Qui a dit que l’habit ne faisait pas le moine ? En voilà donc un bel adage aux exceptions aussi nombreuses que la généralité. A tel point qu’on est en droit de se demander, si dans le cas d’une telle affirmation, la généralité n’est pas elle-même une exception, juste histoire de confirmer la règle ? Car, en ce qui concerne le second album autoproduit des Russes d’Offalmincer et datant de 2006, pas de doute possible : la suffisance de l’artwork de ce "Filicide At Feretory" est à l’aune de la musique du groupe : d’une affreuse laideur et encore c’est un euphémisme. Le poids des mots, le choc de la musique.
Je m’interroge d’ailleurs dans le cas d’Offalmincer sur la stratégie d’un label comme Coyote Records, qui faute de généralement produire les groupes de son écurie, se contente généralement de labelliser des autoproductions. D’où notre malencontreuse tendance à aborder les productions Coyote Records sans hennir de plaisir, tant les productions des groupes de ce label tendent généralement a être très moyennes. Mais là, avec Offalmincer, c’est la boite de pandore de la production à côté de la plaque.
C’est bien simple, j’ai cru un temps que le CD avait un grave défaut, avant de m’interroger sur les dysfonctionnements possibles de mes différents lecteurs CD. Mais, il a fallu que je me rende à l’évidence. Oui, tout est possible ! Qu’un groupe s’autoproduise d’une telle façon, cela passe à la rigueur. Chacun est libre d’expression plus ou moins monstrueuse ! Mais, franchement, distribuer une telle ignominie sonore, cela dépasse l’entendement.
D’ailleurs, en parlant d’entendement, voilà un album qui s’entend plus qu’il ne s’écoute. De fait, il n’y a pas grand-chose à dire de cet album, tellement le son saturé et grésillant des guitares est une horreur et une véritable torture auditive. Le death métal des Russes d’Offalmincer aurait peut-être été bon, mais comment vraiment le savoir ? Quand on entend un growl et une batterie "blastante" noyés sous les roues d’une locomotive à vapeur ou d'un gros essaim d'abeilles terriblement énervées !!? Bref, on ne va pas s’éterniser sur un irréalisme. Juste écrire, au final, que voici un bien beau disque à n’offrir qu’à votre pire ennemi ou à une personne dont vous désirez assurément qu’elle le devienne.