Quel est le point commun entre le célèbre boiteux Dr.House, l'armoire à glace Steven Seagal, le sex-symbol abonné aux rôles d'un antihéros chauve et désabusé Bruce Willis et notre principal intéressé ? Eh bien chacun d'entre eux sont acteurs et partagent un penchant pour le Blues qu'ils pratiquent tous plus ou moins bien.
Si Michael Des Barres, moins chanceux que ses camarades, n'a pas laissé d'autre souvenir impérissable que celui de l'ennemi juré de Mac Gyver dans la série du même nom, il semble plus inspiré côté musical. Après avoir tourné avec Silverhead et Detective dans les années 70, sorti deux albums solo dans les années 80 et pris la place de Robert Palmer au sein de Duran Duran au Live Aid de 1985, le gars se fait plus discret jusqu'à cette année 2011 durant laquelle il forme le The Michael Des Barres Band avec Jebin Bruni aux claviers, David Goodstein et Paul Ill à la rythmique et Eric Schermerhon, guitariste de Bowie et Iggy Pop.
Et tout cela forme un bon vrai groupe de Rock. Pas de contrefaçon ici ni de caprice de star ! Plongeant avec délice dans les racines dures du Rock anglais du milieu des 60's, Des Barres tient la barre avec un aplomb et un grain évoquant à la fois Rod Stewart pour la rugosité et Steve Mariott pour la mélodie. Alors oui il y a quelques dérapages dans la voix mais ils complètent le genre sans pour autant perturber l'écoute. A tout hasard, l'écoute de l'authentique 'Hot And Sticky' vous rappellera par exemple les heures de gloires d'Humble Pie.
Comment alors bouder son plaisir durant des titres comme le funky 'Sugar', le costaud 'You're My Pain Killer', cru et aux touches de claviers irrésistibles, le fougueux éponyme, le sulfureux 'Little Latin Lover' ou les plus légers et joyeux 'Forgive Me' et 'Route 69'. Porté par une formation inspirée et évoluant en terrain connu, aucun genre ne résiste au des Barres Band, pas même l'exercice du slow blues languissant 'Please Stay', qui créant la belle alchimie ici présente, réussit le pari de nous faire plaisir en se faisant plaisir.
Cette condition remplie, rien ne pourra vous faire regretter l'achat de cet album de Rock British jusqu'à la pochette, pas même le fait que le gars ai juré, il y a bien longtemps déjà, de faire la peau à votre bricoleur préféré...