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"Orgie de bonheur, "Panacea" constitue une parfaite porte d’entrée à la musique d’Agusa, témoignage précieux d’un groupe touché par la grâce et délicieusement anachronique."
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4/5
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Si les albums live actuels ne présentent souvent bien peu d’intérêt, "Panacea" mérite au contraire qu’on s’y arrête, objet destiné aussi bien à ceux qui ne connaîtraient pas encore Agusa qu’aux autres qui le suivent depuis plus d’une dizaine d’années.
Grâce à cet enregistrement capturé le 28 septembre 2024 lors du Progressive Circus Festival à Malmö, les premiers découvriront ainsi un collectif instrumental égaré dans notre modernité. Orgue qui dégueule de partout sur lequel planent les fantômes de Ray Manzarek et de Jon Lord, percussions douces ou flûte forestière signent une musique bloquée dans les années 1960 et 1970, entre rock psyché, progressif antédiluvien et folk bucolique typiquement scandinave. Les titres sont forcément longs et pas seulement en live, baguenaudant paisiblement sur un chemin baigné d’une chaleur moelleuse duquel sont éconduites toute trace de noirceur - ce qui parfois fait du bien.
Les seconds, les convertis, seront quant à eux trop heureux de déguster dans ce format live qui se prête idéalement à cette musique bourgeonnante d’un autre temps, des extraits et de l’éponyme "Agusa" (2017) et surtout de "Prima Materia" (2023) , le petit dernier si l’on met de côté "Noir", disque un peu à part puisqu’il est la bande-son du film "Malmö Noir" de Augustin Sjöberg.
Malgré ses 45 minutes au compteur, "Panacea" ne propose que trois pistes, ce qui dit déjà tout du style pratiqué par les Suédois, virtuose sans être démonstratif, paisible sans être mollasson. L’immense ‘Lust Och Fägring (Sommarvisan)’ ouvre le bal, véritable voyage dans le temps à la fin des années 1960, croisement entre Les Doors (pour les claviers) et le folk boisé (la flûte enchanteresse de Jenny Puertas). Après un clin d’œil à "Peer Gynt", la compo se pare d’atours jazzy avant de s’envoler très haut, piloté par une guitare qui n’est pas en reste, jusqu’à un final délicatement chaloupé.
‘Den Förtrollade Skogen’ est sans doute le morceau le plus progressif du lot. Il est aussi le plus long, avec ses 20 minutes. Et là encore, nous n’avons cependant pas le temps de nous ennuyer, exploration tendre et remuante où tous les musiciens trouvent leur place, même le batteur qui glisse un solo suffisamment court pour ne pas casser l’attention. Il faut dire aussi que la prise de son, claire et limpide (l'album a été masterisé par Magnus Lindberg de Cult Of Luna), offre l’écrin idéal pour savourer la richesse instrumentale des Suédois qui malgré des allures de jam interminable ne se perdent jamais en route, maintenant l’intérêt tout du long grâce à une écriture accrocheuse. ‘Ur Askan’ ferme le ban durant lequel s’invite discrètement une voix féminine entre la guitare aérienne, la flûte virevoltante et l’orgue mangeur d’espace.
Orgie de bonheur, "Panacea" constitue donc une parfaite porte d’entrée à la musique d’Agusa, témoignage précieux d’un groupe touché par la grâce et délicieusement anachronique. Et surtout indispensable !
Plus d'information sur
http://www.facebook.com/agusaband
LISTE DES PISTES:
01. Lust Och Fägring (sommarvisan) - 14:33 02. Den Förtrollade Skogen - 20:42 03. Ur Askan - 10:38
FORMATION:
Jenny Puertas: Chant / Batterie / Flute Mikael Ödesjö: Guitares Nicolas Difonis: Batterie Roman Andrén: Claviers Simon Ström: Basse
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