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"Avec "Nocturnes", œuvre d’un romantisme délicat et dramatique, Angellore peaufine son identité unique dans le paysage sonore français."
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4/5
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Que faire quand on a enfanté son album le plus accompli ? Comment faire mieux, ou au moins aussi bien, sans se répéter et continuer à aller de l’avant ? Ces questions, Angellore se les est posé à coups sûrs, expliquant peut-être pourquoi il lui a fallu six ans pour offrir un successeur à "Rien ne devait mourir", puisque c’est de lui dont il s’agit, cette pierre angulaire, cette apothéose difficilement surpassable à laquelle "Nocturnes" ne manquera pas d’être comparé.
Evidemment, ce quatrième opus ne peut pas compter sur un pavé – et un joyau - tel que ‘A Romance Of Thorns’ pour ouvrir ses portes. Aucun des six titres qu’il propose ne saurait d’ailleurs rivaliser avec ces 20 minutes de ce qu’on peut imaginer de plus beau et de tragique en termes de gothic doom. Cela une fois énoncé, on peut maintenant se plonger dans ce "Nocturnes" pour ce qu’il est, une nouvelle preuve de la domination d’Angellore sur ce genre à la fois doloriste et poétique, trône que seul Draconian (en plus death toutefois) peut lui contester, lequel, hasard du calendrier, vient lui aussi se rappeler à notre funèbre souvenir avec un "In Somnolent Ruin" qu’il nous a également fallu également attendre longtemps - mais ce n’est pas le sujet.
Produit de main de maître par l’incontournable Déhâ dont il était écrit qu’il croiserait un jour la route des Français, "Nocturnes" n’égale peut-être pas "Rien ne devait mourir", il possède toutefois une identité qui lui est propre, marchant dans les pas des œuvres précédentes sans se départir de ce désir de progression qui n’a jamais quitté le groupe. Tout ça pour dire que "Nocturnes" n’aurait pas pu succéder à un autre album que "Rien ne devait mourir" dont il prolonge l’évolution. S’il ne peut donc se prévaloir d’avoir dans sa besace un monument de l’acabit de ‘A Romance Of Thorns’, il se déploie en revanche par l’entremise d’un menu compact, riche de cinq (longues) pièces d’une égale valeur, qui dressent un bloc de matière triste (dans le sens noble du terme).
Outre la pureté et l’ampleur des arrangements et de l’instrumentation, c’est avant tout la large palette vocale dans laquelle le groupe trempe son spleen qui impressionne d’emblée, moins peut-être le chant féminin d’ailleurs et au demeurant superbement éthéré, que son contraire masculin, tour à tour guttural ou franchement gothique, évoquant alors un croisement entre l’organe de Peter Steele (Type O Negative) et celui de Fernando Ribeiro (Moonspell), témoin ce ‘Black Sun River’ qui pas seulement le morceau le plus court (tout est relatif puisqu’il avoisine quand même les huit minutes) mais le plus (dark) rock avec ‘Maryrium’, dont par ailleurs les accélérations qui le sabrent le poussent presque dans les geôles obscures d’un black symphonique.
Rêverie funèbre dans les profondeurs boisées d’une forêt mystérieuse, "Nocturnes" baguenaude aussi du côté d’Empiryum, influence majeure du claviériste Walran. Le titre ‘Forsaken Fairyales’, que drapent tel un suaire des nappes de synthés aux accents victoriens, se veut d’ailleurs un évident clin d’œil à son lointain et confidentiel projet parallèle Betray-Ed, dont les travaux de la paire Markus Stock / Thomas Helm ont servi de muse bucolique. Tous ces éléments sont rassemblés au service de compositions limpides comme un buvard ténébreux, retable majestueux de mélancolie, qu’irriguent des motifs souvent envoûtants tels que l’illustrent ‘Falling Birds’ et ‘A Dormant Stream’, les deux sentinelles bordant cette œuvre d’un romantisme délicat et dramatique.
En résumé, "Nocturnes" ne doit surtout pas être comparé à "Rien ne devait mourir" dont il prolonge l’univers tout en développant sa propre personnalité, offrande au double visage, à la fois plus gothic et doom (death). Ce faisant, Angellore peaufine son identité assez unique dans le paysage sonore français, ce qui ne le rend que plus précieux.
Plus d'information sur
https://angellore.bandcamp.com
LISTE DES PISTES:
01. Falling Birds 02. Black Sun River 03. Forsaken Fairytale 04. Martyrium 05. A Dormant Stream
FORMATION:
Celin: Chant / Basse / Ebow Lucia: Chant Ronnie: Batterie Rosarius: Chant / Guitares / Claviers / Piano Walran: Chant / Claviers / Piano Dirk Goossens: Invité / Clarinette Gunnar Ben: Invité / Oboe Raphaël Verguin: Invité / Violoncelle Ségolène Perraud: Invité / Flûte
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EN RELATION AVEC ANGELLORE
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DERNIERE INTERVIEW
ANGELLORE (07 JUILLET 2026)
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Six ans après "Rien ne Devait Mourir" et un an avant son vingtième anniversaire, Angellore nous présente son quatrième album "Nocturnes"...
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