Aethellis est à l'origine un projet solo d'Ellsworth Hall, claviériste et plus particulièrement virtuose du piano et sur ce premier album éponyme il interprète ses créations en assurant tous les postes, de la voix aux percussions en passant par les claviers et les guitares.
Le "one man project" est un exercice risqué et, disons le sans ambages, Mr Hall semble ne pas avoir eu toutes les qualités requises pour réaliser une œuvre solo consistante. Loin d'être un mauvais album, ce premier effort d'Aethellis souffre quelque peu d'un manque de relief, conséquence probable d'une réalisation par trop solitaire. Ellsworth Hall est un compositeur talentueux capable de proposer de fort belles mélodies qu'il interprète avec beaucoup de maitrise. Le style musical qui prédomine ici est un genre de rock néo-progressif doucereux alternant la balade mélancolique et la pop-prog guillerette.
A l'instar du premier titre, "Tie and Handkerchief", les 6 pièces de cet album voient se côtoyer les bonnes idées et les fautes de goût plus ou moins rédhibitoires. Les passages aux claviers, et plus particulièrement au piano, sont toujours plaisants, mais quand arrive la rythmique de la batterie programmée la musique ressemble au mieux aux hits synthétiques et sautillants des 80's et au pire à un boucle d'attente d'un standard téléphonique (partie médiane de "Djibouti" par exemple). Et ce n'est pas l'émulation grandes orgues du début de "Saint Augustus" qui sauvera une composition qui finit par ressembler à un mauvais Asia.
Je ne sais pas si une réinterprétation avec de vrais instrumentistes (guitare, chant et batterie) et un mixage digne de ce nom pourraient sauver les créations inspirées d'Ellsworth Hall, mais, en l'état, ce premier effort ne peut être qualifié que de médiocre.