Ian Parry, chanteur britannique surtout connu pour son passage au sein d'Elegy, groupe précurseur du power metal progressif au début des années 1990, est à la tête de son Consortium Project depuis 1999 et cinq albums. Le dernier, paru en 2011, était censé clore la saga. Mais revoici le toujours fringant Anglais avec un sixième opus en cette rentrée.
Officiant dans un power metal mélodique, le groupe néerlandais ne dispose pas d'un line-up stable, celui-ci évoluant au fil des albums. Pour ce "Legacy Of Empires", Parry a réuni quelques habitués et d'autres musiciens, parmi lesquels Stefan Lill (Vanden Plas), Kristopher Gildenlow, Johann Cadot (Asylum Pyre) ou Luca Sellito.
En 2026, Ian Parry se concentre sur un power metal mélodique efficace, fait de gros riffs et de claviers dynamiques, signature caractéristique de Stefan Lill. Les structures, simples et efficaces, rendent l'écoute agréable. Lill, Cadot et Sellito font montre d'une belle virtuosité sur des soli souvent virevoltants, apportant des ruptures intéressantes à des morceaux qui manquent toutefois d'originalité - la faute à des mélodies trop convenues et à un chant quelque peu daté. Le poids des ans ne se fait cependant pas trop sentir dans la tessiture très expressive de Parry, malgré quelques limites dans les notes les plus aiguës.
Quelques rares breaks apportent des respirations bienvenues dans des compositions qui finissent par devenir redondantes. Car si la simplicité des morceaux fonctionne individuellement, elle devient un défaut lorsque les titres s'enchaînent : mêmes riffs, mêmes lignes vocales, mêmes chœurs sur les refrains. Un inconvénient récurrent dans ce type de saga de metal mélodique.
Dans ce contexte, difficile de ressortir véritablement des titres plutôt que d'autres. Citons tout de même 'The Burden Of Truth' pour ses riffs rapides à la Axxis, sa tension musicale et ses soli virevoltants, ou 'Gods From Heavens Above' pour les mêmes raisons et un refrain enfin un peu mémorable. Merci messieurs Cadot et Lill, qui sauvent souvent la baraque tout au long de l'album. L'originalité n'est malheureusement pas à la hauteur des belles parties de guitares, en solo comme en rythmique, qui constituent la qualité première de l'album.
Pour autant, "Legacy Of Empires" n'est pas désagréable. On en vient simplement rapidement à se demander depuis combien de temps dure le titre que l'on écoute, tant il ressemble au précédent. Dommage, car la production est à la hauteur du retour du sémillant Britannique quinze ans après son dernier effort.
Ceci étant dit, on n'attendra pas de miracles d'un album qui mise davantage sur l'efficacité que sur la prise de risques. Une écoute, si divertissante soit-elle, suffira souvent à se faire une idée définitive de l'objet, qui ne reviendra qu'accidentellement dans nos playlists. À écouter, une fois, guère plus.