Groupe suédois, formé en 2015, Karmanjakah propose son deuxième album auto-produit dans un style metal djent relaxant, aérien et lumineux.
Karmanjakah puise son inspiration musicale dans de nombreux groupes, notamment Vola pour leur mélodie, mais également Tesseract, dont l’influence est probablement la plus perceptible : chant clair, ambiances aériennes et style hypnotique, ou encore Aviations, pour leurs approches musicales similaires- mais celle de Karmanjakah est beaucoup plus mélodique avec un accent mis sur l’émotion.
Le premier morceau 'Dove' ouvre l’album sur une note énergique. Musical et aérien, il met en valeur la voix subtile et presque éthérée de Jonas Lundquist, qui sert de fil conducteur tout au long de l’album. Dans 'Eyes Seing Eyes', l’association subtile du piano et de riffs simples de guitare ouvre un espace musical parfois rêveur, suspendu entre deux refrains progressifs qui lancent l’album. Les autres morceaux ont une tonalité parfois folk, laissant planer des thèmes mélodiques astrales.
Au fil de l’écoute, on constate cependant une certaine redondance stylistique. Une répétition dans l’instrumentation et les vocalises qui aurait pu être compensée par une plus grande diversité dans les modulations des rythmes de batterie, des riffs de basse et de guitare. Cela aurait peut-être permis de sublimer l’album en lui donnant une tonalité moins monotone.
Certains morceaux comme 'Ruby', 'Sapphire' ou 'Diamant Art' ressemblent davantage à des introductions permettant de lancer la piste suivante plus qu’à de véritables morceaux. Malheureusement ces interludes ne participent pas à la qualité et la diversité de l’album, pire ils contribuent à le prolonger inutilement. On l’aurait préféré plus court et plus intense afin d’en améliorer la qualité globale. On ne va toutefois pas jeter le bébé avec l’eau du bain, car le style aérien permet d’écouter cet album en toute décontraction, dans un certain état de zénitude.
'Diamond Train' -peut-être le meilleur morceau de l’album- conclut l’œuvre de manière positive et séduisante comme pouvaient l’être certains morceaux de leur précédent opus "A Book About Itself". Il adopte une approche cohérente qui correspond davantage à ce que l’on attendait pour l’ensemble de l’album.
Karmanjakah a su nous séduire par un album lumineux de par sa conception mélodique et grâce à leur travail aérien à l’opposé de certains groupes metal djent à l’approche plus sombre. S’il n’atteint pas un niveau suffisant pour en faire un excellent album à cause de longueurs et de redondances inutiles, "Diamond Morning" séduit par sa clarté musicale en légères nuances s’exprimant au fur et à mesure des écoutes.