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"Le temps a suspendu son vol. Peter Hammill publie à 77 ans un diamant noir de la mélancolie et de l'introspection ponctué par des moments d'audace et de grâce."
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5/5
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Il y a cinq ans, Peter Hammill avait publié “In Translation”, un album de reprises qui a laissé une impression mitigée (peut-être le plus décevant de sa discographie), puis le tourmenté “In Desequilibrium” avec la complicité d’Isildur’s Bane, qui parvenait à fusionner avec brio deux univers bien particuliers. En cette fin 2026, le barde anglais publie “Tears in Time”, ensemble de compositions écrites entre 1991 et 2026, dont la thématique joue sur le temps qui s’écoule et les larmes qui coulent.
Inutile ici d’installer un faux suspense : diaboliquement structuré, “Tears in Time” est un chef-d’œuvre qui apparaît comme un ensemble dont il est impossible d'extraire un morceau tant ceux-ci semblent être soudés les uns aux autres. Seul aux commandes, Peter Hammill garde cette voix émouvante sur laquelle le temps ne semble pas avoir de prise ; toujours aussi magnétique, il se livre à une réflexion critique sur notre monde en toute intimité.
Placé aux avant-postes, ‘For A Rainy Day’ installe un climat anxiogène et pesant, mais petit à petit la magie opère. Une introspection austère et une langueur qui est loin d'être monotone règnent en ces lieux. Puis Peter partage sa complainte au gré des cordes, du piano, de la batterie ou d'une guitare dépouillée ('Angle Of The Curve’).
Difficile d'anticiper le morceau suivant : l'orage sait éclater au bon moment. 'Heavy Waters’, avec une batterie claquante et son clavier lumineux, ramène vers "A Black Box", l'une des productions les plus innovantes du maître. Mais c'est la guitare menaçante sur 'Red Flags (In The Sunset)' qui précipite l’auditeur directement dans le cœur noir de l’œuvre tourmentée avec à la clé un chant ferme et imposant. Boosté par les vagues de batterie, 'The Wheels’, tout comme 'So Much Water' ou 'The Half Of It' ouvrent la porte aux chœurs glaçants des fantômes de "The Fall Of The House Of Usher" mais ceux-ci ne grimacent plus et se montrent bienveillants. Peter Hamill se révèle en alchimiste qui a réussi à fusionner le passé, le présent et - qui sait - le futur.
Avec cet album mélancolique, pesant, exigeant mais jamais plombant, le magicien a réussi son nouveau tour d’envoûtement sonore, baignant dans un univers glacé mais ô combien réconfortant. Espérons qu'il ne faille pas attendre encore cinq ans pour pouvoir nous replonger dans une nouveauté de Peter Hammill… Et si le meilleur était à venir, comme le suggère le titre ‘Tabula Rasa’ ?
Plus d'information sur
http://www.sofasound.com/
LISTE DES PISTES:
01. For A Rainy Day 02. The Wheels 03. Heavy Weather 04. Angle Of The Curve 05. So Much Water 06. Tabula Rasa 07. Oh The End 08. Red Flags (in The Sunset) 09. You'll Never Know 10. The Half Of It 11. And When He Ran
FORMATION:
Peter Hammill: Chant / Guitares / Basse / Claviers / Batterie / Chœurs
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