Derrière le nom un peu passe-partout de Marigold (il existe d'autres entités du même nom dont un groupe suédois), se cache un duo français composé de Luis Azemar et Loic Averseng. Tous deux férus de rock et de new wave ont tenu à nous convier à une promenade nocturne sur un "Noir Boulevard".
La pochette est frappante. Une femme nous tourne le dos, le corps est comme crucifié par un éclairage urbain, le ciel bleu déclinant et les éclairages orangés invitent à l'aventure, ce que confirme le premier titre 'Doux Venin' placé aux avant-postes en une véritable bande-annonce sonore de ce qui est proposé. Une lente montée anxiogène en guise d'introduction, le rythme qui pulse comme un cœur et les ténèbres qui nimbent la voix de leur inquiétante épaisseur, le voyage ne sera pas de tout repos. Les atmosphères sont chargées émotionnellement avec des passes d'armes entre les guitares et les claviers ('Beaubourg', 'Kill Closer'). Le duo réussit à ne pas être trop plombant, et nous offre un moment de répit bienvenu avec une ballade mid-tempo chaleureuse 'Velvet', sans nul doute le sommet de l'album.
La position de l'adjectif antéposé au nom dans le titre nous donne un petit indice quant à la nature de la langue choisie. Il s'agit bien évidemment de l'anglais, cet ordre étant une norme chez nos cousins d'Outre-Manche (chez nous aussi, mais moins naturelle). L'accent français n'est absolument pas identifiable et il serait facile de confondre Marigold avec un groupe britannique. L'émotion est à fleur de peau et la palette de Luis est en ce sens assez colorée, entre sensualité, mélancolie ou rage. Néanmoins, si des growls interviennent subitement sur 'Save Me', ils manquent un peu de subtilité et ressemblent plus à un gadget. Il manque un peu de variétés à cet album, le groupe sait certes dépasser certaines attentes mais reste encore un peu timide quant à de plus grands bouleversements. Si l'album dépasse de peu la durée de 30 minutes, il aurait gagné à réduire sa longueur d'une ou deux chansons.
"Noir Boulevard" est une ode nocturne au rock et à la new wave. Ce premier album est digne d’intérêt, le duo Marigold crée des atmosphères feutrées au sein desquelles la sensualité et la rage se livrent à de véritables joutes sonores. Le groupe semble un peu enfermé par son concept et ne s'autorise que de rares libertés de tons, mais ce premier essai est transformé et il sera très intéressant de suivre Marigold dans ses prochaines nocturnes pérégrinations.