Un double album de comédie musicale / opéra rock néo-progressif, un DVD reprenant le spectacle She, des déclinaisons dans tous les sens, trois EP pour précéder tout cela … l'aventure Caamora qui s'est étalée sur plus de deux années et qui a ruiné le porte-monnaie des fans trouve avec ce nouveau double-album son épilogue (provisoire ?). Sobrement sous-titré anthologie acoustique, Journey's End retrace tout ce qui a précédé la mise en œuvre de ce projet démesuré, issu de la créativité semble-t-il sans limite de Clive Nolan, dont je ne ferai pas l'injure ici de retracer la biographie. D'ailleurs, les expériences du sieur s'invitent d'elles-mêmes dans la liste des titres présents sur cette double-galette : en effet, au travers des concerts acoustiques qui ont amené le duo Nolan/Swita aux quatre coins de l'Europe et de l'Amérique du Sud, la set-list fait la part belle certes aux compositions utilisées pour l'Oeuvre future, mais aussi aux productions antérieures de Clive Nolan.
On trouve ainsi tour à tour des titres issus des discographies de Shadowland, Arena, le duo Nolan/Wakeman, et surtout Strangers on a Train, ce dernier groupe étant à l'évidence la principale source de référence pour le projet She. Manquent juste à l'appel les travaux en solo de Clive Nolan, immortalisé dans l'inénarrable album Skeletons in the Cupboard … mais personne ici ne s'en plaindra !
Les versions live, visiblement exécutées dans des ambiances plutôt feutrées si l'on en croit les maigres applaudissements qui les saluent, sont majoritairement acoustiques, le duo voix/piano étant complété à l'occasion de ses diverses étapes par des musiciens locaux. Dépouillés des artifices parfois trop nombreux et trop présents sur She, ces titres révèlent ici toute leur richesse mélodique. Et bien que n'étant pas habituellement fana des versions acoustiques, je dois reconnaître que celles-ci sont particulièrement réussies. Certes, comme dans tout album de cette nature, le manque de variété dans les sonorités peut conduire à une certaine lassitude, et l'enchaînement des titres live du premier CD peut s'avérer quelque peu indigeste. Mais une écoute en plusieurs fois permet d'apprécier pleinement la haute qualité des différentes plages.
Et puis, comme Clive Nolan est quelqu'un qui en général fait les choses plutôt bien, et pour justifier le concept d'anthologie tel que présenté précédemment, il a ajouté à l'objet quatre titres inédits et trois demos - ces dernières se présentant plutôt comme des versions alternatives - complétant ainsi le panorama encyclopédique présent sur ce double-album. Le tout est finalement conclu par une longue interview – sans sous-titre ! – plutôt compréhensible pour qui maîtrise un minimum d'anglais, et retraçant toute l'histoire du projet. Les plus patients qui auront le courage de l'écouter en entier découvriront même un dernier titre caché (et inédit), cerise sur le gâteau déjà bien garni.
Que l'on ait apprécié ou pas la grandiloquence du projet She, il faut bien reconnaître que la démarche qui a permis à ses auteurs de finaliser leur quête, pour ambitieuse fut-elle, n'était aucunement dénuée d'humilité. L'écoute de Journey's End devrait en tout cas convaincre les plus sceptiques de l'honnêteté du long cheminement accompli par le groupe. En espérant une suite...