Tout commence en 1992 pour Black Messiah. Après un premier album "Sceptre Of Blade Knowledge" en 1997, le groupe connaîtra, comme de nombreux autres groupes, les années de croix et de bannières : difficulté à stabiliser son line-up et problèmes de label. Heureusement pour le messie noir, les choses s’arrangèrent au début du XXIème siècle et depuis 2005, tout semble aller pour le mieux pour le groupe allemand.
Si le groupe s’évertuait, à ses débuts, à diffuser du true black metal, Black Messiah a fortement changé d’orientation musicale et s’adonne dorénavant au pagan/viking métal. Certes, les origines musicales du groupe sont encore perceptibles de-ci, de-là, mais il a su évoluer vers une musique beaucoup plus riche et accessible à un plus grand public. En cette année 2009, et pour son quatrième opus, le groupe nous revient avec une œuvre ambitieuse et pas moins qu’un concept album.
Ce "First War Of The World", long de 65 minutes, nous conte la guerre mythologique et nordique entre les dieux des tribus Aesir et Vanir. Black Messiah n’a pas lésiné sur les moyens pour nous proposer une œuvre riche d'intentions. Après une assez longue introduction narrative plaçant le décor de l'histoire, le groupe démarre sur un titre "The Vanir Tribe" à la mélodie déjà entendue quelque part, mais fort agréable et efficace. Puis, s’ensuit l’excellent "Gullveig", où le violon et la flûte donnent toute sa dimension à ce qui est sans doute le meilleur titre de l’album. Ensuite, le tout s’égrène entre très bons morceaux aux mélodies et refrains typiques du pagan metal en général ("Von Rachsucht Und Luege", "Das Unterpfand"), titres viking métal, croisement entre Amon Amarth et Falchion ("The Battle Of Aasgard") et compos survitaminés tendance pagan black métal ("Burn Vanaheim"). Le tout est entrecoupé de petits interludes narratifs en anglais, alors que la plupart des titres sont chantés en allemand.
Les seuls petits défauts du disque, sans être nullement rédhibitoires, sont une batterie, qui sonne souvent un peu trop claire, et des titres parfois peut-être un poil trop longs et qui auraient certainement gagné en efficacité à être un peu raccourcis ("Andacht"). Mais ces défauts mineurs sont largement gommés après quelques écoutes, car Black Messiah n’a pas lésiné sur ses efforts pour nous offrir un disque bien pensé et de qualité. Le groupe s’est même offert les services du chanteur bariton Markus « Monk » Wahlers sur les titres "Das Unterpfand" et "Andacht", afin de donner une dimension supplémentaire et lyrique à cette saga.
"First War Of The World", sans rien inventer, est tout simplement un très bon opus de pagan/viking metal, qui se conclut avec une chanson "à boire" fédératrice ("Soeldnerschwein"), avec son refrain à reprendre en chœur la bière haute. On en redemande.