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"Avec "Solaris", The Ocean renouvelle son effectif et explore de nouvelles émotions, toutes aussi intenses que passionnantes."
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Après le départ de Loïc Rossetti, Paul Seidel et David Ramis Åhlfeldt, l'avenir de The Ocean aurait pu s'inscrire sous le signe de l'incertitude. Mais Robin Staps a choisi de reconstruire le collectif plutôt que de reproduire une formule éprouvée. Avec notamment Enrico Tiberi et Lane Shi au chant, le groupe allemand inaugure une nouvelle étape de son histoire et explore de nouvelles perspectives musicales. Et dès les premiers instants de "Solaris", le pari s'avère particulièrement convaincant.
Le concept d'exploration se dessine dès les deux morceaux qui encadrent l'album. Les deux titres sont des coordonnées, celles du studio berlinois où le groupe a façonné cette nouvelle étape de son parcours ouvrent le disque, et celles de la région d'Última Esperanza, en Patagonie chilienne, en marquent le terme. Entre ces deux points, "Solaris" trace un itinéraire musical qui accompagne le renouvellement du collectif et l'ouverture de nouveaux horizons.
Les premiers titres 'Departure Song' et 'Light Pollution' privilégient les atmosphères, les arrangements électroniques et les guitares aériennes, dans un registre qui évoque aussi bien Gojira dans ses moments les plus contemplatifs qu'Hypno5e pour ses paysages sonores cinématographiques. Les textures électro-rock rappellent également Anathema, tandis que les voix s'intègrent à des compositions qui cherchent davantage à immerger qu'à impressionner. La puissance reste pourtant omniprésente, tapie derrière les arrangements, prête à surgir lorsque les guitares retrouvent leur mordant. Avec ses riffs simples et efficaces, 'Simulacra' entretient une ambiance fascinante, mais ses dix-sept minutes finissent par laisser entrevoir quelques limites : certaines phases auraient mérité davantage d'évolution pour justifier pleinement une telle durée.
La tension change de nature avec 'Belligerence 'et 'Ultima Esperanza', dont la brutalité apporte un contraste saisissant aux premières compositions. Les riffs gagnent en densité, les déferlements instrumentaux renforcent la dimension dramatique et l'émotion s'impose avec une intensité plus immédiate. Ici, la progression repose moins sur la transformation des atmosphères que sur la capacité des morceaux à entretenir une tension qui ne demande qu'à exploser. The Ocean démontre ainsi que la puissance et la contemplation ne constituent pas deux orientations contradictoires, mais deux expressions complémentaires de son identité musicale
La richesse vocale participe pleinement à cette réussite. La complémentarité des trois voix renouvelle les possibilités expressives du groupe, et Lane Shi se distingue particulièrement par son timbre singulier, parfois proche de Björk dans son mélange d'ingénuité, d'étrangeté et de spontanéité. Les arrangements électroniques prennent toute leur dimension dans la dernière partie de l'album à partir de 'Milk Of My Dreams', où les motifs répétitifs et les textures hypnotiques évoquent Riverside et Lunatic Soul. La musique se fait alors plus contemplative, presque envoûtante, sans que cette apparente retenue ne diminue son intensité émotionnelle. Elle invite plutôt à se laisser absorber par les sonorités, à savourer les nuances et à trouver du plaisir dans cette suspension du temps.
Soutenu par une production signée Jens Bogren, "Solaris" révèle un groupe capable de transformer une période de bouleversements en véritable opportunité artistique. Les nouvelles voix, les arrangements électroniques et l'équilibre entre riffs directs, déflagrations post-metal et séquences hypnotiques élargissent considérablement sa palette émotionnelle. Malgré quelques développements qui auraient gagné à être davantage travaillés, l'album impressionne par la diversité des sensations qu'il suscite et par la cohérence de son ambition. The Ocean ne se contente pas de renouveler sa formation : il en fait le moteur d'une nouvelle exploration musicale. Un album incontournable, pour le plaisir de ressentir autant que pour celui de découvrir.
Plus d'information sur
https://www.facebook.com/theoceancollective
LISTE DES PISTES:
01. 52°30'11"N, 13°26'12"E - 2:10 02. Departure Song - 7:52 03. Light Pollution - 9:55 04. Simulacra, Pt. I - 9:36 05. Simulacra, Pt. II - 3:26 06. Simulacra, Pt. III - 4:15 07. Belligerence, Pt. I - 8:29 08. Belligerence, Pt. II - 2:15 09. Ultima Esperanza, Pt. I - 7:27 10. Ultima Esperanza, Pt. II - 4:21 11. Milk Of My Dreams - 4:16 12. 51°28'30?S, 73°6'11?W - 5:20
FORMATION:
Emmanuel Jessua: Guitares Enrico Tiberi: Chant / Claviers Jordi Farré: Batterie Lane Shi: Marco Gennaro: Guitares Mathias Hagerstrand: Basse Robin Staps : Chant / Guitares Jiawei Zhang: Invité / Vibraphone Orestis Zafiriou: Claviers / Invité Peter Voigtmann: Claviers / Invité Simen Eifring: Invité / Trombone Thorsten Quaeschning: Claviers / Invité / Synthétiseurs Modulaires
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