Après
les turbulences qui ont marqué son histoire, Xandria semble avoir
retrouvé une véritable stabilité autour d’Ambre Vourvahis, la
frontwoman franco-grecque apparue il y a trois
ans sur "The
Wonders Still Awaiting". Le
groupe allemand revient aujourd’hui
avec "Eclipse",
son neuvième album, où
ce phénomène astronomique s’érige en métaphore
d’une époque menacée par la peur, le mensonge, l’intolérance
et le recul de l’empathie. Sans renier ses fondamentaux,
le
combo
y
affiche
une ambition nouvelle : proposer un metal symphonique plus sombre,
plus direct et plus cinématographique.
Quelques
invités ont été conviés
à la fête pour renforcer la dimension théâtrale de l’objet.
On sent poindre les influences de Hans Zimmer (B.O.
de "Gladiator" et de "Pirates des Caraïbes") dans
les
arrangements plus grands que nature de
Lukas Geppert et
d’Ishaan
Tyagi (compositeurs
de musiques de films également). L’apport
du violon
d’Ally Storch et des
flûtes irlandaises de McAlbi, tout
comme
le
soutien du
Sofia Session Orchestra & Choir sont
tout autant indéniables.
Ambre Vourvahis démontre tout
au long de l’œuvre une
remarquable polyvalence, passant du chant doux au registre rock, et
du
lyrisme aux growls.
L’introduction
orchestrale 'Syzygy' (l’alignement de trois corps célestes) ouvre l’album comme le générique d’une superproduction, et
le morceau-titre
enchaîne alors
avec
des riffs puissants et des chœurs majestueux. Le
plus
mélodique 'Colours' s’appuie sur un refrain immédiatement
mémorisable, et 'The
Shannon’s Home' évoque le Dark Element d’Anette Olzon. 'The Grand
Delusion', très Visions Of Atlantis, pourrait être la B.O. de "Pirates
des Caraïbes",
et
le tube 'Northstar' exhale tour à tour les travaux de Blackmore's Night et de
Charlotte Wessels. 'Masquerade' durcit le ton avec ses blast beats et
ses growls, alors que 'The Last Generation', power-ballade soutenue par un
piano et un chœur d’enfants, propose un solo à la Pink Floyd. Les harmonies
vocales,
les orchestrations, les guitares modernes et la production de Jacob
Hansen relient des morceaux aux personnalités très différentes. De ce fait, la cohésion de l’ensemble impressionne.
'Lore',
la longue pièce finale, résume toutes les facettes de cet "Eclipse" :
folk, metal, passages atmosphériques, accélérations, growls et
envolées opératiques, le
programme est complet,
et en version emphatique. Cette nouvelle sortie de Xandria est un
disque ambitieux, accrocheur et taillé pour la scène. Cet
éternel second couteau vient
de
placer
la barre à un niveau qui force
le respect, bousculant
avec cette performance les
pontes du metal symphonique.