Quarante-cinq
ans au compteur et toujours debout ! Mad
Max
n’a certes jamais révolutionné le hard rock, mais Jürgen
Breforth et sa bande savent depuis longtemps comment faire parler les
guitares. Avec ce "Stories
Of Destiny", le
groupe de Münster ne cherche d’ailleurs pas à noircir une
nouvelle page blanche. Il
ouvre plutôt les archives et
dépoussière des titres
oubliés pour
fêter ce glorieux anniversaire.
Nous
voilà
donc
face
à une véritable plongée dans les annales de Breforth, où des
morceaux issus de différentes époques retrouvent
une seconde jeunesse. L'album
marque l'arrivée du chanteur britannique Alan Clark, et accueille
par
ailleurs Andreas Baesler,
le frontman
originel du combo, en tant qu'invité spécial pour sa première collaboration avec Mad
Max
depuis 1981. Question style, les
Allemands évoluent
toujours au croisement du hard rock des eighties, du heavy mélodique allemand et
de
l’AOR, sans pour autant délaisser leur solide
héritage britannique.
'Silver', écrit en 2001 par Breforth pour le projet du même nom de Gary Barden (ex-Michael Schenker Group) et coécrit avec Andreas Bruhn (ex-Sisters Of Mercy), ouvre les hostilités avec un hard mélo accrocheur, élégant et taillé pour le live. Dans
le même style, mais en moins impactant, nous trouvons 'Far
Behind' élaboré il
y a quelques années avec David Readman (ex-Pink Cream 69). 'Piece
Of Candy' date quant
à lui de
2001, et contient le premier riff accouché
par Breforth. Sacrément
rentre-dedans, il demeure bien
famélique question mélodie, même
s’il propose un duo nostalgique avec Andreas Baesler.
Heureusement, 'Bullet',
qui pousse le curseur vers le hard rock américain, 'Mad
Gone Blind',
avec ses harmonies vocales, et 'Weapons
Of Love' né en 1991, fonctionnent plaisamment dans un registre FM plus
policé. Nous
retiendrons également '’Til the End of Time' qui
lorgne vers Dokken, et 'Keep
You Alive'. Ce dernier, conçu en
2008 avec
Sascha Gerstner (Helloween), laisse échapper quelques effluves du
gang à la citrouille. En revanche, 'Dulces
Falsos' paraît bien maladroit - version espagnole de 'Piece Of Candy' - chanté en
solo et en espagnol par
un
Baesler, certes
auteur des paroles, mais peu convaincant ici dans son interprétation ibérique.
Finalement,
dans ce revival musical, la vraie nouveauté n’est autre qu’Alan Clark. Le chanteur apporte au groupe
une coloration plus anglaise et surtout ne cherche jamais à singer
Michael Voss, l’ex-frontman présent sur quasiment tous les albums du combo. Sa
prestation est élégante, mélodique et convaincante, même s’il
est peut-être moins mordant que son prédécesseur. L’œuvre
bénéficie d’une production impeccable où les guitares sont
toujours, et avec bonheur, au premier plan. Cependant, la tendance à
recycler d’anciennes compositions, et celle de faire parfois plus
que frôler le territoire AOR avec un vernis un peu trop brillant, pourront gêner les nostalgiques de l’époque où Mad Max envoyait du
lourd.