Albion. Terme séculaire pour qualifier la Grande Bretagne, terre musicale s’il en est. Il n’est guère étonnant de constater que les places sont disputées. Il ne s’agit pas ici du nouvel du groupe de néo-prog polonais bien connu de nos lecteurs les plus fidèles mais du second effort britannique des transfuges de Jethro Tull.
La pomme n’est pas tombée loin de l’arbre de sa magnifique pochette. En effet si les membres au nombre desquels officient l’ancien guitariste de ce dernier groupe Joe Parrish-James et son propre successeur Jack Clark, l’omniprésence de la flûte traversière tout au long de l’album pourrait laisser accroire que Ian Anderson les a suivis, même s’il n’en est rien.
A l’instar d’un Magenta, Albion possède un talent remarquable pour retranscrire des atmosphères. Flûte traversière, guitare acoustique, claquements de doigts (‘She Is The River (Goldberry)’), tambourins, rien n'est épargné à l’auditeur pour le projeter dans l'univers celtique si cher au groupe (le dernier EP étant une reprise de chants irlandais), poussant l'immersion jusqu’à ouvrir l’album sur une mise en musique acoustique d’un poème classique en gallois (‘Mis Mai’).
Les guitares un peu plus lourdes n’ayant pas été complètement oubliées ('The Green Knight'), force est de constater que là où Albion avait mis en musique les légendes arthuriennes dans son premier album “Lakesongs of Elbid” avec un metal prog énergique, le virage est ici radical pour traiter des contes issus entre autres de l’univers de Tolkien (‘Eldest (Tom Bombadil)’) pour “It Was In The Month Of May I”. A l‘image du bichon sur son illustration, cet album est parfaitement inoffensif et invite à un câlin bienvenu dans un petit coin de nature verdoyante.
Du titre acoustique au morceau prog plus ambitieux ‘Calan Mai’ en passant par la popisante ‘Down With The Hero’ qui évoque The Pogues, “It Was In The Month Of May I” est un bel album qui capitalise sur le charme et le plaisir d’un moment raffiné.