Bloodbath ! Derrière ce nom, au demeurant très avenant, se cache LE super projet death métal de ces dix dernières années. L’histoire en pointillé des massacreurs débute en 1999 par un EP (« Bleeding Death ») et il faudra patienter trois longues années pour qu’un LP très attendu voit le jour (l’encensé « Resurrection Through Carnage »). Lui-même sera très rapidement suivi d’un autre en 2004 (« Nightmares Made Flesh ») qui ralliera tous les suffrages malgré les doutes liés à un line-up modifié à 50%.
Comme rien ne semble simple pour ce all-star band, le pigiste de luxe Peter Tägtgren (Hypocrisy, Pain), qui avait remplacé au pied levé Mikael Åkerfeldt, et Dan Swäno, qui avait déjà troqué sa casquette de batteur pour celle de guitariste entre les 2 albums, abandonnent l’aventure Bloodbath pour cause d’incompatibilité… musicale ou de planning ?
Toujours est-il qu’alors que nous n’attendions plus grand chose de lui, le fabuleux projet renaît de ses cendres, plus prodigue que jamais ! Preuve en est, le DVD enregistré au Wacken en 2005 qui sera (enfin !) édité en août 2008 et devrait être rapidement suivi d’un nouvel opus. Mais revenons en avril 2008 où tout commence avec le EP « Unblessing the Purity » dont il est question ici ! Pour arriver à ses fins, Jonas Renske a débauché Per Eriksson (Genocrush Ferox, 21 Lucifers) pour remplacer Dan Swäno et a surtout convaincu son ami Mikael Åkerfeldt de réintégrer la bête et pour en faire une sorte de monstrueux hybride sombre de Katatonia/Opeth au regard des membres qui la compose.
Le résultat est 4 titres dans la grande tradition des productions du groupe, à savoir un death métal old-school aux blasts furieux qui nous plonge dans un univers aussi malsain que les growls, plus caverneux que jamais, d’un Mikael Åkerfeldt au meilleur de sa forme ! L’introductif « Blasting the Virginborn » au titre évocateur donne la mesure de ce que sera cet EP : 15 minutes de pure haine et de violence malsaine exacerbée. « Weak Aside » enfonce le pieu avec un final hallucinant où Mikael Åkerfeldt nous crucifie avec une superposition d’hallucinants hurlements d’outre-tombe soutenus par des d’énormes riffs hypnotiques ! La seconde partie de cet EP poursuit un travail de sape déjà bien entamé en détruisant ce qui nous reste éventuellement de cervicales avec « Sick Salvation » et « Mouth of Empty Praise » qui, bien que super-efficaces, pourront laisser à certains un arrière-goût de déjà entendu !
En conclusion, si les plus difficiles pourront reprocher à ce mini-EP un certain manque d’inspiration (l’absence de Dan Swäno ?), les autres ne bouderont pas leur plaisir tant ce retour était inattendu (voire inespéré) mais sauront être nettement plus intransigeants au moment de juger le prochain effort prévu pour l’automne 2008.