Ten nous sort ses albums avec la régularité d'un métronome. Jugez plutôt : sept albums en huit ans. Le groupe paraît pour le moins prolifique et jusqu'à Return To Forever la qualité était assez souvent au rendez-vous. Voyons le petit dernier.
Je dois avouer que j'ai eu beaucoup de mal à me faire une opinion franche et claire sur cette oeuvre.
Plus que jamais, l'effet balance me prenait la tête constamment: c'est bien parce-que ceci, c'est moins bien parce-que cela etc... Il a fallu analyser en profondeur pour apprécier cet album à sa juste valeur et voici mon avis définitif: c'est bien parce-que ceci, c'est moins bien parce-que cela !
Eh oui! Je suis toujours dans l'expectative, pas moyen de trancher...
D'abord, Ten nous avez habitué à des compositions plus puissantes, plus franchement métal, sans pour autant donner dans le power. Mais là, le changement de direction que l'on pressentait sur les derniers albums, a été entériné. Ten fait maintenant du hard-FM (Ah, on dit de l'AOR ?).
Les musiciens sont irréprochables et les compositions sont de qualité mais on sent toujours cette volonté de séduire avec des mélodies faciles, parfois à la limite du sirupeux. L'exécution est sans faille mais l'énergie n'est pas palpable. c'est mou du genou et ça ne décolle jamais.
Certains morceaux ont un intérêt musical evident mais restent affaiblis par ce son étouffant et surproduit. Par contre, d'autres titres lorgnent trop vers le easy listening et en deviennent fades et insipides.
Comme vous voyez, en face d'une qualité, on aligne toujours un défaut. Seuls les férus de ce style y trouveront leur compte.
Ce qui est sur, c'est que ce changement souligne souvent chez certains groupes une ambition commerciale souvent aux dépends de l'artistique. On ne peut pas en vouloir aux musiciens d'aspirer à vivre de leur musique.
En réponse à cela, j'ai toujours en mémoire le parfait exemple de Dream Theater qui, avec Falling Into Infinity, avait tenté une approche plus commerciale et qui finalement n'a jamais si bien marché qu'avec les albums suivants, qui eux, se concentraient exclusivement sur l'essence du groupe et ce qui avait fait son succès. A méditer.