Panda Clan est un collectif hors norme. Issu de la culture antagoniste milanaise, il cultive religieusement l’anonymat à l’image d’Angine De Poitrine ou The Residents. Les cinq membres n’apparaissent que sous des masques de panda. Engagés à tout le moins, nos plantigrades musicaux écument les festivals de bienfaisance, militant contre le système ou dénonçant l’anthropocène (l’impact de l’homme sur sa planète) et autres joyeusetés. Cinq ans après l’EP “Circumvention”, Panda Clan présente son premier album “Leave Your Shit Out Of My Brain”. Tout un programme.
Les oripeaux de panda ne sont pas une coquetterie innocente. Sous ses abords débonnaires l’animal est rude, puissant et ne se laisse pas apprivoiser. L’analogie est, pour sa part, adroite... Si le collectif se veut en marge, sa musique énergique ne manquera pas de rassembler les festivaliers avec ses titres efficaces. Sous des dehors simplistes, l’électro, partie névralgique des compositions, fait mouche et ne manque pas de profondeur. Le réussi ‘Poppy Fields’ ou les chœurs de ‘Battle Struggle War (Leave Your Shit Out Of My Brain)’ sont taillés pour l’exercice.
L’univers musical de Panda Clan est un joyeux fourre-tout. L’électro-rock , le metal alternatif ou le hip-hop industriel sont autant d’ingrédients pour leur musique évoquant tantôt la rage électro d’un The Prodigy, tantôt le chant torturé et ses ambiances sonores de Crippled Black Phoenix, tantôt les rythmiques effrénés de Carpenter’s Brut. Attaché à varier les plaisirs, le collectif partage son chant entre un anglais international à l’accent italien décelable et son italien natal.
Panda Clan qui ne veut décidément rien faire comme les autres a fait le choix de mettre les versions alternatives de deux de ses titres juste à la suite de l’original. Ce parti-pris un peu étrange ne porte pas trop à conséquence car ces versions s’éloignent suffisamment de leurs modèles pour éviter le sentiment de redite.
Inclassable et ne tenant pas à l’être, Panda Clan propose un album qui ne manque pas d’intérêt. Les oreilles réceptives pourront adhérer à la grand-messe antisystème, les autres se contenteront de quarante minutes détonnantes de musique électro.