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"Grand écart entre le côté mainstream et le versant progressif de Phideaux, cet “Automoto Animus” s’éparpille un peu, pouvant décevoir les amateurs de prog et perturber les easy listeners."
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3/5
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Huit ans sans album, c’est long ! Hormis “All Is Numbers” (2020), collection d’archives estudiantines datant du début des eighties, l’Américain n’avait rien publié depuis “Infernal”. Après un début marqué par des chansons plutôt simples d’inspiration souvent folk, Phideaux a entamé un virage nettement progressif par la suite, livrant une série d’albums remarquables et remarqués, utilisant toujours la même manière, lui-même en multi-instrumentiste et chanteur, entouré d’une pléiade d’invités, raison pour laquelle sa démarche a parfois été comparée au projet Ayreon.
La même méthode s’applique à présent sur “Automoto Animus”, où 23 invités sont convoqués pour un album relativement bref qui reproduit un aperçu de la carrière de Phideaux : le début du disque (les sept premiers titres, en fait) revêt un caractère nettement mainstream - durée courte, structure classique couplet-refrain-bref solo- et ne brille pas par son originalité. Le rythme est le plus souvent mid-tempo, à part l’ouverture qui démarre sur un ton nettement rock, les mélodies sont sympathiques et pas dérangeantes… Sur ces morceaux, on comprend pourquoi Phideaux a parfois pu être surnommé "le Bowie américain" : son timbre de voix et sa diction légèrement nonchalante se rapprochent en effet de l’interprète de Ziggy. Une première partie pas forcément transcendante, bien éloignée des capacités progressives qu’on connaît chez Phideaux, mais qui s'écoute aisément.
Le dernier titre intéressera bien davantage les progueux : avec une durée conséquente (plus de 14 minutes), ‘Legend of Mary Jo’ achève en beauté un album dont le concept pourrait se résumer en "nous pilotons droit vers le désastre". Cette “légende”, allégorie sur une fin du monde prévue pour 2062, multiplie comme il se doit les changements de thème et de tempo en intercalant des instrumentaux variés : guitare, trompette sur une section western country, piano-bar, cuivres et sax solo. On retrouve ainsi le souffle des productions précédentes…
Au bout du compte, cet album essaie de faire coexister tout ce qui a existé dans la carrière de Xavier Phideaux. Revers de la médaille, l’écart entre les deux styles est pour le moins conséquent : certains y verront une synthèse bienvenue, pour les autres, “Automoto Animus” peut apparaître comme un objet hybride décevant pour les amateurs de musiques progressives et compliqué sur la fin pour ceux qui préfèrent l’easy instening…
Plus d'information sur
http://www.bloodfish.com
LISTE DES PISTES:
01. Do What U Will 02. Hey Humanity 03. Driving To Destruction 04. Stay With Me 05. Charlie Knew 06. Siren In The Storm 07. Enigmatic Terminus 08. Legend Of Mary Jo
FORMATION:
Phideaux Xavier: Chant / Guitares / Claviers / Piano
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(0) AVIS DES LECTEURS
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(2) COMMENTAIRE(S)
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J’ai adoré cette facette plus immédiate de Phideaux, qui ne sacrifie pourtant rien à la richesse de son écriture. L’originalité n’est peut-être d’ailleurs pas le véritable enjeu de “AutoMoto Animus”. Phideaux semble surtout chercher ici la justesse, l’efficacité mélodique et le contraste, notamment en opposant des lignes parfois légères, presque lumineuses, à des thématiques beaucoup plus sombres. C’est précisément dans ce décalage que l’album trouve une grande partie de sa force.
Derrière des formats plus resserrés se déploie ainsi une musique très travaillée, où les harmonies, les arrangements et les changements de couleur donnent une réelle profondeur à des chansons pourtant immédiates. Sous cette immédiateté se cache une écriture d’une grande finesse.
Le dernier morceau retrouve une construction plus ouvertement progressive, sans pour autant devenir difficile d’accès. Il prolonge avec naturel cette écriture mélodique qui irrigue tout l’album, en lui offrant un final plus ample et contemplatif. Une orientation artistique à laquelle j’adhère pleinement, dans un album qui assume pleinement son équilibre entre immédiateté et sophistication.
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Sentiment mitigé pour le moment pour ce nouvel album :à l'inverse de la plupart des albums de Phideaux, je n'ai pas encore ressenti l'habituel enthousiasme qui transporte vers des émotions intenses, celui porté par des titres transcendants. Ce nouvel album passe certes tout seul et sa qualité est indéniable, mais il manque le petit truc en plus qui permettrait de le rendre indispensable. Je vais me remettre Doomsday Afternoon et Number Seven pour me consoler
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LECTEURS:
3/5 (1 avis)
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STAFF:
3.8/5 (4 avis)
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