Est-ce que le Québec serait devenu l’Eldorado du death metal progressif, car beaucoup de groupes y naissent et s'y épanouissent... Le dernier en date, Volubilis est un projet créé par le guitariste Miguel Marcheterre-Pina visant à produire une musique violente et ultra technique dans la lignée de Death. Ce dernier a produit une démo (“Démo I”), puis il a publié un single ‘Ashes & Embers’ en prévision de la sortie du premier album “Theasterion”. Pour ce dernier, Miguel s’est entouré de musiciens venus de la sphère death, mais aussi de musiciens classiques comme un violoniste. Venez découvrir cette jeune pousse pleine de promesses.
La musique plonge aussi bien ses racines dans le metal progressif à la Dream Theater que dans le death progressif de Cynic, Obscura ou First Fragment. “Theasterion” propose des chansons qui sont comme des voyages vers les confins de la galaxie à la rencontre d’entités musicales étranges ou inconnues. Au niveau de la mise en place, la batterie affiche des rythmiques techniques et variées, la guitare dispense des riffs précis et des interventions solitaires au phrasés shred, enfin la voix agressive oscille entre chant en anglais et en français. Mais bien que technique, la musique est toujours au service de l’émotion.
Le disque est aussi d’une grande variété, même si nous sommes en territoires connus avec les attendues alternances entre puissance et relâchements. C’est le cas de ‘Theasterion’ qui débute par une belle introduction, puis se poursuit sur une grande intensité. ‘Le Flamboiement Stellaire’ suit une évolution qui peut parfois sembler classique, mais Volubilis ne veut pas révolutionner le style, mais en livrer une relecture personnelle fidèle aux canons du genre. La variété passe également par la batterie qui use tout autant de doubles grosses caisses martiales, que de ralentissement permettant des interventions shred ultra-mélodiques. Enfin le disque est souvent intense, parfois bien plus violent (‘Unukhalai Supernova’), mais cette violence est d’une finesse inattendue grâce notamment à un violon discret émergeant de la fournaise.
"Theasterion", varié à la technique irréprochable, est une belle réussite dont on pourra seulement regretter que les chansons ne laissent pas davantage de respiration à la musique. Quoi qu’il en soit, voici un disque coup de poing, aussi violent que sensible, orné d’un mille-feuilles mélodique à découvrir sans plus tarder.