Neronia est un groupe allemand qui a pris naissance sur les cendres de Ulysses (à ne pas confondre avec le groupe hollandais du même nom) qui pratiquait à l’époque une musique plutôt orientée néo-prog. Blue Circles est le deuxième album de cette formation, après un Nerotica chroniqué dans nos pages et qui n‘avait pas laissé un souvenir impérissable dans la rédaction. Beaucoup de points d’interrogation entourent cette sortie, à commencer par le line-up qui a été remanié en totalité sauf pour le chanteur, Falk Ullmann, et par le style de musique proposé. Ne perdons pas de temps en de stériles tergiversations et entrons directement dans le sujet.
Nous avons bien affaire à un groupe allemand, et la manière de chanter en anglais est très caractéristique. Mais la direction vers laquelle l’auditeur perspicace se tournera est bien de l’autre côté de l’Atlantique, et plus particulièrement le Canada, car Neronia semble très inspiré par Saga, ce qui semble être une nouveauté par rapport à Nerotica. Plusieurs remarques à ce sujet. Tout d’abord, une forte présence de claviers et ensuite une construction des morceaux très emblématique des canadiens. La meilleure preuve se trouve sans doute dans le titre « Naked Pale » ou bien dans le refrain de « Shockwaves » dont les harmonies vocales rappellent Saga. Hormis ce refrain qui trotte dans la tête, il n'y a rien de très réjouissant à se mettre sous la dent. Le tempo des compositions est en général assez lent et rien ne vient vraiment éveiller l’intérêt. Les saturations sont molles malgré quelques soubresauts distillés avec parcimonie. Citons la courte partie instrumentale du premier titre « Desert Sand » ou le riff du couplet de « Lost In Grey ». Mais dans l’ensemble, l’apathie règne sans partage. Les mélodies des refrains sont trop timides pour marquer les esprits.
Comme indiqué en introduction, un travail intéressant est fait sur l’utilisation des sons de claviers, mais là aussi, la référence canadienne est bien trop encombrante surtout quand on connaît l’avance qu’a toujours eu Saga sur ce point.
Le paradoxe avec Neronia est que le fond n'est pas foncièrement mauvais car il renvoie à de nombreuses musiques déjà entendues. Pourtant il m’a été impossible d’adhérer à Blue Circles. Est-ce que cela tient à la voix du chanteur qui reste fatigante sur la longueur ? Probablement, mais pas seulement. Le point positif est que les goûts de votre serviteur n’étant pas universellement partagés, il y a de grandes chances pour que certains d’entre vous puissent être contentés par cet album.
Difficile de conclure ce genre de chronique qui fait la démonstration évidente des limites de la critique. Entre un disque aux qualités incontestables et un autre truffé de défaut, Blue Circle semble avoir trouvé sa place quelque part entre les deux au grand dam du chroniqueur qui préfère un certain manichéisme pour lui simplifier la tâche…