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"Ce nouvel album constitue une bonne porte d'entrée dans l'univers hardcore déjanté d'Electric Callboy. Efficace, jouissif même si parfois trop prévisible."
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3/5
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Au commencement, il y avait Eskimo Callboy, l'un des trublions du hardcore made in Germany, qui en 2019 avait offert "Rehab", un album d'une efficacité clinique. Mais un an plus tard, son chanteur Sushi a fait défection pour s'en aller fonder Ghøstkid dont le deuxième opus "Hollywood Suicide" est une véritable réussite. Pas refroidis par la perte de leur vocaliste, les rescapés ont poursuivi l'aventure sous le nom d'Electric Callboy. Leur premier album "Tekkno", publié sous cette nouvelle bannière en 2022, retrouve sa trajectoire initiale avec encore un peu plus de folie. En 2026, sonne l'heure d'un nouvel opus "Tanzneid" qui signifie en allemand "envie de danser".
L'auditeur daignera-t-il entrer dans la danse ? Il n'a pas vraiment le choix. Dès les premiers minutes de 'Tanzneid', il sait dans quel genre d'univers il a atterri. Les beats électro sont redoutables, alliées au chant double de Kevin Ratajczak et Nico Sallach, tout autant hurlé voire growlé et chanté de manière sensuelle et mélodique. La plus grande partie de l'album défile sur les chapeaux de roue, et tant pis pour ceux qui n'auront pas bouclé la ceinture. Le groupe est passé expert dans l'art de juxtaposer les ambiances calmes et rageuses, le thrash, la techno, la pop, le metalcore et l'indus en secouant le shaker très fort. A ce petit jeu, 'The Savior', qui cite 'Freestyler' de Bomfunk MC's, est une réussite avec ses enchaînements de voix orientant dans des directions opposées, ses guitares bulldozers et ses riffs électroniques.
Les Allemands ont mis les petits plats dans les grands en ouvrant la porte à certains invités prestigieux. L'un d'eux est un peu inattendu (le groupe de punk The Offspring), mais les Allemands ont toujours mis en avant leurs goûts pour les années 1990 et ce qui est rétro en général. Malheureusement, à part un clin d'œil à 'Fireflies', le morceau ne met pas vraiment le groupe californien en valeur. 'Still Waiting', en compagnie de Frank Zummo, aurait mieux convenu pour les auteurs de 'The Kids Are Not Allright', et pour cause : il s'agit d'une reprise de... Sum 41 ! Naguère, le groupe avait échoué à représenter l'Allemagne à l'Eurovision mais un titre comme 'Ratatata' aurait eu tout à fait sa place. Et sur ce titre, ce sont les invitées (les trois renardes nippones de Babymetal) qui placent le curseur vers le haut en termes de qualité, à tel point qu'il est permis se demander qui est vraiment l'invité ici - le morceau était déjà présent sur le dernier album des Japonaises sorti un an plus tôt.
Ceux qui ne sont pas fans de hardcore risquent d'attraper quelques maux de tête. Les formules sont assez prévisibles et il est parfois facile d'anticiper à l'avance la suite du morceau. La plupart de ces titres étaient déjà sortis en single avant la publication de cet album, ce qui peut donner l'impression qu'il s'agit plus d'un
best of que d'une œuvre conceptuelle à part entière. Le groupe n'innove pas mais vise l'efficacité, et force est de reconnaître qu'il réussit assez bien dans sa quête effrénée. Certains morceaux semblent paresseusement singer les précédents et la formule est quelque peu destructrice, un peu comme si le groupe avait souhaité détruire à coups de décibels une inspiration en berne. Même le morceau faussement calme de l'album 'The Way You Are', exercice très attendu et trop mielleux, ressemble à une parodie musclée des Backstreet Boys qui n'apporte pas grand-chose. Heureusement, le thème gothique et le refrain anthologique de 'Revery' qui clôt l'album permettent aux Allemands de retrouver du clinquant, de l'audace et de l'originalité qui leur ont manqué parfois sur cet opus.is sur cet opus.
Electric Callboy perd en originalité ce qu'il gagne en efficacité. Les changements de rythmes sont un peu trop prévisibles, les remix proposés allongent inutilement l'opus, mais l'écoute reste assez plaisante et jouissive.
Plus d'information sur
https://www.facebook.com/electriccallboy
LISTE DES PISTES:
01. Tanzneid 02. Ratata 03. Hypercharged 04. Let The Good Times Roll 05. Elevator Operator 06. Heartclub 07. The Way You Are 08. Still Waiting 09. The Savior 10. Revery
FORMATION:
Daniel Haniß: Guitares Daniel Klossek: Basse Kevin Ratajczak: Chant / Claviers Nico Sallach: Chant Pascal Schillo: Guitares Frank Zummo: Batterie / Invité
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