Ce choix rappelle d'autres virages similaires dans le metal progressif moderne : Spiritbox et Northlane avaient opéré une démarche analogue, troquant la complexité pour l'impact immédiat, avec des résultats divisés mais efficaces. De même, ERRA avec "Cure" avait simplifié son écriture tout en maintenant une identité forte. Periphery semble vouloir jouer dans cette cour mais avec plus de bagage à gérer, et une fanbase plus exigeante.
Si c'est la face progressive et ambitieuse du groupe qui vous avait conquis avec les "Juggernaut", "Periphery II" ou même "Hail Stan", cet album risque de laisser un goût d'inachevé. "A Pale White Dot" est un album honnête mais pas inoubliable. Il y a des réussites, quelques moments de grâce, et une volonté de se renouveler qui mérite d'être saluée. Mais ce que l'album s'avère être en réalité, c'est un disque de metalcore progressif moyen, contenant quelques très bonnes idées, plusieurs passages moins inspirés, une production solide, une performance vocale de Spencer Sotelo phénoménale et extrêmement polyvalente. En revanche, la cohérence globale fait défaut, et le sentiment de jouer la sécurité là où on attendait une prise de risque totale laisse une impression mitigée.
Plus d'information sur
http://www.periphery.net
LISTE DES PISTES:
01. Obsession 02. Talk 03. Mr. God 04. Heaven on High 05. Unlocking 06. Subhuman 07. Blackwall 08. Malevolent 09. Carry On 10. Neon Valley 11. Everyone Dies Alone 12. A Pale White Dot
FORMATION:
Jake Bowen: Guitares / Programmation Mark Holcomb: Guitares Matt Halpern: Batterie Misha Mansoor: Guitares / Programmation Spencer Sotelo: Chant
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PERIPHERY (14 FEVRIER 2019)
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Figure majeure de la scène djent, Periphery revient avec "Periphery IV : Hail Stan", son album le plus agressif et progressif. Rencontre avec Jake Bowen et Spencer Sotelo, guitariste et chanteur de la formation, pour évoquer la sortie de cet album.
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