En 2010, Alan Reed quitte Pallas, groupe de néo-prog écossais au sein duquel il occupait la place de chanteur. Considéré par de nombreux fans comme le maillon faible du groupe, il est très vite remplacé par Paul Mackie. Mais là n'est pas le sujet, car cette année sort le premier album solo d'Alan Reed. Après un EP, "Dancing With Ghosts" dont on retrouve deux titres, "First In A Field Of One" et son artwork épileptique nous arrive enfin.
On aurait pu supposer qu'après tant d'années passées avec son groupe (25 ans!), notre homme nous aurait concocté une pâle copie de ses anciennes compositions, mais ce n'est pas le cas. Alan Reed, s'il ne s'est pas totalement émancipé de son passé musical, fait comprendre à ses fans qu'il est toujours d'attaque et nous présente une expérience relativement nouvelle.
S'il ne faut pas s'attendre à une réelle expérimentation avec un style néo-prog assez classique, de nombreux éléments étrangers au genre viennent s'y intégrer. Le premier, c'est l'influence de la musique celtique tout au long de cet opus, et ce, dès les premières notes de 'Begin Again' où les percussions, le jeu de batterie (Scott Higham de Pendragon a réalisé un gros travail) ainsi que les instruments à vents et à cordes vont apporter cette ambiance très écossaise. Cet ajout donne ainsi un certain cachet et surtout du rythme à l'ensemble.
Mais un très gros travail sur les mélodies a aussi été effectué, très accrocheuses, à l'image du refrain de 'Kingdom Of Blind', un morceau dans la plus pure tradition du néo-prog avec des claviers très présents et une guitare aérienne qui forge l'essence du morceau tout en gardant cet aspect celtique qui forme le coeur de ce "First In A Field Of One". Un certain coté folk apparait à travers des mélodies chiadées posées sur des parties de guitare acoustique très intimistes ('Never Too Late' ou 'The Bottom Of The Bottle') ainsi que quelques aspects World Music. L'écoute de "First In A Field Of One" est ainsi un voyage dépaysant pendant lequel on sourit ou l'on frissonne. Le dernier morceau, 'Usual Suspects', flirte avec le jazz, sans toutefois convaincre pleinement. Le seul moment réellement rock se trouve en fait sur 'Darkness Has Spoken', qui est aussi le morceau le plus long et le plus progressif de l'album.
Avec ce premier album solo, Alan Reed confirme son talent de vocaliste, son timbre mettant les compositions en valeur d'une manière remarquable. Si vous ne savez pas quoi faire un jour de pluie, l'écoute de cet album devrait vous redonner le sourire et vous évoquer des paysages qui réchaufferont votre journée. Et même s'il ne pleut pas, l'expérience pourra quand même être satisfaisante...