Hidden Pathways arrive de Finlande avec un premier album qui ne cherche pas vraiment à cacher son goût pour une certaine idée du rock. Autour d’Esa Anttila, guitariste et principal compositeur, et du chanteur Tuomas Kaila, on retrouve Toni Paananen à la batterie, Mika aux claviers et Jari à la basse. "Hidden Pathways" cultive d’emblée un parfum un peu suranné, renforcé par son enregistrement sur bande analogique à l’Astia Studio avec Anssi Kippo. Pas de chasse au son moderne à tout prix ici : le groupe préfère la chaleur, les mélodies et une production qui laisse encore entendre les musiciens derrière les instruments.
‘Between the Worlds’ en donne une bonne idée. Le morceau avance tranquillement, porté par une mélodie immédiate, des guitares assez rondes et des claviers qui installent le décor sans en faire trop. La voix de Tuomas Kaila accentue encore cette impression de revenir quelques décennies en arrière : certaines intonations peuvent rappeler Bruce Dickinson, sans que Hidden Pathways cherche pour autant à marcher directement dans les pas d’Iron Maiden. Ailleurs, les claviers et certaines couleurs évoquent ce hard rock mélodique des années 1970 et 1980, quelque part entre Deep Purple, Uriah Heep et des formations plus progressives. ‘Trapped Inside’ hausse le ton et apporte davantage d’énergie, là où ‘Fading Light’ préfère une écriture plus lumineuse. Les morceaux restent courts, rarement au-delà des quatre minutes, et le groupe évite les longues démonstrations. Ce choix rend l’album très fluide, peut-être même un peu trop : on comprend assez vite où Hidden Pathways veut nous emmener et les surprises deviennent rares. Mais l’ensemble reste solide, les refrains fonctionnent et le son analogique apporte ce petit supplément de relief qui empêche le disque de devenir trop sage.
C’est lorsque Hidden Pathways s’écarte justement de cette route assez droite que l’album gagne en personnalité. ‘Where Shadow Meets the Light’ est probablement le titre qui intrigue le plus, avec son introduction presque bossa nova, sa guitare acoustique puis son violon. Une ambiance mélancolique et cinématographique s’installe, comme sortie de la bande originale d’un vieux film. ‘Roses by the Road’ joue elle aussi davantage sur l’émotion et offre une fin d’album plus posée. Ces passages donnent envie de voir le groupe pousser plus loin ces contrastes à l’avenir, car c’est là qu’il paraît le moins prévisible.
"Hidden Pathways" reste ainsi un premier album solide, agréable et déjà bien construit. Il ne cherche pas à révolutionner le genre, et certains passages restent très familiers, mais le groupe possède suffisamment de mélodies, de savoir-faire et de personnalité sonore pour donner envie de suivre la suite. Cette patine vintage, la qualité de l’interprétation et quelques belles idées disséminées au fil du disque constituent une base convaincante. Un premier pas encore prudent, mais certainement pas anodin, qui laisse entrevoir plusieurs directions intéressantes pour la suite.